POLITIQUE FAMILIALE : l’été meurtrier

Posté par 2ccr le 30 août 2015

familleEn politique, les mauvais coups s’exécutent souvent au cœur de l’été. La réduction des allocations familiales a pris effet au 1er juillet, mais les familles concernées ne la ressentiront que début août. Bien calculé. Cette programmation cache une triple entourloupe. En 2013, Jean-Marc Ayrault avait promis aux syndicats et aux associations familiales qu’il plafonnerait les avantages fiscaux du quotient familial pour ne pas toucher aux allocations. Promesse non tenue, pour en formuler une autre : « On va prendre aux riches pour donner aux pauvres. » Pas plus respectée.

Si les allocs des 500 000 familles les plus aisées sont divisées par deux ou par quatre, la Caisse nationale des allocations familiales reconnaît qu’avec l’abaissement du quotient la réduction de la prime à la naissance et du soutien aux modes de garde, plus de 3 millions de familles verront leur pouvoir d’achat baisser d’ici à 2017. Pour 2 millions de familles seulement qui percevront un peu plus. Mais cette comptabilité d’austérité maquillée en avancée sociale masque l’essentiel. Ce bricolage à vue pour équilibrer les budgets sociaux remet en question un système en vigueur depuis 1945. Le comble, en cette époque mêlant austérité, détestation des familles nombreuses et perte de mémoire politique, est qu’un slogan de sans-culotte (« Sus aux riches ! ») sert à mettre fin à une vraie avancée révolutionnaire : le principe républicain d’universalité des prestations sociales.

Invoquer, comme l’ont fait en chœur ministres et cadres socialistes, l’inutilité de quelques centaines d’euros d’allocations pour des familles en gagnant plusieurs milliers est évidemment un argument qui porte. Il porte en réalité témoignage de l’état de confusion dans lequel baigne une gauche qui a abandonné, avec son objectif de lutte contre les inégalités, les outils qui le permettaient.

Il fut une époque où le moindre militant de section du PS faisait la différence entre la redistribution verticale (politiques salariale et fiscale) entre riches et pauvres et la redistribution horizontale (politique familiale, aides aux handicapés) entre foyers. Il n’y a plus guère que les communistes, les archéo-gaullistes et les associations familiales pour défendre le principe des allocs : elles n’avaient pas pour objectif social de favoriser les bas revenus ou de pénaliser les hauts, mais, à même niveau de ressources, de compenser la baisse de niveau de vie due au coût de la progéniture, notamment à partir du troisième enfant. Tout cela fait peut-être aujourd’hui figure de subtilité ringarde quand des médias de gauche présentent comme héros du progressisme des riches qui achètent 100 000 € pièce des enfants sur le marché délocalisé de la GPA.

La redistribution entre hauts et bas revenus, c’était le rôle des impôts. Les propositions ne manquaient pas pour concilier justice et maintien de l’universalité. Certains suggéraient la soumission des allocations à l’impôt sur le revenu, qui reprendrait ainsi l’essentiel de ce qui est versé tout en préservant le symbole de règles communes et solidaires. D’autres, relevant que malgré son plafonnement le quotient familial continue de favoriser les familles très riches auxquelles il permet de fortes réductions d’impôts, proposaient un abattement forfaitaire par enfant. Toutes ces suggestions auraient pu relever de la « grande réforme fiscale de justice » promise par François Hollande. Mais, tout comme la grande discussion sur la politique familiale, elle n’est plus à l’ordre du jour…

Bilan ? Maintien d’une fiscalité avantageant les très riches au détriment des classes moyennes, tout en pénalisant les familles (par la CSG et la TVA). Et abandon du principe d’universalité. Nouvelle trahison non assumée. Mais applaudie par la droite néolibérale qui n’a jamais osé ce qu’Alain Minc et Jacques Attali réclament depuis longtemps. Et que Denis Kessler – qui, lui, a bonne mémoire – avait su résumer lorsqu’il était vice-président du Medef en proposant de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Ils ne supportent plus ce modèle social français né de l’union nationale de la Libération : tous les citoyens bénéficiant de la même couverture sociale, quel que soit leur revenu, chacun cotisant selon ses moyens et recevant selon ses besoins. Archaïque. Ils veulent troquer l’égalité républicaine pour « l’équité » anglo-saxonne. Passer de la société solidaire à « l’autonomie » des individus. Marché privé pour les battants, assistanat public pour les autres.

Cible facile, la politique familiale est une première étape. Avant l’école et la santé. Il suffit de lire les chroniqueurs néolibéraux, tel le fana Pierre-Antoine Delhommais, du Point, qui se réjouit du « séisme caché » détruisant le principe des allocs. Et salive déjà sur la suite logique de cette divine surprise venue de la gauche en espérant « une modulation des remboursements de soins en fonction des revenus. A charge ensuite pour chacun, en fonction de ses moyens, de souscrire à des contrats privés individuels pour se soigner convenablement ». Son espoir – la privatisation de la Sécurité sociale – n’est plus déraisonnable. Le discret attentat estival contre l’universalité des allocs en est une condition.

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« C’est un parfait courtisan, quand le roi pète il respire à fond »… Anonyme du 17eme siècle

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LA PROCHAINE VAGUE DE RÉGRESSIONS SOCIALES QUI SE PROFILE …

Posté par 2ccr le 26 août 2015

 ModelDiscrètement, le gouvernement prépare déjà une nouvelle offensive contre le droit du travail, dans la foulée des lois Macron et Rebsamen. Les milieux patronaux en rêvent depuis longtemps : que les règles de travail négociées dans l’entreprise, là où la pression sur les salariés est la plus forte, puissent s’imposer à la loi et aux conventions collectives. Ce rêve est-il sur le point de devenir réalité ? Pour plancher sur la question, le gouvernement vient de créer une commission, en partie composée d’ « experts » proches des milieux néolibéraux. Leur rapport est attendu pour la rentrée. Sous prétexte de simplifier le Code du travail, ce rapport pourrait être annonciateur de nouvelles régressions pour les salariés.

Le gouvernement a décidé d’enclencher la vitesse supérieure sur les « réformes » du marché du travail. Les lois Macron et Rebsamen sont à peine adoptées, qu’une nouvelle dérégulation d’ampleur est en préparation. Présentée le 4 mai dernier, une commission « accords collectifs et travail », surnommée « mission Combrexelle » du nom de son président, est actuellement à pied d’œuvre à la demande du Premier ministre. Son objectif ? Produire, pour la rentrée, un rapport dont les préconisations devront inspirer une réforme pour donner plus de place aux accords collectifs – c’est à dire les accords de branche et surtout d’entreprise – dans la définition des règles qui encadrent le travail et le lien de subordination des employés à leurs employeurs. Sous couvert de bon sens et de pragmatisme – le « dialogue social de terrain » serait plus adapté à la réalité des entreprises – le projet s’attaque en fait à l’un des piliers du droit social français, suivant l’une des revendications les plus anciennes du Medef.

Dans le code du travail, deux principes jouent un rôle crucial. La « hiérarchie des normes », d’abord, consacre la primauté de la loi : cette dernière s’impose aux conventions de branche qui s’imposent, elles-mêmes, aux accords d’entreprise. En vertu du second, appelé « principe de faveur », une règle négociée au niveau d’une branche ou d’une entreprise ne peut être que davantage favorable aux salariés. En clair, si une convention de branche fixe le salaire horaire minimum à douze euros, un accord d’entreprise, dans le même secteur, ne pourra prévoir un salaire inférieur à cette somme. En revanche, rien n’interdit d’aller au delà, par exemple à treize euros. Logique, à moins de rendre la loi ou les accords de branche caducs. En principe, donc, ces règles garantissent les mêmes droits pour tous les salariés, et préviennent le dumping social au sein d’une même branche d’activité.

En pratique, les dérogations sont nombreuses. Rendues possibles, d’abord, par les lois Auroux en 1982, puis par les lois Aubry sur les 35 heures, enfin par les réformes successives des gouvernements Raffarin, Fillon et Ayrault, elles concernent essentiellement l’organisation du temps de travail, et parfois les salaires. Ainsi, depuis 2008, la durée minimale de repos journalier, légalement fixée à onze heures, peut, dans certains secteurs, être ramenée à neuf heures par accord de branche ou d’entreprise. Concernant les rémunérations, la loi du 14 juin 2013, transcription législative de l’Accord national interprofessionnel (ANI, lire ici), autorise, en cas de difficultés économiques, une réduction des salaires par simple accord d’entreprise – les fameux accords de maintien de l’emploi, étendus par la loi Macron. La dérogation deviendra-t-elle la règle et le respect de la loi l’exception ?

La commission regroupe, de fait, des experts habitués à naviguer entre public et privé, certains affichant des orientations ouvertement néolibérales. Après avoir été directeur adjoint du cabinet de Martine Aubry, Yves Barou, actuel président de l’AFPA, a intégré la direction RH de l’entreprise Thalès. Longtemps membre du Conseil d’analyse économique, Michel Didier est quant à lui président du Coe-Rexecode, un « institut privé d’études économiques » proche du Medef. Il est aussi proche du très libéral Cercle des économistes, tout comme Pierre Cahuc, favorable à la réduction du « coût » du travail et à l’assouplissement des conditions de licenciement. Dans la commission, on trouve aussi, pêle-mêle, le président du groupe Alpha (un cabinet de conseil en relations sociales), Pierre Ferracci, la DRH de Lafarge France, une ex-DRH enseignant désormais en business school, ou encore le juriste Paul-Henri Antonmattei, fervent soutien de François Bayrou lors de la dernière présidentielle. Voilà qui promet !

La participation d’Antoine Lyon-Caen, auteur avec Robert Badinter d’un ouvrage et d’une tribune qui viennent de faire du bruit, est encore plus remarquée. Dans Le travail et la loi, les deux juristes – habituellement classés à gauche – dénoncent la « complexité croissante » et l’« obésité » du code du travail. Ils proposent de réduire ce dernier à 50 principes fondamentaux. Enfin, c’est le pedigree du président de la commission, Jean-Denis Combrexelle, qui laisse perplexe. Dans les milieux syndicaux, le conseiller d’État est décrit comme le « Talleyrand » du ministère du travail : de Jospin à Raffarin, en passant par de Villepin ou Ayrault, le haut-fonctionnaire, ancien directeur général du travail (DGT), survit à tous les gouvernements !

En parallèle, la multiplication des « assouplissements » affaiblit la norme légale. Chaque gouvernement enfonce un ou plusieurs coins dans le code du travail. On multiplie les dérogations, les droits se différencient selon les secteurs d’activité, les entreprises, les territoires, peu à peu, on instaure une inégalité de traitement, une concurrence de fait entre entreprises et entre salariés. Sous couvert de simplification, l’objectif est de poursuivre l’inversion de la hiérarchie des normes et du principe de faveur. On veut définir un socle de droit minimal, et renvoyer le reste aux accords de branche et d’entreprise. En fait, la simplification est un faux débat, car le code du travail est complexe par nature. Il ne s’agit pas seulement du travail du législateur, mais aussi du résultat de luttes sociales sédimentées. Si on simplifie la base légale, on va produire de la jurisprudence ce qui, pour le coup, est une véritable source de complexité. A force de déroger, on fait du code du travail un véritable gruyère, on fait de la déréglementation par sur-réglementation !

Serait-ce une manière de rogner, lentement mais sûrement, un siècle d’émancipation sociale ? Jusqu’aux premières lois sociales, à la fin du XIXe siècle, les règles de travail sont fixées par le règlement intérieur de l’entreprise, et sont donc imposées par la direction. Avec la légalisation des syndicats et la création d’une administration du travail, la loi vient fixer des limites à ce pouvoir considérable, tout en harmonisant les droits des salariés sur le territoire national. Les premières lois touchent le travail des enfants, l’hygiène et la sécurité, les temps de repos. Cet encadrement public, réalisé au nom de l’intérêt général, est très tôt combattu par le patronat. Ce dernier y voit une ingérence insupportable, et dénonce une entorse à la propriété privée des entreprises.

Aujourd’hui, l’heure est à la mondialisation des marchés, à la recherche, coûte que coûte, de compétitivité pour les entreprises. Il faut « assouplir », « faciliter », « réduire le coût du travail ». La loi serait une source de « rigidité », et l’entreprise le lieu idéal pour une redéfinition des normes de travail. Il faut « faire une plus grande place à la négociation collective et en particulier à la négociation d’entreprise, pour une meilleure adaptabilité des normes aux besoins des entreprises ainsi qu’aux aspirations des salariés », explique Manuel Valls. Mais qui dit négociation, dit acteurs sur un pied d’égalité. Et dans l’entreprise, les salariés sont-ils vraiment en capacité de négocier ?

Le contexte de chômage de masse s’avère lourdement défavorable aux salariés. Dans l’entreprise, les salariés sont fragilisés, les délégués du personnel exposés, c’est précisément l’une des raisons d’être du code du travail. Le rapport salarial est un rapport de subordination, qui bride, voire rend impossible, les velléités de revendication individuelles mais aussi collectives. Dans le même temps, la loi Rebsamen, indissociable de la mission Combrexelle, vient affaiblir la représentation syndicale

Depuis son arrivée à Bercy, Emmanuel Macron n’a qu’une obsession : « Nous devons continuer à réformer en profondeur le marché du travail », répète-t-il à l’envie. S’agit-il de renforcer la représentation syndicale ? « L’important, c’est que la loi précise les règles générales et [donne] davantage de place aux accords de branche et d’entreprise, donc aux partenaires sociaux. Cela suppose que les organisations syndicales s’adaptent à l’évolution de leurs responsabilités. » Non content de déréguler le marché du travail, c’est à dire de dégrader nos conditions de travail et d’existence, l’ancien banquier d’affaires chez Rothschild, qui pourra se targuer d’avoir employé trois fois l’article 49-3 de la Constitution pour imposer sa dernière loi, compte aussi expliquer aux syndicats comment ils doivent « s’adapter ». Ces derniers seront-ils en mesure de résister à la révolution menée au pas de course par un exécutif qui n’a plus de socialiste que le nom ?

D’aprés un article de Thomas Clerget

Cette vidéo à ne pas manquer : LA DEUXIÈME DROITE

« L’utopie est ce qui n’a pas encore été essayé. »… Théodore Monod

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DES DETTES ET DES ÂNES

ane

Un inconnu se présenta un beau jour dans un village et il offrit, à tous ses habitants, 100 € pour chaque âne que ceux-ci voudraient bien lui vendre. Une bonne partie des habitants lui vendirent aussitôt leurs ânes.

Il revint le lendemain dans ce même village et offrit un prix encore plus élevé, soit 150 €, pour chaque âne, et une fois encore une grande partie des habitants lui vendirent leur âne. Les jours suivants, il offrit 300 € et les habitants qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu’il ne restait plus un seul âne dans le village, il offrit 500 € par tête en faisant savoir qu’il passerait les acheter dans huit jours et il quitta le village. Mais le lendemain, il envoya sur place son associé avec les ânes qu’il avait achetés dans ce même village et avec ordre de les proposer à 400 € l’unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois achetèrent ses ânes à 400 € par tête et celui qui n’avait pas assez d’argent en emprunta. Au bout du compte, les habitants du village achetèrent tous les ânes du canton.

Comme il fallait s’y attendre, cet associé disparut tout comme avait disparu son collègue et plus jamais on ne les revit. Résultat : le village se retrouva plein d’ânes et endetté jusqu’au cou.

Observons la suite des évènements :

Ceux qui avaient emprunté de l’argent ne pouvant plus revendre leurs ânes furent dans l’incapacité de rembourser leur emprunt. Et ceux qui avaient prêté l’argent vinrent se plaindre auprès de la Municipalité en expliquant que s’ils ne rentraient pas dans leurs fonds, ils seraient ruinés et que, comme ils ne pourraient plus continuer à prêter de l’argent, c’est tout le village qui connaîtrait la ruine.

Pour que les prêteurs ne se retrouvent pas en banqueroute, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour payer leurs dettes, le donna aux prêteurs. Mais ces derniers, même après avoir retrouvé une grande partie de leurs fonds, ne firent pas un trait sur les dettes des habitants du village lequel continua à être tout aussi endetté qu’avant. Le Maire dilapida le budget de la commune laquelle se retrouva également endettée. Alors il se tourna vers les autres communes et leur demanda de l’argent, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient pas l’aider parce que puisqu’elle était ruinée, elles n’étaient pas sûres de pouvoir récupérer les sommes qu’elles lui prêteraient.

Résultat : Les petits malins du début de l’histoire sont pleins aux as. Les prêteurs ont vu leurs gains assurés et, désormais, un tas de gens leur verseront les remboursements d’emprunts avec les intérêts et ces prêteurs auront, en outre, un titre de propriété sur des ânes désormais dévalués avec lesquels jamais les habitants du village ne parviendront à éponger la totalité de leurs dettes. Beaucoup de gens sont ruinés et ont définitivement perdu leur âne. La Mairie est également ruinée.

Conséquence : Pour essayer de résoudre la crise, et sauver le peu qu’il reste, la Mairie baissa le salaire de ses fonctionnaires, supprima les services sociaux, privatisa l’école et augmenta les impôts !              

Et pour tout savoir sur  la dette de la France : VOIR ICI

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AH ! LES PAUVRES RICHES…

Posté par 2ccr le 24 août 2015

pauvres-richesN’avez-vous jamais entendu, dans votre entourage, cette injonction répétée comme un leitmotiv par des personnes qui ont souvent du mal à joindre les deux bouts :”arrêtez de taper sur les riches et les patrons, ce sont eux qui nous font travailler”. Et l’artisan ou le commerçant du coin, qui peine parfois à se payer un salaire, approuve. Il se sent solidaire, car il se considère comme un patron ! Et bien désolé de vous décevoir, lorsque l’on parle des riches et du patronat, vous n’en faites pas partie. Aux yeux de ceux dont on parle et qui représentent 1% de la population, vous n’êtes qu’une quantité négligeable comme le reste de la population.

« Heureusement qu’il y a des riches pour nous faire travailler ! » : donc à l’aube de l’humanité, l’homme aurait-il dû se laisser mourir de faim, sous prétexte que personne ne lui donnait du travail ? Aurait-il dû renoncer à se construire un abri ou à se vêtir ? Aurait-il du renoncer a améliorer sa vie ? Aurait-il du renoncer à chasser et à cueillir des baies ? Non, l’homme avait trop de choses à faire pour lui et son clan, et il n’avait pas le temps de travailler pour une bande d’exploiteurs qui lui auraient confisqué le fruit de son travail. Cette notion de travail véhiculée par les « pauvres-riches » est la référence de ceux qui ne travaillent pas et encaissent les bénéfices, alors que le but de l’activité économique ne devrait pas être de créer de la richesse à tout prix, mais simplement de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté !

Alors, va-t-on les plaindre ces « pauvres-riches » !! Ils sont une poignée, possèdent le monde et mettent les peuples en esclavage ! Va-t-on plaindre Bettencourt, Dassault, Mittal, ou ceux du Medef …, les voyez-vous, attristés et malheureux ? Ici et ailleurs, des pauvres gens se battent désespérément pour survivre face à ces rapaces, face à ces requins. Souvent sans résultat malheureusement, car ces prédateurs sont soutenus par des pauvres d’esprit qui s’imaginent faire partie de leur monde parce qu’ils ont la villa, la télé et le lave vaisselle !

Lorsque le gouvernement de monsieur Hollande, qui n’a rien de révolutionnaire, projette un temps soit peu de toucher à leurs avantages et leurs privilèges, ces vautours se déguisent en pigeons. La droite en profite pour faire son ram-dam, relayée par ses journaux et ses valets victimes du célèbre syndrome du larbin. Les « pauvres-riches » crient au scandale, et tous les moutons inconscients les acclament et reprennent en cœur leurs revendications. Alors que lorsque les patrons et les riches pleurent, le peuple devrait se réjouir. Par contre lorsqu’ils sont contents, le peuple depuis le temps devrait savoir qu’il va en payer l’addition !

Les « pauvres-riches » ont déclaré la guerre des classes depuis bien longtemps et seuls leurs serviteurs abrutis de propagande télévisuelle le nient. Depuis des décennies nos impôts servent à financer le non paiement d’une partie de leurs cotisations et leurs exonération fiscales, et ceci sans aucun résultat convainquant sur le chômage. Faire confiance aux « pauvres-riches » pour lutter contre le chômage est d’une grande naïveté. C’est pourtant ce que ces rapaces voudraient nous faire croire, alors que pour eux, un niveau élevé de chômage reste leur meilleure arme pour lutter contre nos droits sociaux.

Cette bande de requins se sert impunément de l’Etat comme courroie de transmission pour piller les populations. Mais savez-vous le plus drôle, ou le plus triste ? Je prends les paris que si la nouvelle UMP (Les Ripoublicains) organise une manif, on va y voir aux cotés des « pauvres-riches », tout un tas de pauvres gens intoxiqués par la propagande en cours, tout heureux de taper sur eux-mêmes, c’est à dire sur le fonctionnaire, le pauvre, l’étranger, le travailleur, le salarié, le chômeur ou le précaire !

Jean Pierre ACASOCA pour Conscience Citoyenne Responsable

« Nous sommes les autres »… Henri Laborit

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TOUS POURRIS ?…POURQUOI ?

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Outre le système capitaliste, la principale raison qui accentue le « pourrissement » des élites est le système institutionnel mis en place par la 5ème république. C’est le système électoral uninominal à deux tours qui fait voter le citoyen pour un nom et non pour des idées, qui encourage le clientélisme et le lobbyisme. Ensuite, ces élus élaboreront et voterons des lois en faveur de leurs différentes clientèles pour la plupart situées parmi les classes fortunées

Pour que les valets élus à la solde du système votent bien, on a institué des indemnités confortables à tous les niveaux des collectivités, y compris au niveau des villes et des villages. La gauche, y compris la plus honnête, en perçoit et ainsi se paye des permanents politiques sur nos impôts, bien au delà du salaire normal d’un ouvrier qualifié. Ce système pervers, encourage les élus sortants à se représenter jusqu’à la retraite, elle aussi fort bien rémunérée

La loi sur le financement des partis politiques, votée sous Rocard, donne pratiquement 2 euros par électeur aux législatives. Cette loi donne donc le jackpot à l’ex-UMP (Les Républicains)  et au PS, qui récoltent pour le moment le plus grand nombre de suffrages. Cette loi a financé les deux machines infernales qui gouvernent la France depuis 40 ans. Cette injustice fait en outre que les partis ne dépendent pas de leurs adhérents pour leur financement, et les candidats sont en fait programmés par les lobbys ou les médias-sondeurs, les adhérents sont mis devant le fait accompli et n’ont rien à dire. On ne vote donc pas pour des idées mais pour le Maire sortant ou le Président du conseil régional ou départemental. Cette habitude prise est la principale « faute » institutionnelle de la 5ème république qui privilégie le nom d’un candidat au détriment d’un programme clair pour le citoyen. De plus, en refusant le système proportionnel aux élections, on évacue les « gêneurs » issus de formations qui ne peuvent atteindre les 10% des suffrages exprimés. La 5ème république est une république monarchisante qui élit tous les 5 ans ou 6 ans les « mêmes » issus des « élites autoproclamées », il y a même les fils qui succèdent aux pères comme Poniatowski, Dassault, Giscard d’Estaing, Sarkozy, etc…

Mais même ce système sophistiqué ne suffit plus à nos élites, ils vont chercher des sous chez les riches bourgeois du CAC40, comme avec l’affaire Betancourt par exemple. Les campagnes électorales, financées par nos impôts, ne suffisent plus à ces gens. Comme aux Etats-Unis, celui ou celle qui sera élu sera celui ou celle qui aura le plus de fric pour tromper le peuple, et une fois élu oubliera les promesses de campagne favorables au peuple et sera tout dévoué aux riches qui l’ont financé.

Conclusion : Tous pourris ? En effet à cause de ce système électoral institué par la 5ème république. Pour en finir avec cette logique, qui pervertit les élus et même les citoyens par le clientélisme local pour un logement ou un emploi, il faut changer de république et mettre le citoyen au cœur des institutions futures, sans délégation de pouvoir. Si nous avons besoin d’un système électoral, pour un temps historique qui mettra fin à l’inégalité des classes, il faut la proportionnelle intégrale à toutes les élections, sur la base d’un programme élaboré par les citoyens eux-mêmes, sur la base de leur sensibilité politique et de leur idéal de société. Grandes ou petites formations politiques doivent pouvoir s’exprimer à égalité dans chaque localité ou entreprise, sans versement d’argent des collectivités ; la gratuité des campagnes nécessaires au débat démocratique sera la règle. Cela empêchera le clientélisme et le versement d’enveloppes frauduleuses.

Les mesures politiques prises par les citoyens seront ainsi respectées par tous dans une transparence totale pour un choix citoyen en toute clarté idéologique. La nouvelle société à inventer devra éviter l’argent qui pollue au profit d’un travail commun créatif pour tous et par tous. Les soi-disant élites se fonderont dans la masse citoyenne, en y apportant leur contribution sans chercher la légion d’honneur que nous supprimerons comme breloque dévaluée pour non respect du mérite.

Pour éviter le pourrissement actuel de notre société, il faut donc en finir avec le capitalisme, avec la professionnalisation de la politique et  avec la 5ème république monarchique. Il est de notre devoir de citoyen de comprendre cette nécessité afin que notre pays retrouve une autorité morale et corrige l’erreur de nos ancêtres du 18ème siècle qui supprimèrent la monarchie sans pour autant supprimer la cupidité et l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à notre génération de le faire pour entrer dans les livres d’histoire qu’étudieront les générations du 22ème siècle.

D’après Bernard SARTON

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« La politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire »… Paul VALERY

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CONTRADICTIONS DU CAPITALISME

Une des contradictions du capitalisme, c’est la volonté de produire toujours plus pour augmenter les profits d’une part, et la limitation des débouchés d’autre part. La recherche du profit maximum conduit chaque capitaliste à payer le moins possible de salaires, et les travailleurs n’ont pas assez d’argent pour acheter ce qu’ils produisent. La production dépasse donc ce que l’on peut vendre. Contrairement aux   sociétés dites « socialistes » où il y avait des files devant les magasins, il n’y a pas de files d’attente sous le capitalisme. Mais ce n’est pas le signe que les gens sont particulièrement riches, c’est parce que les gens sont trop pauvres pour tout acheter. Et dans les entrepôts, les poubelles regorgent de produits invendus …

Les niveaux des salaires, que le capitaliste trouve toujours trop élevés  ne sont pas la cause de la crise, mais c’est bien le système capitaliste qui est responsable de la crise. Quel que soit le niveau des salaires, les capitalistes auront toujours tendance à produire plus,  quelle qu’en soit les conséquences pour l’homme ou la planète, le gaspillage des ressources naturelles, ce n’est pas leur affaire ! En période de croissance, le capital engrange un maximum de profits et demande plus de travailleurs, mais immédiatement après, la recherche incessante des gains de productivité conduit inévitablement à des plans de licenciement. Ensuite, il fait pression sur les salaires, et il culpabilise les travailleurs sans emploi.

Le capital ne veut pas et ne peut pas garantir le plein emploi. Le chômage est une conséquence directe du capitalisme. D’une part, les chômeurs forment une armée de réserve pour les périodes de croissance éventuelle. D’autre part, le chômage pousse les travailleurs à accepter des conditions de travail plus dures pour un salaire moindre. Les détériorations des conditions de travail, entrainent de fait des difficultés d’alimentation, de logement et de santé. La paupérisation de la classe ouvrière n’est pas une fatalité, elle est la résultante du système économique.

Pour le capitaliste, il n’y a pas pire chose que les services publics et les biens communs. Que certains secteurs puissent échapper à la logique du marché et ne soient pas soumis à la concurrence est une chose qui les dérangent fortement, l’Etat devrait vendre tous les biens qu’il possède (à  bas prix), afin  que des entreprises se les approprient et les gèrent dans un but lucratif. Le capitaliste n’aura de cesse de lutter afin de faire sauter toutes les règles et les régulations qui se dressent sur le chemin de l’accumulation des profits.

Pour les capitalistes, les impôts, quand ils doivent exister, doivent être peu élevés. Les riches et les pauvres doivent être imposés au même taux fixe. Les entreprises doivent être libres de vendre leurs produits partout dans le monde, et les gouvernements ne devraient faire aucun effort pour protéger l’industrie ou la propriété locale. Tous les prix, y compris le prix du travail, devraient être déterminés par le marché. Il ne devrait pas y avoir de salaire minimum. Aucune contrainte ne devrait gêner le développement du capital. Chaque entreprise devrait pouvoir définir elle-même les règles et les conditions  de travail à l’intérieur de ses établissements.

La loi fondamentale du capitalisme, c’est celle de la maximisation du profit. Alors que le but de l’activité économique devrait être  la satisfaction des besoins matériels et culturels des travailleurs. Le travail disponible doit donc être réparti entre tous les ouvriers existants, et cette répartition doit donc déterminer la longueur de la semaine de travail. Il est grand temps de refonder un vrai code du travail et des conventions collectives contrôlées par les représentants du personnel et une grande inspection du travail. Ne laissons pas les profits faire la loi !

« Si les peuples du monde ne sont pas capables d’enterrer le capitalisme, alors le capitalisme enterrera la planéte »…Evo MORALES

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