La France croule sous le poids de ses 600 000 élus

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des élus, beaucoup trop d’élus rappelle le Cri du Contribuable. Avec 600 000 élus en France, c’est quasiment 1% de la population qui est concernée (record mondial), mais l’ensemble de la population qui en paye les frais.

Source : La France croule sous le poids de ses 600 000 élus

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JUSTICE POUR STEVE MAIA CANIÇO ! …

Après que STEVE a été retrouvé dans la Loire, des QUESTIONS incontournables, lourdes de signification politique, demeurent sans réponse.

1-Pourquoi a t’il fallu un mois pour constater l’inefficacité totale des recherches officielles puisque c’est « un pilote de navibus » qui a aperçu le corps « par hasard »?

2-Quid des recherches officielles infructueuses? Le pouvoir a t’il voulu indiquer le peu de cas qu’il fait de la disparition d’un jeune homme après la violence policière, comme s’il s’agissait d’affirmer « il a eu ce qu’il méritait! ».

3-Apres un mois dans l’eau, « le corps était très dégradé » indique l’avocate de la famille. Quelle conséquence sur l’autopsie? Sur des coups éventuels? Sur l’impact de grenades policières?

4-Édouard Philippe disculpe la police grâce au rapport de l’IGPN, l’inspection générale de la police nationale. Mais quel crédit donner à celui et ceux qui sont à la fois juges et partie?

5-L’impartialité de l’IGPN? On veut y croire car il en va d’un pan entier de nos institutions démocratiques. Mais est-ce raisonnable? On a vu par exemple dans le domaine de la justice le procureur de Nice avouer « avoir menti sur la charge policière dont a été victime Geneviève Legay, militante GJ de 73 ans le 23 mars à Nice, pour couvrir le président de la république Emmanuel Macron» qui avait déclaré que la police n’y était pour rien.

6-« Les jeunes dans la Loire le soir de la fête de la musique, cela n’a pas de rapport avec l’action de la police qui a subi des jets de projectiles » vient de déclarer Edouard Philippe. Le premier ministre fait peu de cas des images qui montrent exactement le contraire. Grossièreté? Cynisme? Aveu de culpabilité?

7-Dans tout état démocratique le ministre de l’intérieur, responsable politique qui a médaillé les policiers auteurs de violence, devrait démissionner. Là, le voila conforté.

Ces questions font apparaitre l’état grave dans lequel se trouve notre démocratie, menacée par la volonté totalitaire d’un pouvoir qui fonctionne à coup de matraques, de gaz lacrymogène, de lanceur LBD, de grenades de désencerclement contre les Gilets jaunes comme contre les jeunes à la fête de la musique.

L’UE condamne les violences à l’étranger, à Moscou où à Hong Kong par exemple. Macron parle de régimes autoritaires. Mais les derniers évènements indiquent qu’il ne sert à rien de viser la paille dans l’oeil du voisin lorsque dans le sien se trouve une poutre.

De plus en plus nombreux dans toute la France ont questionné jusqu’à aujourd’hui: OÙ EST STEVE?

Une exigence unanime devrait dés lors se faire jour: JUSTICE POUR STEVE!

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Mélenchon a raison et ses détracteurs sont les fossoyeurs de la souveraineté et de la Nation


Les attaques dont est l’objet Jean Luc Mélenchon sont tout aussi scandaleuses qu’éclairantes sur la politique des socialistes, Macronistes, ou autres qui les portent. Mélenchon fait un pas vers la Nation et la souveraineté aprés les avoir délaissées au profit d’un « retour à la gauche » que tous ses amis potentiels lui tombent dessus. Il a là la démonstration que ses recherches d’alliances à gauche ne peuvent être que vaines pratiquement, et vouées à l’échec politiquement. Il s’agit de questions de principe de première importance.

Les faits

La commission européenne a décidé de « retoquer » le projet de budget présenté par le gouvernement italien. Il s’agit d’une première, ingérence insupportable de Bruxelles dans les affaires d’un état souverain. Le gouvernement de Salvini, quoi qu’on en pense -et on trouvera sur «  » un certain nombre de papiers qui font la clarté sur la coalition italienne, la Lega, sa politique et son personnel- le gouvernement de Salvini donc a établi un budget qui prend en compte les engagements pour lesquels le peuple italien a porté au pouvoir cette coalition: revalorisation des retraites, investissements publics, bas salaires. Cela évidemment est insupportable à Bruxelles dont la politique est contraire à ce type de décisions, aussi minimes soient-elles. Donc le projet de budget est rétorqué par l’oligarchie européenne qui vient s’immiscer dans les affaires d’un état souverain. Inacceptable!

La positon exprimée par Jean Luc Mélenchon réaffirme un principe tout aussi élémentaire que fondamental.«Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité national française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne»…«Même si on désapprouve le gouvernement italien, ce qui est notre cas, tout en désapprouvant la Commission européenne».

La hargne socialiste

Il n’en faut pas moins pour que ce qui reste de l’appareil socialiste se déchaîne. Comme aux plus beaux jours de la rue de Solférino, les voila qui condamnent la position du leader de la FI qui n’est rien d’autre que l’adaptation à la situation italienne « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Olivier Faure qui jésuitiquement refuse de choisir entre le soutien au gouvernement italien ou à la commission européenne indique que « c’est la première fois que je vois la gauche de la gauche venir en soutien d’un budget qui est porté par l’extrême droite, c’est quand même une rupture».
La souveraineté populaire n’est donc pour le responsable socialiste qu’une abstraction, le peuple italien étant réduit à un peuple d’extrême droite puisque son gouvernement est conduit entre autre par Salvini. Double incompréhension. D’abord donc sur la souveraineté, la nation, le droit démocratique des peuples à décider eux-mêmes sans aucune ingérence de quiconque dans leurs propres affaires, ensuite sur la nature du gouvernement italien qualifié à l’emporte pièce de fasciste alors qu’il s’agit d’un gouvernement de droite assez classique.

Pour les autres, Jean Christophe Cambadelis par exemple, ou la Macronie avec qui il n’y a guerre de différence, «Si ça continue comme ça, où sont les désaccords avec Marine Le Pen? On ne peut pas laisser passer ça (…) C’est la première fois qu’une organisation politique se réclamant peu ou prou de la gauche soutient un gouvernement d’extrême droite. Là franchement je ne sais pas où on va».
Grossièreté, grosses ficelles qui appelle le lepénisme en renfort pour disqualifier une position politique pourtant essentielle.

En réalité ces positions ont un mérite historique. Elles rappellent « les agents avoués des institutions supranationales », de l’Union européenne et de la Commission européenne, « le parti de l’étranger » que Jacques Chirac dénonçait dans l’appel de Cochin sous la plume de Marie France Garaud notamment.

En guise de conclusion: histoire personnelle

Je ne peux oublier que c’est sur ce sujet que nous avions abordés il y a plusieurs mois, et sur lequel je voulais réaliser ma 7ème émission « Dans la gueule du Loup » titrée « L’Italie, la péninsule des paradoxes » sur le média, qu’Aude Lancelin, alors directrice de la web télé, ma poussé dehors au nom d’un politiquement correcte « de gauche » ou de « gauche de la gauche ».

Parler de l’Italie non à l’emporte pièce, mais en faisant ressortir les contradictions, notamment au regard de la politique macronienne que nous subissons tous les jours, cela était synonyme de rouge-brunisme.

Absurde, c’est bien cette discussion que nous devions avoir journalistiquement à l’époque avec des invités permettant d’argumenter, de débattre de façon démocratique et contradictoire, sans crainte et sans concession. Cette discussion qui pose la question de la Nation, du peuple, de la souveraineté est incontournable, et même si c’est bien tardivement que Jean Luc Mélenchon la pose, il a le mérite de l’aborder clairement et sans détour.

Jacques Cotta
le 18 juillet 2019 

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La démission de De Rugy… Illustration de la Macronie!

François de Rugy qui vient de démissionner ne représente en soi qu’un intérêt assez limité. L’ex N°2 du gouvernement mérite notre attention plus pour ce qu’il révèle que pour ce qu’il est lui même. Le tour du personnage est en effet vite fait. Pur arriviste à la mode écolo compatible, quelle que soit la majorité en place susceptible d’attribuer des postes, il s’est successivement dit « né avec l’écologie dans la bouche » pour occuper le bon créneau au bon moment, puis « écolo de l’action » pour justifier une première trahison et rejoindre François Hollande, puis contrairement à sa déclaration initiale « prendre ses distances avec la gauche » après la primaire perdue pour rejoindre Jupiter sur le toit de l’olympe. Passons sur ses déclarations pompeuses « l’assemblée est trop souvent symbole de l’opacité » suivi d’un « mettons tout sur la table », propos qui prennent une connotation à la fois cynique et cruelle. François de Rugy symbolise l’adage selon lequel « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ». Ainsi les efforts prêtés à François Ruffin pour le discréditer -et qui lui auront valu le qualificatif de « fasciste » délivré par De Rugy- auront été vains. Le principal intéressé aura fait le boulot lui-même.

François de Rugy illustre ce qu’est la Macronie, un magma fait de « gauche » et de « droite », de PS, d’UMP-LR, de Modem dont le plus petit dénominateur commun est l’ultra-libéralisme qui anime le président de la république, politique dictée par la volonté de l’union européenne lorsqu’il ne la devance pas. Ce qui obsède ce beau monde n’est autre que l’ambition personnelle, la course aux postes, la chasse aux privilèges, le sentiment d’invulnérabilité lié à la fonction. La chute de De Rugy dans son plat de homards est plus symbolique qu’autre chose. Mais le symbole est mortel. Il ramène à la réalité les discours sur la « République exemplaire ». Il rappelle la trajectoire dans laquelle la 5ème république a inscrit les majorités successives. L’illégalité et la transgression de la morale publique ont une histoire qui traverse toutes les majorités. Des « chalandonnettes » aux « avions renifleurs », en passant par les exploits des « Balkany and co » dans les hauts-de-Seine, sans parler des Cahuzac ou autres ministres qui ont le chic de demander aux français de se serrer la ceinture lorsqu’ils fraudent en ouvrant des comptes dans des paradis fiscaux, la 5ème république est friande des scandales à répétition. Gaymard et son duplex, Blanc et ses cigares, Jouyandet et son jet privé, Morel et son cireur de pompes…

Mais là, même si le homard semble lourd à digérer, même s’il est aussi question d’usage immobilier de l’argent public « pour une somme modeste de 63 000 euros », ou de question fiscale avec déclaration défaillante, même si au palmarès des infractions ministérielles l’apparatchik De Rugy ne tient pas la corde, un pas est franchi.
De la quantité…
De Rugy vient rappeler qu’en à peine deux ans, ce sont onze ministres de la Macronie qui sont tombés pour des faits délictueux. Onze… La situation en serait presque banalisée.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, socialiste rallié, fidèle d’Emmanuel Macron, était sous le feu de critiques suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire dans le cadre de l’« affaire des Mutuelles de Bretagne » lorsqu’il décidait de se mettre prudemment sur la touche. L’enquête préliminaire avait été classée avant de rebondir en octobre 2018 avec la désignation de trois juges d’instruction à Lille.

La triplette du MoDem, empêtrée dans l’affaire dite des « assistants parlementaires du MoDem » au Parlement européen. C’était ainsi au tour de la ministre des Armées, Sylvie Goulard, puis de Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, et du ministre de la Justice – et ministre d’Etat – François Bayrou, de s’en aller à la fin du mois de juin.

Le 28 août, un nouveau ministre d’Etat, Nicolas Hulot, s’en va. Il est le premier de la liste à sentir le vent tourner. Bien vu.

Une semaine plus tard, c’est cette fois la ministre des Sports Laura Flessel qui démissionne « pour raisons personnelles ». Seulement voilà, quelques jours plus tard, une source proche du dossier – confirmant des informations du « Canard enchaîné » et de Mediapart – indique que la mise en retrait de la ministre serait en réalité liée à sa « situation fiscale ».

Arrive en septembre 2018 le cas Gérard Collomb, ministre d’Etat qui annonce son départ de la place Beauvau afin de préparer sa candidature à la mairie de Lyon en 2020. Lui aussi comme Hulot sent qu’il vaut mieux prendre la poudre d’escampette avant que le navire sombre. En mars 2019, trois autres habitués du Conseil des ministres suivent l’exemple de Hulot et Collomb et prennent le large : Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes devenue candidate aux élections européennes, puis Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, tous deux engagés en vue d’une candidature pour les municipales à Paris en 2020.

Enfin pour être tout à fait complet, quatre autres ministres, Françoise Nyssen, Delphine Gény-Stephann, Stéphane Travert et Jacques Mézard ont eux aussi disparus de la photo de famille à la faveur de remaniements.
… A la qualité
Onze en si peu de temps, voilà qui est impressionnant. Mais au nombre, à la quantité, il faut ajouter le contexte politique qui donne la véritable signification de ces démissions.

Jamais un gouvernement si faible n’a fait usage de la force comme le font Emmanuel Macron et Edouard Philippe pour rester au pouvoir.

Les exactions policières contre les gilets jaunes sont banalisées, répétitives sans que nul ne bronche.
Les exactions policières étendent leur champs d’application. Le jeune homme de 24 ans, Steve, disparu dans la Loire après une charge policière durant la fête de la musique en témoigne. Là encore silence général.
L’arrestation arbitraire de gilets jaunes le 14 juillet pour avoir sifflé le président de la république, ce qui s’apparente au rétablissement du délit d’opinion.

Et avant tout cela, l’été dernier, l’affaire Benalla-Macron qui s’inscrit dans la tradition avec les barbouzes de l’Elysée qui agissent en toute impunité. Benalla qui est l’occasion de mettre en lumière les protections dont jouissent quelques-uns des principaux collaborateurs du président de la république qui n’auront été ni entendus, ni inquiétés.

Il existe un lien entre les démissions de personnalités qui se croient tout permis contre les principes élémentaires de la morale, de la démocratie, et la politique mise en oeuvre faite de violence sociale, de violence physique, de déni de démocratie.

C’est cela que De Rugy malgré lui met en lumière. Paradoxalement il tombe sur un « symbole », celui de la toute puissance, de l’arrogance, de la confusion des genres, alors que d’autres devraient déjà être tombés au nom de la démocratie, de l’état, de la Nation. Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, pour ses mensonges à répétition, pour les ordres donnés aux forces de police contre les manifestations, pour les violences dont il porte la responsabilité politique, devrait en toute logique compléter la liste.

Jacques Cotta
le 17 juillet 2019

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TSIPRAS félicité par la finance et les europhiles de tout bord…

Sommaire

Bref retour sur une politique rejetée
Tsipras et Syrisa responsables, mais pas qu’eux
Leçon générale

Alexis Tsipras a parachevé son oeuvre. Après avoir été porté au pouvoir par le peuple grec pour s’opposer à la politique de l’UE et de la Troïka, après avoir appliqué une politique contraire à la volonté populaire et aux engagements qu’il avait pris devant les grecs, après avoir été le serviteur discipliné de l’oligarchie internationale et du capital, il remet aujourd’hui les clés dans les mains du parti conservateur « Nouvelle Démocratie » de Kyriakos Mitsotakis, grand vainqueur des législatives qui ont vu dimanche 7 juillet Syriza perdre des dizaines de sièges.
Bref retour sur une politique rejetée
Le jour de janvier 2015 où Syriza offrait avec plus de 35% des voix pour la première fois le pouvoir à la gauche et « gauche de la gauche » est bien lointain. Les derniers arguments de campagne -«Nous votons dimanche pour notre vie»- martelé par Syriza pour mettre en garde contre le retour de la droite grecque au pouvoir, n’ont évidemment pas porté. Plus que les énièmes déclarations, c’est l’expérience des faits qui a joué.

Les prêts successifs faits à la Grèce ont surtout enrichi ses créanciers et actionnaires. De facto, la politique à laquelle Tsipras s’est rangé a placé la Grèce sous tutelle jusqu’en 2060. Le leader de Syriza a fait du zèle, se vantant de présenter un excédent budgétaire primaire record de 3,5%, au delà des exigences de la Troïka, résultat dû à une pressurisation sans précédent des classes moyennes.

Tout cela s’est fait à l’écart de grandes mobilisations populaires qui se sont estompées dans le temps, ce qui sans doute est un des résultats les plus palpables de Syriza au pouvoir. Aux yeux de l’oligarchie Alexis Tsipras avait réalisé un sans faute. Désarmant les masses, défaisant le mouvement social, appliquant la politique de l’UE, servant sur le fond les intérêts du capital financier et des grands capitalistes grecs, démoralisant ses troupes, il avait rempli sa fonction. Il ne lui restait donc plus qu’à laisser la place.
Tsipras et Syrisa responsables, mais pas qu’eux
Alexis Tsipras n’est pas une victime du peuple grec qui aurait manqué à son égard de reconnaissance minimale. Sa défaite est d’abord son oeuvre. Il paie la trahison de la parole donnée. Curieusement d’ailleurs c’est cet acte, ce déni des engagements pris qui lui attire la sympathie et le soutien d’une bonne part de commentateurs parfois prompts à défendre les vertus, dont par exemple Laurent Joffrin dans « Libération ». Le patron de « Libé » écrit en effet: « «Trahison», donc. Mais c’est aussi supposer qu’il y avait une autre politique évidente, plus progressiste, qu’il aurait écartée par duplicité coupable. Or cette politique consistait à sortir de l’Union, ce qu’il a refusé, en accord sur ce point avec la majorité des Grecs. Une fois laissée seule face à ses créanciers (qui n’auraient pas disparu par magie), la Grèce aurait-elle évité l’austérité ? Rien n’est moins sûr. »

Laurent Joffrin qui parle de Tsipras a le mérite de mettre au centre non le leader de Syriza mais la politique à laquelle il s’est pliée et qu’il a impulsée. C’est bien la question de l’UE qui est centrale, le maintien dans le carcan européen avec les conséquences connues pour la gauche grecque mais aussi et surtout pour le peuple qui l’avait portée au pouvoir. « La Grèce aurait-elle évité l’austérité? ». Sans doute pas, mais elle l’aurait décidée, assumée, subie aussi dans un but précis, celui de sa souveraineté, de son indépendance, de sa fierté.

La question que pose Joffrin en appelle quelques autres. La trahison serait-elle signe de lucidité? d’intelligence? de réalisme? Un mode de conduite pour qui veut réussir? Car sans promettre pas de victoire possible, et sans trahir pas de casse minimale. « Traître ou homme d’Etat ? » questionne le directeur de « Libération ». L’homme d’état serait donc celui qui aurait la sagesse de se taire avant les élections sur les dangers à affronter, et qui une fois au pouvoir serait capable de se plier pour faire le contraire de ce qu’il avait promis avant d’avoir été élu? On ne peut à la fois se morfondre du « divorce » des masses avec la politique, et vanter au nom d’un prétendu réalisme la trahison de la parole donnée.

Les choses auraient-elles été différentes si Tsipras avait fait un autre choix? Nul ne peut le dire, sinon en se perdant dans des spéculations qui souvent font l’économie de responsabilités partagées.

Les responsabilités partagées dans la situation grecque, ce sont d’abord celles de du gouvernement français et de François Hollande en 2015, du premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’économie Emmanuel Macron qui dans un jeu de rôle bien rôdé avec Angela Merkel vont pousser Tsipras dans la nasse, jouant comme dans un commissariat les « gentils flics » lorsque Merkel occupait le rôle de la « violente ».
Les responsabilités partagées, ce sont aussi les encouragements et les soutiens apportés à Tsipras de la part d’une « gauche » française, parti communiste en tête, qui n’a cessé de le conforter dans cette voie sans issue, celle de la soumission à l’union européenne au nom du réalisme et de la raison. Les partisans d’une « autre Europe », d’une « Europe sociale », d’une « Europe plus humaine » qui soumettent toute orientation à la discipline de l’UE et de l’Euro, ont aussi joué leur rôle à distance dans la déconfiture grecque.

Leçon générale
Cela appelle deux remarques qui nous concernent directement:

1/Lorsque les représentants de « gauche » ou « gauche radicale » une fois portés au pouvoir appliquent la politique austéritaire qu’ils condamnent officiellement et qu’ils sont censés combattre, ils préparent le pire… Ils ne sont pas victimes mais responsables de la catastrophe qui s’ensuit. Ce qui est arrivé à Tsipras et à Syriza n’est malheureusement pas très original. Comme représentant momentané des couches exploitées, des ouvriers, des salariés, il a été « une des dernières ressources politiques de l’impérialisme dans la lutte contre la révolution prolétarienne ».

Comme lui avant l’expérience qui vient de s’achever, les partis socialistes et les partis communistes ont joué le même rôle, ce qui explique d’ailleurs le niveau auquel ils se trouvent dans la plupart des pays européens.

2/Alors que Geoffrey Pyatt, ambassadeur des USA en Grèce, félicitait Tsipras « pour l’excellent travail effectué par Syriza qui sera poursuivi par la Nouvelle Démocratie », voila une partie de la « gauche » française -le PCF en tête- qui a soutenu Tsipras sans faillir, jusqu’à cette couverture de l’Humanité dimanche indiquant « Syriza rempart face à la droite »?

Quel rempart!
Servilité vis à vis de l’UE, respect des institutions européennes, de l’Euro et des diktats qui nient la souveraineté des peuples, application de mesures contraires aux intérêts des salariés, des ouvriers, de jeunes, des retraités, des exploités, tout un programme qui nous concerne et dont on voit en Grèce où il mène.

Jacques Cotta
le 9 juillet 2019

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LFI et gilets jaunes

Voici le passage :

« Il était impossible en effet, de par la nature même du mouvement des gilets jaunes, que ceux-ci se reconnaissent dans la parole d’un chef, par définition suspect. La seule modalité possible de la rencontre aurait été qu’elle se fasse par la base, sur les ronds-points. C’est ce qui s’est fait dans une certaine mesure : mais jusqu’à quel point cette rencontre a-t-elle perdu de son ampleur du fait de l’érosion de la base militante insoumise ? Et jusqu’à quel point a-t-elle perdu qualitativement, parce que les insoumis ne pouvaient pas décemment prétendre que leur structure avait l’ouverture qui seule aurait convenu aux gilets jaunes ?

C’est un paradoxe cruel que l’émergence des gilets jaunes, qui marque ce point «qu’ils s’en aillent tous» qui était depuis 2009 l’horizon de la stratégie politique de Mélenchon, ne lui ait pas profité. Mais là encore, il serait trop facile de critiquer a posteriori. D’une part, préparer l’outil à recevoir l’énergie populaire n’était pas aisé, pour les raisons susdites ; d’autre part, si Mélenchon avait de longue date prévu le phénomène, son émergence soudaine a néanmoins pris tout le monde de court. Même l’érosion de la base militante, imputable pour partie au sentiment de la base d’être exclue des processus décisionnels, était de toute façon prévisible, une fois la dynamique propre à une campagne présidentielle épuisée. D’ailleurs, le mouvement des gilets jaunes est lui-même trop composite, sa nature mal connue, pour qu’on puisse dire avec certitude qu’il n’aurait pas décuplé les tensions au sein de la France Insoumise s’il l’avait investie. »

Ce passage est typique du texte d’Olivier Tonneau : dire tout et son contraire ce qui conduit à noyer le poisson même si les poissons ont du mal à se noyer.

Oui la parole d’un chef n’était pas attendue par les gilets jaunes même quand celui-ci découvre par un hasard de l’histoire qu’Eric Drouet est un génie.

Sauf qu’à l’heure du vote beaucoup de gilets jaunes sont allés vers le FN-RN où la culture du chef est dans la tradition.

Disons-le, le mouvement des gilets jaunes, sur le fond et la forme, a déstabilisé tout l’arc politique et pas seulement Macron. Et vu de la base il est évident que comme pour le PCF, EELV, NPA et autres, il y a eu division entre ceux qui furent parti prenante dès le départ, et ceux qui plus ou moins à contrecœur ont pris le train en marche. Or ce point pas plus que les autres n’a fait débat dans LFI. En écoutant Mme Garrido on a appris que Clémentine Autain a fait retarder d’une semaine le soutien de LFI aux gilets jaunes or la question n’était pas celle du soutien ou pas, mais du débat autour de la nature de ce soutien. J’ai entendu dix fois des membres de France insoumise constatant que les revendications des gilets jaunes recoupaient celles de l’Avenir en commun constater cependant que cette convergence ne produisait pas un soutien politique à LFI. Aussi on peut dire : après une si grande lutte populaire un score de 6% est une catastrophe !

Mais cette catastrophe sur ce point, n’est lisible que si on analyse en face l’attitude du FN qui n’a jamais eu à appeler au soutien des gilets jaunes.

A « l’Assemblée représentative » Mélenchon n’a eu que ce mot contre le FN-RN : «Il est arrivé en tête et ça n’a rien changé». Et comme toujours, il n’a pas tort même s’il se trompe ! Oui le FN-RN avait dit : si nous sommes en tête Macron devra démissionner. Or non seulement tout a continué comme avant mais… en pire quand on voit les réformes sur le tapis. Sauf que ce constat de Mélenchon ne mène nulle part car l’électorat FN-RN est solide et considère que les exagérations de Marine entrent dans le jeu politique !

Si LFI avait fait 6% et le FN-RN 12% la défaite aurait été moindre mais là, Macron a gagné en démontrant que le FN-RN est le seul adversaire à sa hauteur ! Je le répète depuis la naissance du PG, ce courant politique s’est dispensé d’une analyse approfondie de la nature de l’’extrême-droite car pour lui c’est une bulle qui va se dégonfler. Et en 2019, vu que la première place du FN n’a rien changé, la bulle va donc se dégonfler… Il est frappant de constater que tout succès du FN-RN est pour cette mouvance l’annonce de son déclin ! (je précise cependant que le FN en soi n’a rien gagné avec les dernières européennes, malgré les suites des gilets jaunes).

Il est frappant de constater dans la longue analyse d’Olivier Tonneau l’absence de toute référence au Front national ou même au mot national. Certains pour taper sur Mélenchon le montrent entouré de drapeaux tricolores comme Marine Le Pen, d’autres font de l’usage du drapeau une simple astuce politique. Là encore sans débat serein mais ferme le manque de perspective politique global devient grave.
Mais l’essentiel du texte tient au rapport entre organisation à la base des gilets jaunes et organisation à la base de LFI. Avec cet écart : les gilets jaunes ont fait la preuve de la même inventivité que les groupes d’appui à Mélenchon avant la présidentielle et qui a été perdue ensuite… comme est perdue aujourd’hui l’inventivité des gilets jaunes ! Dans les deux cas une inventivité populaire est possible mais comment passer à la construction d’une force démocratique ce qui renvoie à l’article de Denis Collin. J-P Damaggio

Par Jean-Paul Damaggio

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Si j’avais un parti …

« If I had a hammer » (1949) ça devient en français avec Claude François « Si j’avais un marteau / Je cognerais le jour / Je cognerais la nuit / J’y mettrais tout mon cœur / Je bâtirais une ferme / Une grange et une barrière / Et j’y mettrais mon père / Ma mère, mes frères et mes sœurs / Oh oh, ce serait le bonheur » (1963). Pourquoi ce vieux tube m’est-il revenu en tête ? Parce que je me demandais tout ce que nous pourrions faire si nous avions un parti. Car le problème est là et pas ailleurs. Les nouveaux mouvements anti-partis se sont écroulés aussi vite qu’ils avaient grandi. En Italie, les « Cinque Stelle » ont perdu la moitié de leurs électeurs et ils ont été battus dans le Sud par leur partenaire et allié de la Lega. En Espagne, Podemos est réduit au rang du supplétif du PSOE. En France LFI avec un peu plus de 6% des suffrages a perdu les ¾ de ses électeurs. Internet, les réseaux sociaux, les adhésions sur un clic, cela peut marcher un moment et cela retombe aussi vite qu’un soufflé. Le capitalisme est une chose dure et résistante et pour l’abattre il faut quelque chose de dur et résistant comme il faut aussi un bon outil pour planter des pieux qui vont marquer les fondations de la nouvelle société. Donc il faut un marteau et pas un mouvement gazeux. Voilà ce que l’expérience vient rappeler brutalement et on ne peut rien construire sans entendre les leçons de l’expérience.

Pourquoi faut-il un parti ? Pour des raisons gramsciennes : nous avons en face de nous un vieux capitalisme aguerri et il ne s’écroulera pas en soufflant dessus comme la cabane de paille des trois petits cochons. Il ne s’écroulera par un bon coup électoral. Il faut renoncer définitivement à la guerre de mouvement et accepter jusqu’au bout la thèse gramscienne de la guerre de positions. Et en déduire les bonnes conclusions, c’est-à-dire construire les casemates du nouveau pouvoir, durablement, sur le terrain de l’ennemi. Un parti (comme un syndicat), c’est cela. Refuser de construire un parti, c’est refuser ce travail stratégique élémentaire.

Ensuite, il faut gagner l’hégémonie (encore Gramsci !) et cela ne se peut que par un travail d’éducation et le peuple s’éduquant lui-même, c’est le travail d’un parti. Le parti par la formation travaille à faire connaître les analyses scientifiques du mode de production capitaliste et les militants en débattent, se forment en en débattant. Ils élisent leurs responsables, les contrôlent, désignent leurs candidats aux élections. Bref, les sections locales sont les foyers de la démocratie ouvrière, les incubateurs de la puissance intellectuelle et pratique du peuple. La « philosophie de la praxis » en acte.

Gagner l’hégémonie, c’est construire une pensée commune, un « projet » commun, un objectif que tous peuvent partager et bien au-delà des adhérents du parti : par des actions sociales et culturelles, par des associations larges qui unissent les déjà convaincus et ceux qui ne le sont pas encore. Bref participer directement à la « régénération morale et nationale » du peuple et par là œuvrer à une transformation sociale en profondeur.

Certes, les partis ont des tonnes de défauts et comme la démocratie elle-même ils peuvent se transformer en bureaucraties et en oligarchies ; ils peuvent être corrompus comme la démocratie elle-même. Mais est-ce en raison de la corruption possible de la démocratie qu’il faut renoncer à la démocratie ? évidemment non ! Le seul moyen de lutter contre la corruption de la démocratie, c’est encore plus de démocratie, la transparence des finances et la lutte contre toutes les formes de népotisme. Il en va de même dans les partis. Et tout comme la république doit régulièrement être soumise à une opération de retour aux fondements (comme le préconisait Machiavel), le parti doit être régulièrement régénéré.

Le mépris professé ici et là à encore des batailles de textes et de motions est vraiment très mal venu. Les batailles de textes et de motions s’appellent tout simplement débat démocratie et il n’est pas d’autre moyen pour que le peuple s’éduque lui-même comme il s’éduque en apprenant à décrypter les projets de lois et les discours des dominants.

Comment lutter contre les dérives des partis ? En organisant le parti de bas en haut, en donnant la plus large autonomie aux sections locales, en refusant qu’un courant monopolise la direction du parti, en tenant des congrès réguliers et en garantissant la plus large liberté des tendances et des fractions. Rien de nouveau dans cela. Les recettes sont connues. Mais la principale est celle-ci : le parti doit être un parti de masse, pas un parti d’une élite autoproclamée. Quand on a plus de 7 millions de voix et 500.000 soutiens nominaux, on peut construire un parti d’au moins 100.000 membres, pour commencer. A condition de le vouloir et de ne pas casser les jambes à toutes les bonnes volontés et à condition de se mouler dans les structures nationales de la vie politique (les communes, les départements) et d’attirer tous ceux dont l’ambition pourra être mise au service de la cause commune.

On nous dira que ces choses-là n’ont plus cours, que la vie passe par les réseaux sociaux et qu’on ne trouvera plus personne pour faire les cages d’escalier et vendre le journal du parti le dimanche matin… Mais les « gilets jaunes » apportent un démenti cinglant à ce pessimisme branché. Les nouveaux moyens transmissions donnent plus de souplesse et de réactivité au mouvement, mais ce qui compte, c’est enfin de se rencontrer, de se rendre compte que le voisin a les mêmes problèmes que soi et que les pensées peuvent converger facilement pourvu qu’on y mette du sien.
Bref, si j’avais un parti, je pourrais transformer le monde.
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