La France croule sous le poids de ses 600 000 élus

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des élus, beaucoup trop d’élus rappelle le Cri du Contribuable. Avec 600 000 élus en France, c’est quasiment 1% de la population qui est concernée (record mondial), mais l’ensemble de la population qui en paye les frais.

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Emmanuel Macron doit être battu! Mieux, doublement battu!

Les élections européennes auront lieu dimanche 26 mai dans un contexte bien particulier. Emmanuel Macron s’est engagé personnellement. Le Président de la république se montre ainsi bien imprudent. Il est en effet en guerre contre le peuple qui depuis plus de 6 mois exprime son exigence de justice sociale et de démocratie dans le pays.

Cette guerre contre le peuple, Macron l’a engagée, utilisant tous les moyens à sa disposition. Le mépris, les provocations, la calomnie, le mensonge, la violence, les LBD, les « grenades de désencerclement », ou autres armes de guerre ayant déjà provoqué des dizaines et des dizaines de blessés graves.

Dans ces conditions, les élections qui viennent sont un rendez vous que de nombreux concitoyens veulent saisir pour « régler les comptes ». Pour de larges couches de la société, Emmanuel Macron s’est engagé personnellement. Aussi, lui, sa clique, son entourage, son parti doivent être battus, et le plus tôt devrait être le mieux.

Il existe deux défaites possibles pour Macron, deux défaites qui peuvent lui être infligées simultanément.
Défaire Macron deux fois!

Emmanuel Macron est l’homme de l’UE en France. Ces élections européennes ne servent qu’à maintenir, crédibiliser, légitimer l’Union Européenne, ennemi acharné des peuples, et son représentant au pouvoir en France, Emmanuel Macron.

Les élections européennes sont destinées à élire des députés sans pouvoir. Il s’agit d’un leurre permettant de camoufler les véritables responsables des politiques menées, la commission européenne, la banque centrale, les chefs de gouvernement, dont Macron en France qui est le représentant direct de L’UE.

Ces élections n’ont d’autre but que de légitimer ce pouvoir supranational qui nie la souveraineté des peuples, leurs intérêts, leurs droits. C’est ce pouvoir contre lequel, quelle que soit la majorité au parlement, nul ne peut s’opposer. C’est ce pouvoir qu’il faut donc défaire. C’est lui qui interdit, quel que soit le résultat des élections, les revendications des Gilets jaunes, revendications sociales et revendications démocratiques.

-> En conséquence, pour défaire Macron une première façon revient à délégitimer ce pouvoir supra national en boycottant massivement cette élection! Personnellement, tel est mon choix.

Mais nous savons que nombreux sont nos compatriotes qui désirent infliger une défaite à Macron dans les urnes.

Dés lors, c’est aussi sur le résultat de ceux qui se déplaceront que Macron devra être battu. Si les mots ont un sens, il faut donc que lui, sa clique, sa liste aient un minimum de voix.

C’est le choix efficace que ceux qui veulent voter, s’ils sont conséquents, pourront faire.

-> Un minimum de voix pour Macron, telle sera la seconde défaite qui lui sera infligée.
Double défaite pour Macron et une conclusion
Quelle que soit la liste qui arrivera en tête et battra Macron, ce ne sera de la part du peuple évidemment pas un vote d’adhésion, mais un vote de rejet de Macron, Philippe, Castaner et de la majorité LREM.

La double défaire de Macron exprimera la victoire du peuple et de lui seul. La liste arrivée en tête fera entre 10 et 15% de l’électorat. Elle sera, quelle qu’elle soit, illégitime démocratiquement et politiquement. La double défaite de Macron sera la victoire du peuple et de personne d’autre!

Les Gilets jaunes ont exprimé leur volonté:

le droit de vivre, le droit de travailler, d’avoir un salaire, le droit aux services publics, des fonctionnaires en nombre suffisant, le pouvoir d’achat, la justice fiscale, etc…

La démocratie, avec le RIC, un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple…

Ce sont ces revendications qui quel que soit le résultat des européennes devront être la préoccupation majoritaire le 27 au matin.

Si Macron arrive en tête, il poursuivra dans la voie qu’il a tracée.
S’il est battu, et doublement battu, ce sont les exigences sociales et démocratiques qui animent le mouvement social depuis plus de 6 mois qui reviendront en force au coeur de l’actualité.

Responsables politiques, syndicaux, associatifs, commentateurs, éditorialistes, journalistes devront se résigner. Les motifs de la mobilisation sociale et démocratique qui dure depuis plus de 6 mois ne sont pas prêts à disparaitre avec un résultat électoral. Plus, avec la double défaite de Macron, la mobilisation qui dure devrait se perpétuer et se renforcer.

Jacques Cotta
Le 23 mai 2019

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l’affaire Andrea Kotarac, membre de la FI qui appelle à voter RN…

Sommaire

Les faits
La politique
Conclusion

L’ « affaire » Kotarac, cet élu FI qui appelle à voter pour le RN, ne mériterait que peu d’attention s’il ne s’agissait comme l’indiquent le Parti de Gauche et la France Insoumise que d’un simple égarement personnel. Mais prendre le problème ainsi revient à évacuer toute réflexion et discussion politiques. On me reprochera de vouloir à tout prix trouver des poux dans la tonsure insoumise, mais il n’en n’est rien. Les véritables questions sont les suivantes: comment et pourquoi un militant considéré unanimement jusque là comme un modèle peut-ils du jour au lendemain passer du côté obscur de la face? S’agit-il vraiment d’un cas isolé ou est-il l’expression de quelque chose de plus général? Voilà qui mérite à mon sens d’être abordé.
Les faits
Sur un plateau de télévision, Andréa Kotarac aborde bille en tête la question des élections européennes. « J’appelle à voter pour la seule liste souverainiste, qui met en avant l’indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire barrage à Emmanuel Macron et de faire barrage à ce rouleau compresseur anti-social », lance le conseiller FI de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Passons sur les vertus imaginaires qu’il attribue au RN. Le RN n’est en effet en rien un « liste souverainiste qui met en avant l’indépendance de la France ». Cet attribut est purement médiatique. Dans la réalité le RN est tout autant que les autres attaché à l’UE et à l’Euro avec lesquels il exclut la rupture. Ses oppositions et « cris de gueule » servent à capter le mécontentement légitime des citoyens envers les institutions européennes, sans en remettre en question les causes.

Ce qui est plus important est l’analyse des réactions suscitées par la déclaration de Kotarac.

Jean Luc Mélenchon a beau dénoncer « un coup monté », « une boule puante de fin de campagne », l’histoire n’est-elle pas en réalité beaucoup plus simple et embarrassante que cela?

1/Comme je l’ai expliqué dans le papier « Tambouilles électorales contre principes politiques » sur « La sociale », l’attitude de Kotarac ne trouve t’elle pas tout simplement son origine dans l’orientation de la FI? A force d’avoir expliqué que ces élections devaient être un référendum anti-Macron, Kotarac passe aux actes. Qui est en meilleure position pour battre Macron? Il appelle donc dans cette logique à voter RN. D’un point de vue arithmétique, son raisonnement a sa logique. Mais comment l’arithmétique est-elle parvenue à supplanter la politique? C’est bien l’axe même de la campagne de la FI qui devrait être interrogé.

2/Les interrogations feintes de Manon Aubry qui interroge sur l’identité de jeune élu de 30 ans « qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam », ne tromperont personne et ne pourront que rajouter de la confusion à la confusion. Andrea Kotarac n’est en effet pas n’importe qui. A moins de considérer que la sélection des militants ne signifie rien à la FI, Kotarac a été reconnu et mis en avant par Jean Luc Mélenchon lui-même durant la campagne des présidentielles. Candidat aux législatives dans la 7e circonscription du Rhône en 2017, il était arrivé troisième au premier tour, avec 13,34% des voix. C’est lors d’un déplacement à Vaulx-en-Velin que Jean Luc Mélenchon avait déclaré, « Quand je vois des jeunes, comme Elliott Aubin et Andréa Kotarac, prêts à reprendre le flambeau, je me dis que La France Insoumise a réussi. Je me dis que le fil rouge n’est pas près d’être rompu ».

Jeter aux orties aujourd’hui ce qu’on a adoré hier, cela ne va pas, ni politiquement, ni moralement d’ailleurs.
La politique
L’existence de Katarac ne peut s’expliquer sérieusement ni par les « tares » du principal intéressé, ni par un manque de clairvoyance de Mélenchon qui le propulsait il y a deux ans, ni par l’absence de lucidité des électeurs du Rhône qui lui auraient donné une légitimité en se faisant duper.

L’individualisation des responsabilités n’explique strictement rien. C’est une mauvaise piste, une voie sans issue, pour chercher à comprendre les causes de ce que le PG qualifie de « dérive individuelle vers le fascisme ». N’est-ce pas plutôt l’évolution de la politique de la FI et des orientations développées par son principal responsable qui devraient être questionnés?

Durant la dernière campagne présidentielle, sur les questions de fond que sont celles de la Nation, de la souveraineté, de l’indépendance nationale, sur la question de l’UE notamment, Jean Luc Mélenchon a affirmé une orientation franchement républicaine qui a permis à des franges importantes de renouer avec la politique et de se retrouver avec la FI. Il a aussi fait de la question sociale le coeur d’une campagne qui donnait sens au combat pour la république sociale. Les résultats ont été palpables, dans les quartiers populaires notamment où depuis des décennies ouvriers, salaries, chômeurs, jeunes et retraités tournaient le dos à des partis tous assimilés à la même orientation dont les couches populaires n’avaient rien à attendre. C’est en parlant au peuple dans sa diversité, en se réappropriant le discours et les symboles républicains, que Jean Luc Mélenchon est parvenu notamment à décrocher des pans entiers de l’électorat lepéniste qui jusque là se saisissait du FN pour combattre le système.

Quelques mois après les élections, JLM a tourné à 180° sur une série de questions, désorientant à la fois militants, sympathisants et électeurs. L’appel au peuple est devenu un appel à la gauche dont il se serait agi de prendre le leadership. La souveraineté inscrite dans le plan A et le plan B s’est vue réduite à la volonté de « sauver l’Europe » comme l’a expliqué Emmanuel Maurel, transfuge socialiste sur la liste FI, à l’abandon de toute ligne de rupture comme le précisait la tête de liste en personne, Manon Aubry. Les principes politiques ont été bradés de fait sur la question européenne, et « battre Macron » s’est substitué à « défaire l’UE ». Les élections au parlement européen sont en effet le cadre de légitimation de l’UE contre laquelle le peuple français a dit NON en 2005, contre laquelle les grecs ont résisté, contre laquelle l’ensemble des peuples européens ont à chaque reprise exprimé leur mécontentement, leur rejet. Les élections européennes sont le cadre qui permet de légitimer le système qui s’oppose en France aux GJ, à leurs revendications sociales et démocratiques. Les citoyens qui dans leur grande majorité boycottent cette élection de s’y trompent pas. Et pourtant, faisant fi de cette réalité, la FI décide de concourir en présentant sa liste aux européennes.

Là commencent les vraies difficultés. Sur quoi en effet tenter de convaincre à voter pour sa liste aux européennes?

Pour une autre Europe? Un peu général et suffisamment langue de bois pour être partagé par toutes les listes, de LREM au PCF.

Pour une Europe sociale? Voilà du déjà vu, entendu et testé avec la réussite que l’on connait.

L’Europe ne faisant pas recette, « battre Macron » en période de Gilets jaunes était le mot d’ordre qui devait faire recette. D’où la confusion introduite par la FI elle-même. Kotarac en est l’expression, qui prenant au mot la consigne insoumise, décide d’appeler à voter pour la liste susceptible de passer devant Macron, celle du RN.
Conclusion
L’abandon des principes politiques au profit de l’électoralisme européen est responsable de la décision de Kotarac. Il eut été plus clair de la part de la FI de poser les problèmes franchement:

-Quelle que soit la majorité au parlement européen, la politique de l’UE sera inchangée.
-Se présenter et donc voter dans ce cadre relève de la mystification puisqu’il est impossible d’en changer la politique.
-Le seul effet de ces élections ne peut être que la légitimation de l’UE dont les peuples ont tout intérêt à se défaire.
-Le boycott constitue donc la réponse au refus de cautionner l’UE à travers les élections, le refus de la diversion d’où qu’elle vienne constitue donc la seule réponse à la mascarade électorale européenne.

Parmi les arguments partagés par tous les candidats à ces élections, de la FI au RN au passant par LR, l’abstention ferait le jeu de Macron. Que diront les médias s’il arrive en tête, , questionnent les inquiets? Ce ne sera pas pour les rassurer, mais quel que soit le résultat, les médias aux mains de l’oligarchie ne diront à priori rien de véritablement désobligeant pour le locataire de l’Elysée.

Mais revenons à l’arithmétique qui parfois peut épouser la cause politique. Si comme il est possible 60% du corps électoral s’abstient, la liste en tête créditée dans le meilleur des cas de 25% des suffrages exprimés ne représentera que 10% du corps électoral. Certes elle pourra se réclamer d’une légitimité électorale, mais sera totalement désavouée, illégitime politiquement et démocratiquement. Pour la suite, la lutte des classes telle qu’elle s’exprime sous nos yeux de façon aiguë depuis 6 mois, les rapports sociaux dans le pays, les réactions paralysantes pour le pouvoir, l’amplification du mouvement amorcé avec les Gilets jaunes face aux volontés de Macron de poursuivre, cela aura évidemment une importance cruciale. Tout casser avec 10% du corps électoral derrière soi, même si la 5ème république anti démocratique l’autorise, cela devient pour le maitre d’oeuvre très difficile, voire impossible.

Et c’est cela qui compte. C’est cet aspect occulté par la FI, qui a conduit Kotarac à faire un choix dont la responsabilité est pour le moins collective…

Jacques Cotta
Le 20 mai 2019

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Européennes: Tambouille électorale contre principes politiques…

Alors que les élections européennes se dérouleront dans quelques jours seulement, alors que la campagne électorale est quasi inexistante, alors que le peuple français et les peuples d’Europe en général rejettent massivement l’élection européenne, un argument est mis en avant, notamment par la « gauche » en perdition, « Votez, car ne pas voter, c’est voter Macron ».
Des limites de la tambouille électorale…
L’argument est assez simple. L’élection se déroulant à la proportionnelle, « moins il y aura de votants, moins il faudra de voix pour obtenir un élu. Les listes données parmi les favorites devraient donc y trouver avantage ».

La tambouille électorale et l’arithmétique en lieu et place de la politique seraient donc sans appel. Et pourtant!

Ceux qui invitent à « voter pour battre Macron » sont les mêmes qui hier invitaient aux présidentielles à voter Macron pour battre Marine Le Pen.

Les mêmes qui invitent à « battre Macron et l’extrême droite » —le PCF et le PS notamment— sont donnés unanimement en dessous du seuil de 5%. Donc n’auront pas d’élu. Donc ne servent, sur le simple point de vue électoral, strictement à rien. Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à eux-mêmes ce qu’ils demandent aux électeurs. En toute logique, les mêmes devraient en effet se retirer et appeler à voter pour ceux qui ont une chance de se faire élire pour battre Macron.

Appeler à battre Macron. Mais qui est en mesure de lui passer devant, sinon le RN. Donc au nom de la tambouille électorale, les tenants du « votez pour n’importe qui mais votez pour ne pas faire le jeu de Macron » devraient appeler à voter pour Marine Le Pen qu’ils appelaient à battre il y a deux ans en votant Macron…

… Au respect des principes politiques
On perçoit assez simplement que ces arguments purement électoraux ne valent pas tripette et sont entachés de quelques contradictions évidentes.

La question est de savoir si la parenthèse électorale des européennes peut aider les aspirations politiques, sociales et démocratiques qui s’expriment en France depuis plus de 6 mois contre Macron et son gouvernement.

Si oui, alors il faut choisir et voter.
Si non, il faut refuser ce mirage qui ne sert qu’à détourner le peuple de ses aspirations sociales et démocratiques.

Les pouvoirs du parlement européens sont limités à un point tel que la politique menée par l’UE, concentrée dans les traités qui émanent de la commission ou du conseil des chefs d’états ou des ministres, sera inchangée, quelle que soit la majorité en son sein. Le discours « votez pour moi et ça ira mieux » est donc un leurre, un mensonge. Conclusion: mon vote ne peut rien changer.

L’Union européenne dicte la politique qui s’oppose aux peuples lorsque les gouvernements tel celui de Macron-Philippe ne la devance pas, et cela quelle que soit la majorité au parlement. Conclusion répétée: mon vote ne peut rien changer.

Les difficultés de l’UE ne viennent pas de son sein ou des majorités au sein des institutions comme le parlement, mais de son absence de légitimité, de son rejet par les peuples qui s’exprime ouvertement à chaque occasion, dans les référendum néerlandais ou français en 2005, dans les mouvements politiques et sociaux en Grèce, mais aussi dans les pays de l’Est, dans le Brexit en Grande Bretagne, et depuis plus de 6 mois en France dans le mouvement des Gilets jaunes. Conclusion: mon vote quel qu’il soit va contre mes intérêts.

Le nombre d’élus que totalisera chaque liste est secondaire. Le principal est de savoir quelle légitimité aura l’institution pour affronter la volonté populaire et s’opposer aux nations. Que LREM ait deux élus de plus ou deux de moins est secondaire. Ce qui compte est plutôt de savoir si 60% du corps électoral refuse cette mascarade, ou 40% seulement. Conclusion répétée: mon vote va quel qu’il soit va contre mes intérêts.

Pour ces raisons, le taux d’abstention indiquera clairement la rupture qui existe entre le peuple, ses aspirations, et l’union européenne dont Macron et son gouvernement sont l’expression.

La dramatisation exprimée par le Président de la République — Moi ou l’extrême droite, Moi ou Le Pen — veut créer un élan électoral, mais sur le fond n’a aucun sens. Ce que tente Macron à cette occasion est évidemment de sauver les meubles qui peuvent l’être, sachant que de toutes les façons, quel que soit le résultat, outre l’effet médiatique, la politique suivie sera celle de la « concurrence libre et non faussée », donc de la liquidation des services publics qui ne l’auront pas encore été, de la privatisation, de la « liberté fiscale » qui fait le bonheur des très grandes fortunes, de la destruction des Nations et de leur souveraineté.

Voila pourquoi la défaite de l’UE exprimée par le rejet de ces élections, par le boycott et l’abstention, sera celle de Macron, de Le Pen et de tous les européistes de « gauche » comme de « droite » qui veulent enchainer les peuples à ces institutions antidémocratiques supranationales.

Jacques Cotta
Le 14 mai 2019

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La preuve par le football

Aujourd’hui, la « ligue des champions » est une compétition Européenne qui réunit les meilleures équipes de chacun des championnats nationaux. Y sont engagés les vainqueurs de tous les championnats Européens, Russie et Turquie comprises plus une, deux ou trois équipes selon le classement Européen de chacune des nations. Seule est automatiquement qualifiée pour la ligue des champions de l’année suivante l’équipe qui gagne la compétition.

Pour prendre l’exemple français, des clubs comme Auxerre, Lens ou Montpellier ont participé à la ligue des champions. Parmi les plus grandes performances réalisées par des clubs français, on compte celles de Reims et de Saint Etienne.

A compter de 2014, l’UEFA ( Union Européenne de Football ) propose que la compétition soit réorganisée autour de 32 Clubs Européens dont 24 seront automatiquement qualifiées pour la saison suivante. L’objectif est évidemment que les plus grands clubs qui sont aussi les plus riches et peuvent recruter les joueurs les plus chers participent tous les ans à ce qui deviendra un championnat Européen . En revanche, l’accès sera très limité pour les clubs plus modestes même de grands pays et pour les champions des « petites nations », Chypre, Malte, Luxembourg, Slovénie et d’autres.

Par ailleurs, les championnats Nationaux perdront une grande partie de leur intérêt, de leurs spectateurs et d’importantes recettes publicitaires ou de droits télévision.
Le football Européen passera ainsi de l’Europe des Nations ce qu’il est aujourd’hui à l’Europe intégrée ce qu’il sera demain.

Il est plus qu’évident que ce sont les grandes puissances financières mondiales qui proposent cette réforme. Les puissances financières qui soutiennent les grands clubs entendent que leur investissement soit rentable et que des joueurs achetés à grand prix et touchant des salaires énormes ne soient plus astreints à des matchs de sous-préfecture ou papa peut emmener son fiston pour un prix raisonnable.

Si les instances nationales ne se battent pas becs et ongles pour défendre les clubs de villes moyennes dont, soit dit en en passant, les centres de formation jouent un rôle social indéniable, l’affaire sera bientôt plié et l’Europe intégrée installée en football comme dans bien d’autres domaines.

Etienne Tarride
Le 9 mai 2019

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La FI et la gauche, ou la marginalisation assumée

Sommaire

Une fédération populaire, mais avec qui?
Détour par l’Espagne
Fédération populaire, langue de bois et enthousiasme
Une fédération populaire, une vraie bonne idée

Le 23 avril, JLM s’est prononcé dans les colonnes du journal « Libération » pour la création d’une « fédération populaire ». « Si l’élection (européenne) nous en donne la force, nous assumerons de nouveau notre responsabilité. Nous proposerons de nouveau une fédération populaire à construire dans les élections suivantes et dans les mouvements écologiques et sociaux » a précisé le leader de la FI. Habitué de décisions permettant de surfer sur la situation en fonction des circonstances, quitte à dérouter son propre entourage, du passage du « parti de gauche » au mouvement « gazeux » la « france insoumise » , en passant par « le Front de gauche » avec le PCF, Jean Luc Mélenchon annonce donc une nouvelle mouture organisationnelle censée rassembler au delà de la FI. Les « politologues » habitués des commentaires qui ramènent souvent aux ambitions personnelles les décisions politiques prises par les responsables voient dans la décision et l’annonce de la Jean Luc Mélenchon la tentative de sortir d’une mauvaise passe, la perte importante des sympathies qui avaient atteint un sommet lors de la campagne présidentielle, les conséquences d’un « pétage de plombs » lors de l’épisode perquisitions organisées par le pouvoir contre la FI. Peut-être n’ont-ils pas tort. Deux semaines plus tard les sondages mettaient en tête des « leaders de la gauche » celui de la FI. Mais l’approche qui veut réduire à une stratégie personnelle les décisions politiques qui engagent un mouvement est par définition limitée. Seule l’orientation qui se cache derrière les déclarations peut permettre de vérifier la validité des propositions, et permettre de prévoir les retombées des décisions.
Une fédération populaire, mais avec qui?

Une « fédération populaire », comme son nom l’indique, doit avoir comme objectif de s’adresser au peuple pour le regrouper, en organiser des franges importantes, donner un sens à l’action et à la réflexion collective. Dans le contexte social et politique que connait le pays depuis presque 6 mois, le peuple susceptible de rejoindre une telle fédération se trouve tous les samedis dans la rue exprimant des exigences sociales et démocratiques auxquelles le gouvernement d’Emmanuel Macron, porte voix de l’Union européenne, demeure totalement sourd. C’est donc en toute logique au peuple en jaune que devrait s’adresser le leader de la France Insoumise.
Aussi, il est étrange de voir JLM subordonner sa proposition d’une fédération populaire au score qu’obtiendrait la FI aux élections européennes. Le point de départ d’une telle fédération pour attirer, réussir, doit se situer dans l’orientation politique préconisée pour fédérer, répondant aux exigences des forces sociales qu’il s’agit de rassembler. Les Gilets jaunes sont incontournables. Les revendications sociales -pouvoir d’achat, justice fiscale, emploi, services publics, salaires, protection sociale…- et les revendications démocratiques -passage à une 6ème république, RIC…- donnent un cadre assez précis que les centaines de milliers chaque samedi résument simplement en scandant leur exigence de voir Macron dégager au plus vite.
Ce n’est pas ce cadre que choisit Jean Luc Mélenchon. Tout au contraire, il propose de partir du score qu’obtiendra sa liste conduite par Manon Aubry aux européennes. De la sorte, il tourne le dos aux intérêts et aux aspirations des larges couches qui se manifestent depuis 6 mois dans le mouvement des Gilets jaunes et qu’il s’agirait, pour qu’une telle fédération ait un sens, de rassembler. L’élection au parlement européen, élection supranationale, est précisément celle que les couches populaires, ouvriers et employés en tête, rejètent massivement. 80% des ouvriers ont par exemple voté Non au référendum pour une constitution européenne en mai 2005 ! Et une majorité absolue toujours plus importante refuse à chaque échéance d’aller aux urnes pour cette élection, en France, mais également dans l’ensemble des pays européens. Jean Luc Mélenchon subordonne donc « la fédération populaire » au vote européen, à la reconnaissance de l’Union européenne et à sa soumission, à sa légitimation. Par ce choix, il indique sans le dire explicitement la cible qu’il vise pour cette fameuse fédération. Il s’agirait en réalité de rassembler les couches des centre villes, la petite bourgeoisie gagnée à l’idée et aux objectifs du capital mondialisé, contrairement au peuple dont il est toujours bon de parler mais auquel il serait préférable de véritablement s’intéresser, le peuple qui chaque samedi revêt le Gilet pour protester contre Macron et l’union européenne, principale obstacle aux exigences sociales et démocratiques qui rassemblent des millions de français.
Voilà notamment les raisons pour lesquelles l’appel de Jean Luc Mélenchon est d’abord et avant tout un appel à la gauche dans laquelle la FI prétend prendre la place de leadership, et non un appel au peuple. La gauche avec laquelle, toutes composantes confondues, le peuple a déjà divorcé.
Détour par l’Espagne

Pourtant Jean Luc Mélenchon s’en défend. Il s’agirait, non de regrouper une « guirlande de sigles et de partis », déclare t’il, mais de bâtir un « programme concret de partage » dont le projet de la FI « l’Avenir en commun » formerait le socle en précisant la vocation sociale et électorale qu’il assigne à ce futur mouvement.

Passons sur la référence au projet « l’Avenir en commun » qui semble déplacée tellement les exigences exprimées dans le mouvement social sont complètes, précises, simples et partagées et n’ont besoin d’aucun projet qui lui serait extérieur pour se rassembler. Ce qui ressort est le caractère profondément orwellien des propos du leader de la FI. Le voici qui proclame des intentions que les faits dans lesquels il est impliqué viennent démentir sans tarder. La subordination à l’UE et aux élections au parlement européen, loin d’aider la cause qu’il prétend défendre, vient au contraire profondément l’entraver. Quelle que soit la majorité qui sortira des élections européennes, tout le monde s’accorde pour reconnaitre que la politique qui sera suivie demeurera celle dictée par les intérêts du capital financier, contraire aux revendications sociales que JLM déclare par ailleurs vouloir défendre bec et ongle. Le parlement européen n’a aucun pouvoir sur les questions essentielles. Le peuple que le leader de la FI évoque par ailleurs ne s’y trompe pas en boycottant massivement cette élection. Il trouve d’ailleurs sa force dans cette détermination à refuser les leurres multiples que le pouvoir exhibe pour tenter de le détourner de ses propres intérêts. Les Gilets jaunes ont trouvé leur force notamment dans le rejet de la mascarade antidémocratique que la 5ème république voulait imposer il y a un peu plus de deux ans en incitant au vote Macron contre Le Pen, au nom du soit-disant moins pire contre le pire. Le mouvement souterrain qui a émergé avec les Gilets jaunes et qui ébranle Macron, coalisant une large majorité de français depuis le moins de novembre, prend aussi racine dans le boycott du « dialogue social » bidon proposé conjointement par le président de la république et par la CFDT, dans le rejet du fameux « grand débat », dans la volonté clairement exprimée « Macron démission », dans la persévérance et la persistance face aux LBD et matraques du pouvoir.

L’objectif que s’assigne JLM avec cette « fédération populaire » est également électoral. Il devrait méditer à ce titre les leçons des dernières élections législatives espagnoles qui ont vu la chute de Podemos et la remontée du PSOE. Le PSOE, en jouant sur quelques mesures sociales dont le relèvement du SMIC de 22,3% au 1er janvier dernier et sur la volonté affichée d’une autre répartition des richesses, d’une réforme fiscale dirigée vers une taxation des gros revenus et des entreprises a gagné 35 sièges pour en totaliser 123 sur les 350 que compte le parlement, s’affirmant comme le grand vainqueur de ces élections, alors que Podemos en a perdu 29 pour obtenir 42 élus contre les 71 détenus précédemment.
Le PSOE n’est pas un modèle imitable par le parti socialiste en France. La rupture avec le mouvement ouvrier, l’implosion du PS, mais aussi le choix de l’euro-atlantiste « flamboyant » Glucksman pour les européennes à venir sont un résumé du chemin sans retour parcouru par le PS actuel. Ce qui évidemment ne signifie pas qu’un autre parti puisse se constituer sur d’autres bases. Mais ce qui est assimilable à la situation espagnole est la chute de Podemos annonciatrice de ce qui attend sans doute la FI. Podemos s’est définie comme une aile de la gauche. Ce mouvement s’est donc marginalisé, laissant des pans entiers qui ont fait l’expérience par le passé de ce type d’aventures lui tourner le dos, d’autres préférer le discours et les mesures de la gauche officielle à la gauche de la gauche qui n’ouvre aucune perspective politique, sociale, économique indépendante.
Fédération populaire, langue de bois et enthousiasme

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Et à « gauche » ou ce qu’il en reste, tout le monde semble accueillir la « fédération populaire » comme à une bouée, en plein naufrage.
Pour Olivier Faure, « on a besoin aujourd’hui dans notre pays d’une grande force à gauche qui permette de rééquilibrer ce que sont les nationalistes, à l’extrême droite, et ce que sont les libéraux avec Emmanuel Macron ? ». Langue de bois de rigueur, il poursuit « l’union ne se décrète pas, elle se construit, elle se forge sur la clarté et la cohérence, celle des idées fortes et des valeurs fortes ».
Benoit Hamon n’est pas en reste. « Les enjeux – crise écologique, démocratique, explosion des inégalités – ne permettent plus de tergiverser pendant des années. Il s’agit de répondre à l’urgence sociale et écologique, d’instaurer une nouvelle République pour sortir de la crise politique, d’opérer une véritable redistribution des richesses, de réorienter l’Europe pour la sortir du néolibéralisme, de se doter des moyens pour réaliser le green new deal ». Mais qu’aurait donc à y redire le leader de la FI? Hamon poursuit: « Pour ma part je reste attaché à la gauche et à ses valeurs. Je crois que ce clivage reste non seulement pertinent mais indispensable pour endiguer la montée de l’extrême droite qui, pour une bonne part, est fille de l’indifférenciation droite-gauche en France comme en Europe », avant de poursuivre « Créer un rapport de force puissant, oui ! Mener une guérilla au Parlement européen, oui ! Désobéir aux règles absurdes de l’austérité, oui ! Mais s’engager dans un processus incontrôlé vers une sortie, non ! ». Cette dernière condition concernant l’UE concentre toutes les questions. A l’époque où le plan B était encore de rigueur dans les rang de la FI, cette position de Hamon aurait constitué une différence de taille. Mais aujourd’hui? « Il faut sauver l’Europe » déclare Emmanuel Maurel, éligible sur la liste France insoumise. Jusqu’à la tête de liste Manon Aubry qui lâche « L’UE, il ne faut pas en sortir, il faut la transformer ».
Une fédération populaire, une vraie bonne idée

En réalité, les positions de Faure, Hamon, Mélenchon sont interchangeables. Séparément ou ensemble, ils ne peuvent ouvrir aucune perspective politique. Au nom de la gauche, les trois ont en commun leur soumission à l’union européenne. Les trois ferraillent pour les élections au parlement européens alors que tout le monde sait que quelle que soit la majorité qui sortira de ces élections, rien ne pourra modifier la politique menée au service du capital financier. Les trois sont donc de fait caution d’un système qu’ils disent par ailleurs condamner…

Pendant la campagne des élections présidentielles il y a un peu plus de deux ans, Jean Luc Mélenchon a su se démarquer de la « gauche » en se réappropriont les valeurs de la nation, de la souveraineté, de la république sociale. Il a permis à une frange importante de l’électorat de rejoindre le discours tenu au nom de la FI. Mais depuis, affirmant sa volonté de tourner le dos à une orientation qui pourtant a fait son succès, déclarant privilégier une position de leadership à gauche, il tourne le dos à ce qui a permis sa percée et s’engage dans une voie où seule la marginalisation peut se trouver au rendez vous.

Une « fédération populaire », voilà une bonne idée, mais pas une « fédération de la gauche » dont l’histoire a montré la véritable nature et dégagé les effets.

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Le profit tue

Le 29 octobre 2018 et le 10 mars 2019, deux Boeing 737 MAX se sont écrasés, entraînant la mort de tous les passagers et membres d’équipage. Ces deux crashs ont eu lieu dans des circonstances similaires et avec des appareils semblables. Selon les informations remontées, le crash serait dû à un dysfonctionnement logiciel. Un ingénieur et pilote, Gregory Travis, a fait des recherches sur les causes du crash, et décrit dans un article (voir références) les causes et motivations qui ont conduit à ces défaillances.

Dans cet article, je vais résumer son analyse.

Description des accidents

Les deux accidents sont dûs au dysfonctionnement d’un module logiciel du 737 MAX. Le module en question est le MCAS, un système de stabilisation anti-décrochage. Dans les deux cas, ce module a reçu des informations erronées d’un capteur AoA (angle-of-attack) qui permet de connaître l’inclinaison d’un avion. Ce capteur donnant de mauvaises informations, le MCAS a forcé l’appareil à pointer vers le bas, et cela a entraîné les deux crashs.

Il y a plusieurs causes qui ont poussé Boeing à introduire le MCAS dans le 737, que nous allons voir maintenant.

Problématique de remise en conformité

Dans le domaine de l’aviation, les réglementations n’autorisent les pilotes à piloter qu’un type d’avion à la fois. Cependant, plusieurs avions peuvent appartenir au même type si les similarités sont suffisantes. Cela permet aux compagnies aériennes plus de flexibilité au niveau de la gestion de leur flotte. C’est aussi la raison pour laquelle les constructeurs d’avion font en sorte d’avoir des appareils semblables d’une génération à l’autre. Dans le cas d’un nouveau modèle, la FAA (Fédération américaine de l’aviation) certifie que l’avion est conforme aux réglementations.

Dans le cadre du 737 MAX, Boeing était dans une situation compliquée après l’annonce du A320neo d’Airbus. En effet, ce nouvel A320 promettait une consommation de fuel au kilomètre inférieure aux avions sur le marché. L’A320 étant sur la même ligne de marché que le 737, Boeing a dû concevoir dans l’urgence un nouvel avion. Pour éviter le coût de la certification d’un nouvel appareil et la formation de pilotes, Boeing a décidé de partir sur une base de 737 NG et d’y ajouter des moteurs plus économiques.

Problématique des nouveaux moteurs

Ces moteurs posaient cependant un problème : ils étaient plus gros que leur prédécesseurs, et ne pouvaient pas être placés sous les ailes car il n’y aurait pas eu assez d’espace entre le sol et les moteurs lors du décollage.

La solution apportée par Boeing a été de décaler les moteurs vers l’avant, pour permettre de les surélever un peu. Ainsi, la carlingue du 737 restait la même, ce qui évitait de perdre du temps à redéfinir une structure et permettait de lancer le concurrent du A320neo plus tôt.

Problématique de l’aérodynamisme

Avec le déplacement des moteurs vers l’avant, l’aérodynamisme de l’avion a été modifié et le centre de poussée avancé. Cela a pour conséquence un cabrage de l’appareil quand le pilote augmente les gaz. Dans le cadre de la réglementation, des avions de même type doivent partager un cabrage similaire lors de l’accélération. Boeing a dû trouver une solution pour contrer ce cabrage et s’assurer que l’appareil reste dans la même catégorie que son prédécesseur.

Pour cela, plutôt que de trouver une solution physique, en corrigeant la structure de l’avion, Boeing a ajouté un composant logiciel : le MCAS. Ce module permet de corriger l’inclinaison de l’appareil lors de sa phase d’ascension au décollage pour assurer un comportement similaire au 737 NG.

Problématique de remise en conformité

Pour éviter une demande de recertification de la part de la FAA, l’ajout du MCAS a été fait discrètement, sans ajouter d’instructions spécifiques dans le manuel d’emploi du 737 MAX, sans faire de campagnes de formation pour les pilotes et sans informer les compagnies aériennes de son fonctionnement.

Les pilotes n’avaient donc pas connaissance de ce module, et ne savaient pas comment le désactiver en cas de dysfonctionnement.

Mauvaise implémentation du MCAS

Le problème du MCAS, c’est qu’il avait un certain nombre de vices de fabrication, qui ont entraîné un fonctionnement erratique.

Tout d’abord, la correction d’un problème physique par un ajout logiciel n’est pas la solution la plus simple. Il y a donc un ajout de complexité plus difficile à maîtriser.

Ensuite, ce module a été ajouté dans l’urgence, puisque Boeing devait rattraper son retard sur son rival Airbus. On peut facilement imaginer que ce cadre n’est pas propice au développement serein d’un tout nouveau module.

Troisièmement, le contrôle qualité des avions ne se fait plus directement par la FAA, mais par des ingénieurs internes aux constructeurs. C’est donc un validateur interne à Boeing qui a validé les changements apportés et notamment le module MCAS.

Enfin, ce module se base sur un capteur unique. Dans l’aviation, tous les capteurs sont redondés au moins une fois. Il y a une série de capteurs côté pilote et une série côté copilote. Lorsqu’une information semble erronée, le pilote peut regarder ce que remontent les capteurs du côté copilote, et il peut ensuite déduire si un capteur ne fonctionne pas. Il peut aussi déduire d’un ensemble de capteurs des données en recoupant les informations.
Dans le cadre du MCAS, le module n’a pas cette capacité. Il se base sur un seul capteur, et lui fait entièrement confiance. Pourtant, c’est un fait connu dans l’aviation que les capteurs, étant exposés à des conditions extrêmes, ont des périodes de dysfonctionnement au cours d’un vol. Dans les cas des ces deux crashs, le module MCAS a donc suivi les informations d’un capteur défaillant.

Conclusion

Ces crashs de 737 MAX mettent une fois encore en lumière un principe de notre société : au nom du profit, une entreprise peut prendre une série de décisions qui va mettre en péril la vie de milliers de personnes et conduire à la mort de centaines. Ces accidents auraient pu être évités, si à un seul des stades, la décision avait été autre. Si Boeing avait redessiné la structure du 737, il n’y aurait pas eu besoin du MCAS. Si le MCAS avait été conçu et implémenté avec plus de précautions et plus de temps, il aurait pu être plus fiable, notamment en se basant sur le résultat de plusieurs capteurs pour prendre sa décision. Enfin, si Boeing avait clairement explicité les conséquences de l’ajout du MCAS sur le 737 MAX, les pilotes auraient su comment réagir en cas de dysfonctionnement. Mais toutes ces dangereuses décisions ont été prises dans un seul but : permettre à Boeing de rester compétitif face à Airbus. La libre concurrence permet des produits de meilleure qualité paraît-il…

Par Mathieu VDP

Références

http://www.lefigaro.fr/international/2019/03/10/01003-20190310ARTFIG00252-le-boeing-737-max-implique-dans-deux-crashs-en-quelques-mois.php

https://www.theverge.com/2019/5/2/18518176/boeing-737-max-crash-problems-human-error-mcas-faa

https://spectrum.ieee.org/aerospace/aviation/how-the-boeing-737-max-disaster-looks-to-a-software-developer

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