La France croule sous le poids de ses 600 000 élus

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des élus, beaucoup trop d’élus rappelle le Cri du Contribuable. Avec 600 000 élus en France, c’est quasiment 1% de la population qui est concernée (record mondial), mais l’ensemble de la population qui en paye les frais.

Source : La France croule sous le poids de ses 600 000 élus

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Ne nous lamentons pas, organisons-nous

image du film « Joe Hill »

Le titre de ce billet est repris de la phrase que prononça Joe Hill, syndicaliste américain d’origine suédoise, en 1915 devant le peloton qui allait l’exécuter : « Don’t mourn, organize ! / Ne vous lamentez-pas, organisez-vous ! »

Médiapart – 10 mai 2017 – Par Théo ROUMIER – Blog : à celles et ceux qui luttent et qui résistent

Le Pen est battue et Macron est élu. Nous savons maintenant contre quel pouvoir lutter, même si nous devons dans le même temps trouver le moyen de réduire l’influence de l’extrême droite. Un front social, oui, c’est ce qu’il faut construire. Commençons d’abord par reprendre le problème à la base : comment on s’organise ?

L’entre-deux tours a été dominé par un débat sans fin (enfin si, le 7 mai au soir) : voter Macron ou pas ? On ne parle évidemment pas d’un éventuel vote de conviction (très faible au final1), mais bien de ce « vote barrage » qui lui a apporté les voix nécessaires pour l’emporter et battre Le Pen. Dans le même temps, l’abstention, les votes blancs et nuls atteignent un niveau inédit pour un second tour d’élection présidentielle.

On peut encore discuter du « bénéfice » des deux tactiques pour notre camp : réduire le pourcentage de Le Pen pour limiter l’accès de confiance qui pouvait saisir les militant.e.s d’extrême droite avec un score élevé ; ou réduire le pourcentage de Macron afin de délégitimer le futur pouvoir et faire en sorte que l’abstention de gauche soit incontournable2. Les organisations syndicales comme la CGT et Solidaires qui avaient appelé à ne pas donner une seule voix à Le Pen n’avaient pas voulu forcément opposer les deux, et elles ont sans doute eu raison. Elles appelaient par contre à manifester massivement le 1er mai.

C’est sans doute bien plus sur la préparation de cette journée de lutte que les énergies militantes auraient du se concentrer. Tout indiquait que la mobilisation allait être compliquée : l’atonie des réactions dans la rue au soir du premier tour, comme dans la semaine qui a suivi et précédé le 1er mai, était prévisible. Depuis plusieurs années, la banalisation de l’extrême droite se constate aussi par la difficulté de plus en plus grande à construire un antifascisme spécifique, qu’il cherche à s’exprimer dans des structures militantes3 ou dans des rassemblements, des débats, des manifestations…4 ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas continuer à y travailler, notamment parce que du côté des syndicats, une action unitaire se maintient malgré tout5.

Forcément, dans ce contexte, le 1er mai 2017 n’a pas été à la hauteur de 2002 (mais personne ne croyait à cette éventualité). Mais il n’a pas non plus réussi à imposer la question sociale sur le devant de la scène – ce qui aurait du être l’objectif du « peuple de gauche » (comme on dit) et qu’aurait peut-être permis une plus forte mobilisation – question qui a été bien plus incarnée par la fermeture de l’usine Whirlpool et la désastreuse double visite Macron-Le Pen.

Et pourtant…

Des grèves, des contestations il y en avait pourtant dans cet entre-deux tours6, d’autres sont d’ores et déjà appelées comme dans les Centres d’appels les 13 et 15 mai prochain. Mais c’est bien encore une fois l’échéance électorale qui a polarisé : certain.e.s s’y sont résigné.e.s, d’autres y ont cru, particulièrement celles et ceux engagé.e.s dans la « France insoumise ». Quoi qu’il en soit il serait contre-productif d’attendre une fois de plus les législatives et leurs résultats : c’est toujours maintenant qu’il faut réagir7. Se réveiller à l’été rendra plus difficile toute entreprise de mobilisation contre les lois anti-sociales que nous a promis Macron. Tout ce qui sera fait d’ici là est bon à prendre.

Dans plusieurs grandes villes, au soir du second tour et le lendemain, le 8 mai, des manifestations ont été organisées (Besançon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Le Havre, Orléans, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg, Tours…). À l’image du 1er mai, elles n’ont pas mobilisé forcément largement (c’est en centaine, au mieux, que se comptaient les manifestant.e.s en région), mais il était important qu’elles se tiennent. À Paris notamment, c’est appelée sous le nom de « Front social » qu’une manifestation a rassemblé plus de 5000 personnes.

Pour autant, si un front social devait se constituer, ce qui est éminemment souhaitable, il ne pourrait se limiter à un logo et à des initiatives parisiennes. C’est bien plus profondément qu’il faudrait aller le chercher et l’ancrer, dans des pratiques au coeur desquelles l’auto-organisation doit prendre toute sa place. Questionner la représentativité des assemblées que nous animons, de même que l’audience réelle de nos initiatives, on ne peut pas l’écarter d’un revers de la main en se disant que l’action prime.

C’est pour ça qu’il faut plus et mieux partager, confronter nos stratégies de mobilisation pour faire face à l’urgence, contrer Macron et défaire durablement Le Pen. Pour cela, et pour aussi espérer voir émerger ce front social, il faut – au moins – trois choses :

– trouver des espaces de convergences et/ou d’alliance : ça a été le cas lors de la Marche pour la Justice et la Dignité du 19 mars, c’est ce qu’ont tenté les syndicalistes d’On bloque tout et c’est aussi ce que cherche à faire la campagne « Nos droits contre leurs privilèges ». C’est une priorité… tout du moins ça devrait l’être plus et pour plus de monde. Il est clair que, législatives approchant, ces convergences ne peuvent pas pour l’heure intégrer quelque organisation ou parti politique que ce soit. Nous sommes encore très très loin de ce qu’a pu représenter un LKP en Guadeloupe en 2009 par exemple. Et même si bien évidement il n’y a pas de « recettes » à reproduire en toutes circonstances et en tous lieux à l’identique, nous avons tout intérêt à chercher à rassembler toutes celles et tous ceux qui font le mouvement social et les luttes aujourd’hui plus qu’à y « découper » des franges radicales.

– parce qu’on ne peut pas en faire l’impasse, il faut aussi mener le débat démocratique sur cette question dans les organisations constituées sans chercher à les contourner. Ces organisations du mouvement social, associations et syndicats de lutte, ne sont pas réductibles à des « appareils ». Dire que ce ne sont que des sortes de « superstructures bureaucratisées » dont il n’y a rien à sauver n’est pas vrai. Elles représentent, ne serait-ce que pour les seuls syndicats, des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui s’y reconnaissent, s’y engagent, les construisent. Ce sont elles et eux qui font vivre et mettent en œuvre concrètement les solidarités et les résistances quotidiennes qui seront le seul ciment possible d’un véritable front social.

– enfin, renforcer nos outils de lutte et de résistance dans la durée et éviter le « zapping » militant, faute de quoi tout « front social » ne serait que mouvement pour le mouvement. Convaincre de se syndiquer, de rejoindre une association de lutte, un collectif, organiser des temps d’échanges – pour agir – sur les lieux de travail, dans nos villes et quartiers, c’est une nécessité. Et s’il le faut, actualiser les formes de nos outils, leurs pratiques, leurs structurations pour s’adapter aux coordonnées contemporaines, « parler » plus largement qu’ils ne parlent aujourd’hui. Ce dernier point mérite d’être développé (autant qu’on peut le faire dans un billet de blog).

Reconstruire oui, mais reconstruire quoi ?

Les appels à reconstruire « la gauche » se multiplient. On a vu nombre de tribunes dire qu’il fallait « tout réinventer ». Soit. Mais dans la plupart de ces textes le mouvement social est le grand absent. Pourtant se limiter à l’isoloir (qui ne porte on ne peut mieux son nom), c’est faire une croix sur le collectif. Et rien ne sera possible, pour personne, si cette gauche des rues et des grèves ne se renforce pas, si elle ne porte pas, par elle-même, son propre imaginaire social. Faire le choix délibéré de la subordonner à des intérêts partidaires se serait l’appauvrir, la déssécher, et faire courir un grave danger à toutes celles et tous ceux qui veulent changer la société… parce que c’est bien de ses réalités et de ses contradictions qu’il faut partir pour les transformer.

Les stratégies peuvent varier. À la manière du Comité invisible, on pourrait se dire qu’il suffit de s’en remettre aux affinités et aux amitiés pour que, « naturellement », une alternative émerge au gré d’une succession d’émeutes de plus en plus rapprochées. On peut aussi en douter fortement. Parce qu’une telle proposition fait l’impasse sur le nœud qu’est le travail dans la vie de la plupart d’entre nous, et dont bien peu – même si on peut le regretter – ont la possibilité de s’émanciper. Conséquence de cela, dans presque toutes les contributions qui parlent « reconstruction » il y a quasi-systématiquement le même angle mort sur l’action syndicale. Pas ou peu de commentaires, de réflexions… pourtant, à titre d’exemple le sociologue Julian Mischi a rappelé l’importance que cette forme d’engagement recouvre dans les territoires ruraux notamment, ceux-là mêmes qui sont frappés de plein fouet par la progression de l’extrême droite. Et les deux sondages publiés après le premier tour de l’élection présidentielle attestent que le syndicalisme reste toujours un rempart au vote FN.

Reconstruire de l’action collective c’est déjà partir de là : la réalité de l’exploitation et/ou de l’oppression vécue. Celle que l’on subit au travail est la plus partagée (encore une fois même lorsqu’on en est exclu.e – parce qu’il y a alors injonction à accepter n’importe quel « boulot de merde » ; ou qu’on n’en a pas assez – parce qu’il faut alors subvenir à ses besoins dans des conditions de plus en plus précaires). Repartir de là permet aussi d’intégrer les nouvelles formes de travail ubérisées, si chères à Mr Macron, dans notre champ d’intervention. Depuis plusieurs mois, l’action collective s’y est invitée. Il y a le syndicat des coursiers à vélo lancé par la CGT en Gironde. Sur Paris, le CLAP (Collectif des livreurs autonomes de Paris) est né dans lequel se retrouvent des livreurs à vélo syndiqués et non-syndiqués.

Et faire avancer l’action collective, c’est faire avancer la solidarité. Mais il ne faut pas négliger que dans nos organisations mêmes, l’égalité, la solidarité doivent être la règle pour toutes et tous. Tout comme le combat féministe a progressé dans nos structures (et même s’il reste toujours beaucoup à faire comme en témoigne la réussite mitigée du 8 mars dernier), il faut aussi que le racisme et la lutte contre l’islamophobie soient plus pris en charge dans les syndicats. Parce qu’au travail on subit encore plus de discriminations lorsqu’on est femme, noir.e, arabe… Avec quelques camarades, c’est ce que nous disions dans la tribune « Syndicalistes, nous marcherons le 19 mars » publiée sur Mediapart : « Si les discriminations ne se réduisent pas à la domination sociale, elles s’articulent à celle-ci pour la renforcer. Combat social et antiraciste, loin d’être antagoniques, doivent se nourrir l’un l’autre. »

Ces enjeux, de taille, posent nécessairement la question de l’interprofessionnel. Un syndicat ça n’est pas fait pour défendre des intérêts particuliers mis bout à bout, qui pourraient s’opposer les uns aux autres, c’est partir des luttes « corporatives », de la réalité du travail vécu pour bousculer les murs des corporatismes pour le coup et poser la question du changement de société et des intérêts communs que nous avons, en tant que classe donc (à priori se débarrasser du capitalisme est un bon horizon). Et, oui, ça il faut aussi le faire vivre au quotidien. La revendication de la réduction du temps de travail a historiquement tenu ce rôle pour le syndicalisme : c’était la journée de 8 heures hier, ce sont les 32h par semaine aujourd’hui. Si on parlait un peu plus d’alternatives pour vivre et travailler mieux et autrement, on sortirait d’un certain nombre de débats mortifères. Qu’un Collectif syndical contre l’aéroport à NDDL et son monde se soit constitué en lien avec la ZAD va dans ce sens : « C’est que ce besoin de « reprendre sa vie en main » concerne effectivement beaucoup de salarié-e-s, de militant-e-s. Défendre la ZAD, c’est donc pour nous aussi soutenir une expérience d’émancipation du capitalisme et des rapports marchands. » De même remettre sur le métier la question de l’autogestion de la production, comme l’ont fait entre autres les Scop-ti ici, et plus fortement encore les entreprises récupérées en Argentine ou en Grèce, en l’insérant dans un projet de société qui plus est, ne serait pas une si mauvaise idée.

Et tout ça commence par s’engager dans le syndicat, le collectif, l’association qui lutte au boulot, dans notre ville, notre quartier.

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Qu’est-ce qui a changé le 7 mai 2017 ?

Qu’est-ce qui a changé le 7 mai 2017 ?

Claire VÉRILHAC

« Il faut que tout change pour que rien ne change !  » Cette célèbre réplique du « Guépard », le film de Visconti inspiré du roman posthume de l’écrivain sicilien Lampedusa, semble particulièrement adaptée à la situation d’aujourd’hui. Le prince de Salina c’est Hollande et Tancrède, son héritier désigné, c’est Macron. Et pourtant, si on y regarde de plus près, tout a changé en fait !

Comme dans la fameuse phrase prononcée par Tancrède, cette séquence du bal nous montre un monde où tout change et où tout se maintient en même temps. Car derrière les apparences fastueuses, futiles, se devinent les barrières sociales et les tensions politiques.

Au loin la danse macabre continue. Le prince de Salina en prend conscience face à ce tableau de Greuze, la « Mort du Juste », qui rappelle de façon cinglante les réalités physiques de l’humanité, tout comme la séquence suivante avec ses multiples pots de chambre où les invités se sont soulagés.

Dans cet univers qui vascille Tancrède a fait son choix : c’est Angelica, la roturière qui représente le pouvoir, désormais dominant, de l’argent-roi. Le prince lui est fasciné par ce neveu en marche. Mais en marche vers quoi ?

Vers le fascisme, dont il annonce déjà la couleur. Car Tancrède n’est pas seulement un jeune homme ambitieux et séduisant, c’est un politicien opportuniste qui ne recule devant rien pour gravir les échelons.

Les artistes, les créateurs, les écrivains, ont ceci de particulier qu’ils nous aident souvent à voir, parfois inconsciemment, ce qui se cache derrière les réalités. Ils nous permettent ainsi de mieux appréhender le monde et surtout de penser le futur. Si on sait les entendre.

Alors essayons de le penser ce futur.

Apparemment tout est en place pour que rien ne change. La recomposition politique annoncée par le nouveau Président va désormais donner le pouvoir à tous ceux qui, « de la social-démocratie au gaullisme », ne vont plus alterner mais gouverner ensemble.

♦ Tous les maux qui rongent notre pays depuis des lustres risquent donc de s’aggraver puisque les « dominants » que sont les pouvoirs politique, financier et médiatique, semblent n’avoir plus aucune entrave pour exploiter au maximum les « dominés » et faire taire les plus récalcitrants.

♦ Mais ceux-là même qui ont organisé, sciemment, le monopole de l’alternative politique au seul Front National, se voient maintenant menacés par le monstre qu’ils ont créé. En effet, ils ont réussi l’exploit de doubler son nombre de voix depuis la première alerte de 2002 et il est aujourd’hui aux portes du pouvoir.

Pourtant, il n’a fait que remplir parfaitement le rôle qui lui était assigné, à savoir recueillir les voix du désespoir tout en représentant l’opposition idéale, celle qui pouvait se combattre à coup de « barrages », « votutiles » et autres « fronts républicains ».

♦ Mais là aussi il y a du changement : ces opérations de matraquage ont de moins en moins d’effet sur les électeurs, le ressort est usé. Certains, tout à fait raisonnables par ailleurs, vont même jusqu’à souhaiter le pire, que le FN arrive au pouvoir, et qu’enfin ce système mortifère implose. C’est dire !

♦ Et surtout le changement considérable c’est la naissance du rassemblement populaire de la France Insoumise. Qui a réussi à endiguer le vote FN en allant chercher nombre d’électeurs qui se trompaient de colère, à motiver une jeunesse trop souvent abstentionniste, et a réuni plus de 7 millions de voix au premier tour.

Pour le pouvoir il y a là un crime de lèse-majesté. Pas question que des démocrates, des républicains, des humanistes, viennent enrayer leur machine à fabriquer du malheur. Ils ont alors pris cette position irresponsable, honteuse : empêcher leur candidat d’accéder au second tour, lui préférant la candidate FN et infligeant ainsi le déshonneur à notre pays.

Ce « barrage au vote Mélenchon » a été mené par Hollande, relayé par Macron, nombre de politiciens et journalistes sans scrupules, sans oublier le Medef. S’ils ne font que défendre leurs intérêts de classe en apportant ainsi, de fait, leur soutien au parti de la haine, c’est une posture idéologique qu’on retrouve, hélas, en maintes circonstances historiques tragiques.

Et la manière dont les Insoumis ont été méprisés, diffamés, menacés pour qu’ils rejoignent la coalition macroniste restera l’un des grands scandales et l’une des grandes hontes de cette campagne hystérique.

Mais c’est aussi le signe que ce vote a un sens profond dans la société française si ne peuvent être écartées les légitimes aspirations écologiques et sociales qu’au prix de telles manipulations de plus en plus hasardeuses.

♦ Et une fois la fièvre retombée, les pleins pouvoirs entre les mains de Macron, de ses sbires de la finance et des politiciens has-been qui nous ont mené dans le mur, agglutinés comme des mouches autour du vainqueur annoncé, combien parmi ses soutiens d’aujourd’hui pourront continuer, en conscience, à approuver une politique menée au pas de charge à coup d’ordonnances et de 49/3 ?

Des voix, parfois surprenantes, se font déjà entendre pour s’élever contre le désastre annoncé. Des voix qui refusent le politiquement correct, le parti unique dissimulé sous une pseudo-modernité et la propagande qui va avec.

Mais il reste à convaincre. Convaincre les communistes, les écologistes et les socialistes de gauche qu’une autre majorité est possible avec la France Insoumise pour combattre le FN, la politique Macron et pour porter enfin l’espoir d’un « avenir en commun » …..

Alors « quand tout aura changé pour que rien ne change », dès le résultat de l’élection présidentielle, notre devoir de résistance commence. Et l’élection législative est la première des occasions !

Claire VERILHAC

»» http://https://blogs.mediapart.fr/register/blog/060517/quest-ce-qui-ch…
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Liste des soutiens d’Emmanuel Macron, le candidat du Parti de la presse et de l’argent (PPA)

La liste des soutiens d’Emmanuel Macron que nous proposons ci-dessous n’est pas exhaustive mais elle est à notre connaissance la plus complète disponible à ce jour. Les personnalités sont classées par catégorie (« Patrons et banquiers », « Responsables politiques », etc.), puis par ordre alphabétique. Les possédants, que leur capital soit prioritairement économique, politique ou culturel, sont, sans surprise, en bonne place…

Patrons et banquiers

Loïc Armand (président de la commission Europe du MEDEF et de L’Oréal France)
Bernard Arnault (1ère fortune française – 11e mondiale –, PDG et principal actionnaire de LVMH, propriétaire du Parisien-Aujourd’hui en France et des Échos)
Pierre Bergé (363e fortune française, homme d’affaires, mécène, copropriétaire du groupe Le Monde)
Vincent Bolloré (10e fortune française, industriel, actionnaire principal de Vivendi et du groupe Canal+)
Yannick Bolloré (PDG d’Havas, membre du conseil de surveillance de Vivendi)
Alexandre Bompard (PDG de la FNAC-Darty)
Didier Casas (directeur général adjoint de Bouygues Telecom, conseiller d’Emmanuel Macron)
Patrick Drahi (5e fortune française, président d’Altice, principal actionnaire de SFR Group, qui possède Libération et L’Express)
Thomas Enders (PDG d’Airbus)
Pierre Gattaz (président du MEDEF)
François Henrot (banquier d’affaires, ancien bras droit de David de Rothschild)
Henry Hermand † (305e fortune française, président de la société d’immobilier commercial HH Développement, parrain d’Emmanuel Macron en politique)
Arnaud Lagardère (305e – ex aequo – fortune française, directeur du groupe Lagardère, propriétaire du Journal du dimanche)
Pascal Houzelot (propriétaire de la chaîne Numéro 23, membre du conseil de surveillance du Monde)
Bernard Mourad (ex-banquier conseil de Patrick Drahi et ancien de la banque Morgan Stanley, conseiller spécial d’Emmanuel Macron)
Xavier Niel (9e fortune française, actionnaire majoritaire d’Iliad, maison-mère de Free, copropriétaire du groupe Le Monde)
Laurence Parisot (ancienne présidente du MEDEF)
Claude Perdriel (363e fortune française, industriel, homme de presse, propriétaire de Challenges)
François Pérol (banquier, président du groupe BPCE, ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy)
Matthieu Pigasse (banquier d’affaires, directeur de la banque Lazard en France et responsable des fusions-acquisitions au niveau mondial, copropriétaire du groupe Le Monde)
Stéphane Richard (PDG d’Orange)
Marc Simoncini (326e fortune française, entrepreneur, fondateur de Meetic)
Bernard Tapie (400e fortune française, homme d’affaires, ancien ministre PS sous François Mitterrand).

Responsables politiques et hauts fonctionnaires

Leila Aïchi (sénatrice écologiste)
Gérard Araud (ambassadeur aux États-Unis, ex-représentant de la France à l’ONU)
Aline Archimbaud (sénatrice écologiste)
Kader Arif (député PS, ex-secrétaire d’État aux Anciens combattants)
Jean-Marc Ayrault (ministre des Affaires étrangères, ancien Premier ministre)
Jean-Michel Baylet (ministre PRG de l’Aménagement du territoire, PDG du groupe La Dépêche)
François Bayrou (président du MoDem, maire de Pau)
Aurore Bergé (ex-LR, membre d’En marche)
Emmanuel Bonne (ambassadeur au Liban)
Jean-Louis Borloo (ancien ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, fondateur de l’UDI)
Thierry Braillard (secrétaire d’État chargé des Sports dans les gouvernements Valls 1 et 2, puis Cazeneuve)
Patrick Braouezec (ancien député-maire PCF de Saint-Denis, vice-président de la Métropole du Grand Paris)
Christophe Caresche (ancien député PS)
Christophe Castaner (député PS, porte-parole d’Emmanuel Macron)
Thomas Cazenave (ex-directeur de cabinet d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, secrétaire général adjoint de la présidence de la République)
Jean-Pierre Chevènement (
Daniel Cohn-Bendit (ancien député européen écologiste)
Gérard Collomb (sénateur PS, maire de Lyon)
Jean-Claude Cousseran (ex-directeur de la DGSE, ancien ambassadeur en Syrie et en Égypte)
Bertrand Delanoë (ancien maire PS de Paris)
Muriel Domenach (ex-consul à Istanbul, directrice du Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation)
Philippe Douste-Blazy (ancien ministre dans cinq gouvernements RPR/UMP)
Myriam El Khomri (ministre du Travail)
Richard Ferrand (député et conseiller régional PS rallié à Emmanuel Macron, secrétaire général d’En marche)
Jean-Louis Gagnaire (député PS)
Sylvie Goulard (députée européenne MoDem)
François Hollande (président de la République)
Robert Hue (sénateur, président du Mouvement des progressistes, ancien secrétaire national puis président du PCF)
Jean-Pierre Jouyet (secrétaire général de la présidence de la République, ancien président de l’autorité des marchés financiers, secrétaire d’État aux Affaires européennes des gouvernements Fillon I et II)
Patrick Kanner (ministre de la Ville)
Alexis Kohler (ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, ex-numéro 2 du cabinet de Pierre Moscovici au même ministère)
Bernard Kouchner (ancien ministre PS dans les gouvernements Bérégovoy, Jospin et Fillon I et II)
Jean Launay (député PS)
Aurélien Lechevalier (ex-conseiller diplomatique d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, ancien conseiller culturel à Beyrouth, conseille diplomatique d’Emmanuel Macron)
Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense)
Jean-Marie Le Guen (secrétaire d’État chargé des Français de l’étranger et du Développement de la Francophonie)
Corinne Lepage (ancienne ministre écologiste des gouvernements Juppé I et II, présidente de Cap21)
Nathalie Loiseau (directrice de l’ENA, ex-directrice générale du ministère des Affaires étrangères, proche d’Alain Juppé)
Alain Madelin (ancien ministre dans les gouvernements Chirac II, Balladur et Juppé I)
Christophe Masse (conseiller général PS des Bouches-du-Rhône, désormais membre d’En marche)
Juliette Méadel (secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes)
Antoine Michon (chef de la division « climat et environnement » au ministère des Affaires étrangères)
Pierre Moscovici (commissaire européen aux Affaires économiques, membre du PS)
Guillaume Ollagnier (directeur adjoint du cabinet de Jean-Marc Ayrault au ministère des Affaires étrangères)
François Patriat (sénateur PS)
Dominique Perben (ancien ministre des gouvernements Balladur, Juppé II, Raffarin I, II et III, et Villepin)
Bernard Poignant (proche conseiller de François Hollande, ancien maire PS de Quimper)
Barbara Pompili (secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, membre du Parti écologiste)
François Rebsamen (maire PS de Dijon, ancien ministre des gouvernements Valls I et II)
François de Rugy (vice-président de l’Assemblée nationale, président du Parti écologiste)
Dominique Tiberi (conseiller de Paris)
Jean Tiberi (ancien maire RPR de Paris)
Xavière Tiberi (respectivement mère et épouse des deux précédents)
Manuel Valls (député PS, ancien Premier ministre)
Hubert Védrine (diplomate, ancien ministre du gouvernement Jospin)
Olivier Véran (ancien député PS, neurologue, référent santé à En marche)
Dominique de Villepin (ancien Premier ministre de Jacques Chirac, ministre dans les gouvernements Raffarin I, II et III).

Responsables politiques étrangers (la plupart ont manifesté leur soutien après le 1er tour)

Joschka Fischer (ancien ministre des Affaires étrangères allemand)
Sigmar Gabriel (ministre des Affaires étrangères allemand, vice-chancelier)
Paolo Gentiloni (président du Conseil des ministres italien)
Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne)
Angela Merkel (chancelière fédérale d’Allemagne)
Charles Michel (Premier ministre belge)
Barack Obama (ancien président des États-Unis d’Amérique)
Matteo Renzi (ex-président du Conseil des ministres italien, secrétaire général du Parti démocrate)
Alberto Rivera (président du parti centriste espagnol Citoyens – Ciudadanos)
Mark Rutte (Premier ministre néerlandais)
Wolfgang Schaüble (ministre des Finances allemand)
Martin Schulz (ancien président du Parlement européen, candidat du SPD à la Chancellerie allemande)
Frank-Walter Steinmeier (président de la République fédérale d’Allemagne)
Justin Trudeau (Premier ministre canadien)
Alexis Tsipras (Premier ministre grec)
Guy Verhofstadt (député européen, président du groupe ADLE).

Intellectuels et journalistes

Jacques Attali (essayiste, conseiller de plusieurs présidents, parrain en politique d’Emmanuel Macron)
Christophe Barbier (journaliste, directeur de L’Express)
Philippe Besson (écrivain)
Laurent Bigorgne (directeur de l’institut Montaigne, think tank patronal)
Matthieu Croissandeau (journaliste, directeur de L’Obs)
Ruth Elkrief (journaliste sur BFM TV)
Henrik Enderlein (directeur du Jacques Delors Institut, professeur en économie politique à la Hertie School of Governance de Berlin)
Vincent Giret (journaliste au Monde)
Laurence Haïm (journaliste, porte-parole d’Emmanuel Macron)
Régis Jauffret (écrivain)
Arnaud Leparmentier (journaliste au Monde)
Bernard-Henri Lévy (philosophe, et tant d’autres choses…)
Michèle Marchand (journaliste, conseillère en communication d’Emmanuel Macron)
Philippe Martin (économiste, conseiller d’Emmanuel Macron à Bercy)
Alain Minc (essayiste, homme d’affaires, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy)
Erik Orsenna (écrivain)
Jean Quatremer (journaliste à Libération)
Bruno Roger-Petit (éditorialiste à Challenges)
André Sapir (chercheur à l’Institut Bruegel)
Maurice Szafran (éditorialiste à Challenges, directeur éditorial des magazines du groupe Sophia Publications)
Bruno Tertrais (directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique)
Justin Vaïsse (directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie, think tank interne du ministère des Affaires étrangères)
Yanis Varoufakis (économiste, ex-ministre des Finances grec)
Cédric Villani (mathématicien, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’Institut Henri-Poincaré, candidat En marche aux législatives 2017)
Artistes et vedettes de la télé

Keren Ann (musicienne)
Pierre Arditi (acteur)
Christophe Beaugrand (animateur télé)
Guy Bedos (humoriste)
François Berléand (acteur)
Stéphane Bern (animateur)
Jean-Pierre Castaldi (comédien)
Emmanuel Chain (animateur et producteur télé)
Dani (chanteuse)
Catherine Deneuve (actrice)
Jean-Marc Dumontet (producteur de spectacles et propriétaire de théâtres parisiens)
Cyrille Eldin (animateur télé)
Danièle Évenou (actrice)
Geneviève de Fontenay (ancienne présidente du comité Miss France)
Guillaume Gallienne (acteur et réalisateur)
Françoise Hardy (chanteuse)
Catherine Laborde (animatrice télé)
Catherine Lara (musicienne)
Vincent Lindon (acteur)
Fabrice Luchini (acteur)
Macha Méril (actrice)
Bernard Montiel (animateur télé)
Renaud (chanteur)
Line Renaud (actrice)
Marjane Satrapi (auteur de bande dessinée et réalisatrice)
Régis Wargnier (réalisateur).

Sportifs

Yohan Cabaye (footballeur)
Steve Mandanda (footballeur)
Wendie Renard (footballeuse).

Équipe rapprochée d’Emmanuel Macron au sein d’En marche

David Amiel (coordination du programme présidentiel avec Jean Pisani-Ferry)
Ludovic Chaker (spécialiste de communication, collaborateur de l’ancien directeur de Sciences-Po Richard Descoings, chargé de la direction des opérations à En marche)
Julien Denormandie (ancien directeur adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, secrétaire général adjoint d’En Marche)
Ismaël Emélien (conseiller pour la stratégie, la campagne et le développement d’En marche)
Sophie Ferracci (avocate d’affaires, ex-chef de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, idem au sein d’En marche pendant la campagne présidentielle)
Sylvain Fort (normalien, agrégé de lettres classiques, communicant passé par BNP Paribas et l’agence DGM, conseiller à la communication d’Emmanuel Macron)
Jean-Marie Girier (membre du PS, ancien chef de cabinet de Gérard Collomb à la mairie de Lyon)
Benjamin Griveaux (ancien du cabinet de Marisol Touraine, ex-vice-président du Conseil général de Saône-et-Loire, porte-parole d’Emmanuel Macron, chargé de la riposte)
Quentin Lafay (normalien, ancien du cabinet de Marisol Touraine et de celui d’Emmanuel Macron à Bercy, coordination du programme présidentiel avec Jean Pisani-Ferry)
Valérie Lelonge (assistante personnelle d’Emmanuel Macron à Bercy, puis à En marche)
Mounir Mahjoubi (entrepreneur, ancien président du Conseil national du numérique nommé par François Hollande, chargé de la campagne numérique d’Emmanuel Macron)
Sibeth Ndiaye (ex-secrétaire nationale en charge de la petite enfance au PS, ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, chargée de la communication et de la presse à En marche)
Jean Pisani-Ferry (économiste, ancien commissaire général de France Stratégie, membre de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron)
Grégoire Potton (ancien directeur de cabinet du secrétaire d’État Thierry Mandon, responsable des ressources humaines, du juridique, des finances et de la logistique à En marche)
Stéphane Séjourné (ancien du cabinet de Jean-Paul Huchon à la région Île-de-France, conseiller parlementaire d’Emmanuel Macron à Bercy, chargé des relations avec les élus à En marche).

Personnalités ayant appelé à voter pour Emmanuel Macron après le 1er tour

Laurence Abeille (députée EELV)
Brigitte Allain (députée EELV)
Danielle Auroi (députée EELV)
Clémentine Autain (conseillère régionale d’Île-de-France, porte-parole d’Ensemble !)
Joël Aviragnet (candidat PS aux législatives 2017)
Audrey Azoulay (ministre de la Culture)
Michel Barnier (négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, ancien commissaire européen – dans les commissions Prodi et Barroso –, cinq fois ministre dans des gouvernements RPR/UMP)
Esther Benbassa (sénatrice EELV)
Gérard Bapt (député PS)
François Baroin (sénateur LR, maire de Troyes, ancien ministre dans les gouvernements Villepin, puis Fillon II et III)
Luc Belot (député PS)
Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT)
Olivier Berné (chargé de recherche en astrophysique au CNRS)
Mathilde Bertrand (maître de conférences en civilisation britannique à l’université Bordeaux-Montaigne)
Erwann Binet (député PS)
Marianne Blanchard (maître de conférences en sociologie à l’ESPE Midi-Pyrénées)
Marie-Christine Blandin (sénatrice écologiste)
Michèle Bonneton (sénatrice EELV)
Jean-Michel Bony (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Corinne Bouchoux (sénatrice EELV)
Joseph « José » Bové (député européen EELV)
Michel Canevet (sénateur UDI)
Marie-Arlette Carlotti (députée PS, ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Bernard Cazeneuve (Premier ministre)
Bruno Chaudret (chimiste, membre de l’Académie des sciences)
Alain Claeys (député PS)
Marie-Françoise Clergeau (députée PS)
Sergio Coronado (député EELV)
Emmanuelle Cosse (ministre du Logement)
Ronan Dantec (sénateur EELV)
Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF)
Michèle Delaunay (députée PS)
Bernard Delcros (sénateur UDI)
Sébastien Denaja (député PS)
Jean Desessard (sénateur EELV)
Elsa Devienne (maître de conférences en histoire et civilisation américaine à Nanterre)
Cécile Duflot (députée EELV ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Yves Durand (député PS)
Christian Eckert (secrétaire d’État chargé du Budget)
Raphaël Enthoven (philosophe, animateur)
Christian Estrosi (premier adjoint LR au maire de Nice, président de la métropole Nice Côte d’Azur et de la région PACA)
Dominique Faure (candidate UDI aux législatives 2017)
François Fillon (député LR, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle 2017)
Valérie Fourneyron (députée PS, ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Jean-Marc Gabouty (sénateur UDI)
Jean-Michel Galano (philosophe)
Clélia Gasquet-Blanchard (maître de conférences en géographie, École des Hautes Études en santé publique)
André Gattolin (sénateur EELV)
Raphaël Glucksmann (essayiste)
Jacqueline Gourault (sénatrice UDI)
Christophe Granger (enseignant en histoire, université Paris I)
Benoît Hamon (député PS, ancien ministre dans les gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I, candidat à l’élection présidentielle 2017)
Cyril Hanouna (animateur et producteur télé)
Anne Hidalgo (maire PS de Paris)
Sabina Issehnane (maître de conférences en économie à l’université de Rennes II)
Yannick Jadot (député européen EELV)
Laurent Joffrin (journaliste, directeur de la rédaction et de la publication de Libération)
Alain Juppé (maire LR de Bordeaux, ancien Premier ministre de Jacques Chirac)
Jean-Pierre Kahane (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Patrick Klugman (avocat, adjoint aux relations internationales et à la francophonie d’Anne Hidalgo)
Nathalie Kosciusko-Morizet (députée LR)
Joël Labbé (sénateur écologiste)
Françoise Laborde (sénatrice PRG)
Arnaud Lafon (maire LR de Castanet)
Jean-Jacques Lasserre (sénateur UDI)
Pierre Laurent (sénateur, secrétaire national du PCF)
Ivan Lavallée (informaticien, universitaire proche du PCF)
Dominique Lefebvre (député PS)
Stéphane Le Foll (ministre de l’Agriculture, porte-parole du gouvernement)
Patrick Le Hyaric (député européen PCF, président et directeur du groupe L’Humanité)
Bruno Le Maire (député LR, ancien ministre des gouvernements Fillon II et III)
Yohann Le Moigne (maître de conférences en études américaines à l’université d’Angers)
Noël Mamère (député écologiste)
Pierre Mansat (ancien conseiller de Paris, adjoint PCF de B. Delanoë puis d’A. Hidalgo chargé de Paris Métropole)
Pierrick Martin (chargé de recherche en astrophysique au CNRS)
Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT)
Frédérique Massat (députée PS)
Sandrine Mazetier (députée PS)
Michel Mercier (sénateur UDI, ancien ministre des gouvernements Fillon II et III)
Christian Namy (sénateur UDI)
Emmanuelle Perez (maître de conférences en histoire à l’université de Toulouse)
Christian Picquet (membre du comité exécutif national du PCF)
Edwy Plenel (président et cofondateur de Mediapart, ancien directeur de la rédaction du Monde)
Audrey Pulvar (journaliste, animatrice télé)
Jean-Pierre Raffarin (sénateur LR, ancien Premier ministre de Jacques Chirac)
Dominique Raimbourg (député PS)
Gérard Roche (sénateur UDI)
Jean-Louis Roumégas (député EELV)
Ségolène Royal (ministre de l’Environnement, candidate à l’élection présidentielle 2007)
Éric Ruf (acteur, administrateur général de la Comédie-Française)
Arnaud Saint-Martin (chargé de recherche en sociologie au CNRS, université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Évariste Sanchez-Palencia (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Michel Sapin (ministre de l’Économie et des Finances)
Nicolas Sarkozy (ancien président de la République)
Éva Sas (députée EELV)
Gilles Savary (député PS)
Paul Schor (maître de conférences en histoire à l’université Paris-Diderot)
Thierry Solère (député LR)
Dominique Sopo (président de SOS Racisme)
Jennifer Tamas (professeur de littérature française à l’université de Rutgers, New Jersey, États-Unis)
Christiane Taubira (ancienne ministre des gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I et II)
Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales et de la Santé)
Jean-Jacques Urvoas (ministre de la Justice)
Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l’Éducation nationale)
Jean-Marie Vanlerenberghe (sénateur UDI)
Claire Voisin (mathématicienne, membre de l’Académie des sciences, directrice de recherche au CNRS).

Cette dernière liste devrait évidemment être beaucoup plus longue. Voir par exemple ces appels de sportifs, d’avocats et d’acteurs du monde la culture relayés par le site Internet de L’Express, magazine macronphile. On peut aussi signaler, parmi bien d’autres initiatives similaires, cet appel de psychanalystes ou celui-ci, émanant de soixante ambassadeurs.

Il faut aussi ajouter les treize anciens ministres des Affaires européennes qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron dans une lettre ouverte.

Nul besoin de soutenir Marine Le Pen pour constater qu’il y a comme un problème démocratique dans ce raz-de-marée en faveur d’Emmanuel Macron, qui est certes arrivé en tête au premier tour mais en profitant massivement du prétendu « vote utile » : « Seuls 65 % [des électeurs d’Emmanuel Macron] l’ont choisi parce qu’ils souhaitent qu’il soit élu président de la République », et seulement « 39 % […] affirment que, si le candidat d’En marche accède à l’Élysée, leur situation personnelle s’arrangera. » Ces éléments issus du principal journal économique relativisent nettement le poids électoral du « phénomène Macron ».

Les puissances d’argent ont réussi, via une intense propagande médiatique, à imposer leur candidat favori à la présidence de la République française. En donnant l’impression du neuf à de très vieux intérêts – les leurs –, elles ont accompli l’exploit de permettre la continuation de l’œuvre d’un président à l’impopularité record. Le marketing et la « com’ » fonctionnent, c’est indéniable, du moins dans une certaine mesure. Chapeau, bien joué.

Mais les dominants auraient tort de fanfaronner. Cette martingale n’est pas inépuisable. Et le peuple, particulièrement celui des classes populaires, ne souhaitait pas avoir un président au service des possédants, de l’oligarchie transnationale. Alors comment réagira-t-il à une politique farouchement pro-UE, pro-OTAN, pro-américaine et pro-mondialisation néolibérale ? Personne n’en sait rien pour l’instant mais gageons que les années à venir ne seront pas de tout repos pour le pouvoir.

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Considérations sur la stratégie Plan A-Plan B

Les propositions de la France insoumise pour changer l’Union européenne se sont beaucoup affinées, en sorte qu’on peut les examiner en détail et mieux discuter de la stratégie qui serait mise en oeuvre.

Par Tony Andréani • 2017: Libre discussion • Samedi 01/04/2017 • 0 commentaires  • Lu 1290 fois • Version imprimable

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Pour mémoire, elles partent du constat que l’Union n’est en fait qu’une désunion, qu’elle ne survit économiquement qu’en violant elle-même certaines de ses règles (la BCE outrepasse les fonctions de son statut), que sa désagrégation politique est déjà largement avancée, et qu’elle mènera finalement au désastre, sous l’effet de ses contradictions internes ou à l’occasion de la prochaine crise bancaire et financière, qu’elle n’aura su prévenir. Ce constat est parfaitement démontré, et s’aggrave encore si l’on voit les risques de guerre que le projet d’une défense européenne porte en son sein. L’idée est donc de sauver ce qui peut et devrait être sauvé d’un projet européen. Le problème est de trouver la bonne stratégie.

Commençons par écarter le reproche d’irréalisme dans la conjoncture actuelle.

Si ce n’est pour aujourd’hui, ce sera pour demain

Il n’y a pratiquement aucune chance que Mélenchon remporte la présidentielle, les astres s’étant mal alignés, mais la campagne impose que l’on fasse comme si.

S’il devait arriver quand même une divine surprise, la partie serait très difficile à jouer. Il faudrait disposer, dans l’actuel régime présidentiel même, d’une majorité parlementaire pour mettre en œuvre le programme de la France insoumise. Or cela supposerait que ses candidats soient en majorité à l’Assemblée ou du moins trouvent suffisamment d’alliés du côté du PCF et surtout du PS, chose improbable tant les divergences sont fortes. Mais surtout, sur la question européenne, la seule possibilité serait, puisque tous les partis dits « de gouvernement » restent européistes (ce qui restera des députés labellisés PS l’étant aussi), de se résoudre à une coalition de circonstance avec le Front National, Debout la France et quelques autres députés souverainistes. Cela va d’autant moins de soi que ces derniers sont sur une ligne nationaliste pure et dure, et qu’ils répugneront à tout accord avec ce qui leur apparaît comme une gauche extrême.

Mais, je dirai, il faut voir plus loin. C’est cinq ans après, ou même avant, si la situation en Europe se détériore gravement, que se présentera la nouvelle échéance, et il est évident qu’il faut y être prêts et avoir fourbi ses arguments et les avoir popularisés. La question de la stratégie se posera demain comme aujourd’hui et elle n’en sera que plus pressante. Elle reposerait, comme on le sait, sur deux temps, un plan A, qui serait l’objet d’une négociation avec les partenaires européens, et un plan B, qui serait mis en oeuvre en cas d’échec de cette négociation. Voyons d’abord ce qu’il faut entendre par plan B.

Les équivoques sur le plan B

Lors de la campagne de 2005 contre le Traité constitutionnel européen il y eut de nombreuses propositions pour un plan B et, dans l’esprit de beaucoup de gens, le plan B signifiait ce changement des Traités qui devait modifier en profondeur le visage de l’Union européenne. Mais le plan B présenté aujourd’hui par la France insoumise semble, selon une première lecture, aller plus loin : ce serait une sortie complète et unilatérale des Traités, qui ferait suite à un échec total des négociations sur un plan A.

Si j’ai bien compris, il ne s’agirait pas de mettre eu œuvre l’article 50 des Traités, c’est-à-dire d’acter un divorce définitif avec l’Union européenne, mais seulement de s’émanciper totalement des Traités. L’Union, n’ayant pas le pouvoir juridique d’exclure la France, ne pourrait que prendre des sanctions, sanctions auxquelles notre pays répliquerait par des mesures adéquates : arrêt du versement de notre contribution au budget européen, mise en place d’un contrôle des marchandises et des capitaux à nos frontières. Dans cette situation de blocage, il serait, estime-t-on, de l’intérêt des uns et des autres de trouver une porte de sortie, d’aller « vers des formes moins intégrées et plus hétérogènes de coopération, redonnant aux Etats l’essentiel de leur souveraineté, préservant un marché commun et une coopération monétaire plus souple », cette dernière pouvant prendre la forme d’un retour à l’ancien système monétaire européen (le SME), mais amélioré. C’est ce que Jacques Généreux appelle le « plan B+ »1.

On voit ici la différence entre ce plan B et les positions du Front national ou d’autres souverainistes. Marine Le Pen envisage aussi des négociations avant d’actionner l’article 50, mais ces négociations ne feraient que préparer la sortie de l’Union (qui se ferait par référendum). Il s’agit donc de s’entendre sur les suites d’un Frexit, comparable au Brexit, mais en prenant de l’avance, c’est-à-dire d’exiger les quatre souverainetés (politique, monétaire, budgétaire et territoriale) et de voir en même temps quels liens pourraient encore subsister. Ce qui, on le sait par l’exemple de la Grande Bretagne, est loin d’être simple : celle-ci ne voulant rien céder sur sa souveraineté territoriale (donc sur le contrôle de l’immigration en provenance d’autres pays européens, ce qui est contraire au principe de leur libre circulation), les dirigeants de l’Union menacent de lui couper l’accès au marché commun et notamment l’accès financier, et la négociation doit durer deux ans. La France insoumise, elle, souhaite rester au sein d’une Union européenne, mais refondée sur des bases tout à fait nouvelles. Et elle estime qu’elle peut tenir la dragée haute à l’oligarchie européenne, et notamment à l’Allemagne, car la sortie définitive de la France du cadre européen signifierait la fin de l’Union. Alors que la sortie de la Grande Bretagne n’est pas vitale pour celle-ci, du fait qu’elle ne faisait pas partie de la zone euro et n’envisageait nullement de la rejoindre, qu’elle bénéficiait déjà de nombreuses dérogations et qu’elle est en quelque sorte excentrée par rapport au Continent, la sortie de la France, pays fondateur, 2° économie de ce Continent, ayant des affinités avec les pays du Sud de l’Europe, signerait l’acte de décès de toute forme d’Union. Pour de vulgaires raisons économiques d’abord : d’autres pays de la zone euro, ligotés par ses contraintes monétaires et budgétaires, se retrouveraient par rapport à elle en mauvaise posture. Mais surtout pour des raisons politiques.et culturelles.

De ce fait, la simple menace d’un plan B en cas d’échec des négociations sur le plan A jouerait déjà, comme un chiffon rouge, en faveur de la France lors de ces négociations elles-mêmes, et plus encore si d’autres pays lui emboitaient le pas. Sur ce pouvoir dissuasif, sur le rapport de force qu’il permettrait, je pense qu’on peut être pleinement d’accord.

Mais il y a une deuxième lecture du plan B, c’est celle qu’en donnait Mélenchon lors de la dernière rencontre avec des tenants de la gauche dite radicale qui a eu lieu le 11 mars dernier à Rome : « le plan B, c’est le plan A maintenu » avec ceux qui en seraient d’accord, après l’échec de la négociation engagée par la France, donc un plan beaucoup plus ambitieux et substantiel pouvant, si je comprends bien, entraîner une scission de l’Union entre les pays fidèles au statu quo et les pays rebelles, une fois surmontées les divergences éventuelles entre ces derniers. Car le plan A est fortement charpenté, ainsi qu’on va le voir.

Quel contenu pour le plan A ?

L’application du programme de la France insoumise serait non négociable, ce qui implique de fortes ruptures avec les Traités, dont voici l’essentiel 1° une réforme des statuts de la Banque de France, lui donnant la capacité de financer la dette publique et d’avoir sa propre politique de crédit, ce qui est interdit par les Traités ; 2° une récusation de toutes les contraintes budgétaires inscrites dans le TSCG, avec sa fameuse règle d’or, Traité ratifié en 2012 par l’Assemblée nationale et par la presque totalité des autres Etats européens, y compris certains extérieurs à la zone euro. Ce qui va bien plus loin que les timides demandes de Benoît Hamon (à savoir exclure les dépenses d’investissement et les dépenses militaires du calcul budgétaire) ; 3° mettre en place une régulation financière nationale, qui aille bien au-delà des réformettes européennes, et un contrôle des capitaux, comme tel contraire au principe fondamental de la libre circulation des capitaux dans l’espace européen ; 4° cesser d’appliquer diverses directives liées à la politique de concurrence tous azimuts de l’Union, notamment celles concernant la libéralisation des services publics, qui est une machine de guerre pour imposer des privatisations (par exemple dans les domaines de l’énergie ou du transport par voie ferrée), et celle relative aux travailleurs détachés, assise sur le principe de la libre circulation des travailleurs dans l’espace européen ; 5° refuser de ratifier le CETA et tout autre éventuel traité de libre-échange négocié par la Commission (sous mandat européen).

On le voit, cette politique unilatérale est une politique du fait accompli, mais elle aura été annoncée dans un mémorandum adressé aux institutions européennes et expliquée à nos autres partenaires pour leur montrer qu’elle serait bénéfique à tous. Mais alors, que resterait-il à négocier ?

En voici l’essentiel pour ce qui concerne la zone euro : 1° une réforme de la BCE visant à changer ses missions (ne plus les confiner à un contrôle de l’inflation), à lui permettre de financer directement la dette des Etats en achetant directement (et non sur les marchés) ses titres ; 2° un règlement des dettes publiques insolvables (par rééchelonnement, baisse des taux et annulations) – à comparer avec la proposition de Benoît Hamon d’une simple mise en commun des dettes supérieures à 60% du PIB pour les faire bénéficier de taux d’intérêt plus avantageux ; 3° un abandon des critères de Maastricht (déficit budgétaire limité à 3% du PIB, dettes publiques inférieures à 60% du PIB), critères arbitraires et inadaptés à des situations locales ; 4° une régulation stricte de la finance spéculative.

A quoi il faudrait ajouter, à l’échelle de l’Union européenne toute entière ; 5° l’instauration d’un protectionnisme solidaire aux frontières de toute l’Union ; 6° une harmonisation sociale et fiscale progressive, avec une clause de non-régression (pour les pays qui ont les normes les plus élevées) ; 7° la fin de la libéralisation des services publics et la révision de la directive sur les travailleurs détachés, l’autorisation des aides publiques aux entreprises ; 8° la réorientation de la politique agricole.

Mais les problèmes de fond générés dans la zone euro par la monnaie unique ne seraient pas résolus pour autant, car celle-ci n’est pas vraiment soutenable sans une Union de transferts permettant, comme dans n’importe quel Etat fédéral et grâce à un important budget fédéral, de compenser les déséquilibres de toutes sortes entre les pays. Seraient donc proposés aussi à la négociation soit le retour à un système monétaire européen liant des monnaies nationales retrouvées (l’ancien « serpent monétaire », mais assorti d’un contrôle des mouvements de capitaux), soit la transformation de l’euro en simple monnaie commune, liant les monnaies nationales entre elles par un système de parités fixes, mais révisables, et fonctionnant comme unité de change vis-à-vis des pays extérieurs à la zone euro.

Cette stratégie de négociation autour d’un plan A pose cependant un certain nombre de problèmes.

Les marges possibles pour une telle négociation

Ainsi présenté, le plan A a sa cohérence, mais ne laisse guère de place à une négociation, en dehors des deux options pour sortir de la monnaie unique. Il ne serait pas cependant « à prendre ou à laisser ». Si certains partenaires refusaient l’une ou l’autre de ces exigences, on leur demanderait seulement d’accepter une clause d’opting out (une dérogation) pour notre pays, par exemple en ce qui concerne la libéralisation des services publics ou la régulation financière, où nous aurions, de toute façon, déjà pris des décisions de manière unilatérale.

En fait les marges de manœuvre seraient bien limitées. En optant pour un certain nombre de décisions unilatérales non négociables, la France aurait déjà largement fait « bande à part ». On peut estimer et espérer qu’elle entrainera d’autres pays dans son sillage, mais ce ne sera pas dans le même mouvement, car chacun aura son calendrier politique propre (il y faudrait des changements de majorité). Quant à la négociation, il paraît impossible qu’elle se fasse dans des délais courts (on a parlé de deux mois, ou de six mois), tant elle implique au terme du processus un changement complet d’orientation, avec l’adoption de nouveaux traités à 19 (pour la zone euro) ou à 27 (pour l’Union dans son ensemble), ou du moins de modifications très substantielles au Traité de Lisbonne. On peut imaginer sans peine les résistances et les blocages venant de toutes les forces conservatrices et libérales en Europe, qui n’oseront sans doute pas s’opposer à la négociation, avec l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes d’un passage au plan B, voire d’une sortie complète de l’Union, mais qui feront trainer les choses en longueur, multiplieront les arguties, annonceront les pires catastrophes etc. Si bien que la refondation de la zone euro et de l’Union pourraient demander des années, années pendant lesquelles les institutions européennes feront de l’obstruction et les forces financières feront feu de tout bois pour couler le projet.

Ceci conduit à deux considérations : il faudrait gagner la bataille idéologique pour créer un climat favorable à la négociation ; et, pour ce faire, ce n’est pas seulement le fonctionnement économique de l’Union qu’il faudrait proposer de changer, mais aussi son fonctionnement politique 

Les idées force pour une Europe de la coopération

L’Europe actuelle est celle de la concurrence non seulement entre les entreprises, mais encore entre les Etats (c’est au cœur de l’ordo-libéralisme). C’est devenu parfaitement clair pour nombre d’analystes, mais aussi, de manière plus confuse et plus empirique, pour les populations. Les appels constants à plus de compétitivité par rapport aux voisins, donc en définitive à plus de déflation salariale (en oubliant ses effets pervers sur la demande à l’échelle de l’Union), les délocalisations d’entreprises vers les pays de l’Est, les différences dans les salaires et les normes agricoles, les refus bruxellois des interventions des Etats nationaux dans leurs problèmes économiques (pour donner un exemple récent, l’opposition de la Commission à l’instauration de plate-forme publiques dans le transport ubérisé), et bien d’autres faits patents sont désormais au cœur des problèmes sociaux quotidiens. Même si les citoyens européens restent souvent, mais de moins en moins, favorables à l’euro et au maintien de leur pays dans l’Union, la défiance gagne sans cesse du terrain.

Or la réponse à cette crise, que plus personne, même les plus euro-béats, ne peut nier, est tout sauf convaincante. Résumons. Les pays de l’Est ne veulent absolument pas d’une harmonisation fiscale et sociale et s’opposent farouchement à une « Europe à plusieurs vitesses ». L’idée d’une plus forte intégration de la zone euro, soutenue par de nombreux économistes français dans un large spectre politique comprenant toutes les nuances du libéralisme (de l’Institut Montaigne à Thomas Piketty), ne séduit nullement une Allemagne qui n’entend pas contribuer à un budget de la zone euro dont elle serait la première contributrice et qui se refuse à toute mutualisation des dettes, ne voulant pas payer pour des pays qui se comporteraient comme des cigales, et, bien sûr, hostile à toute renégociation des dettes, qui pénaliserait ses épargnants. Enfin ce saut fédéral n’est pas un pas en avant vers une plus forte autonomie monétaire et budgétaire de la zone euro, dans la mesure où il continue à reposer sur une acceptation pleine et entière de la mondialisation financière : il s’agirait seulement de rassurer les investisseurs internationaux et de calmer les spéculateurs2. L’existence d’un Parlement de la zone euro (qui a la faveur, entre autres, de Benoît Hamon) n’est aucunement susceptible d’enthousiasmer des citoyens déjà très peu favorables à l’actuel Parlement européen (cf. le peu d’intérêt et le record des abstentions aux élections européennes). Dans ces conditions la grande majorité ne souhaite pas « plus d’Europe », mais moins.

C’est dans une telle situation de crise profonde que l’on pourrait populariser les traits d’une Europe réellement différente, préservant l’essentiel des souverainetés nationales, ce qui implique une réduction drastique de nombre de compétences communautaires, de telle sorte qu’on ne mette en commun que ce qui est dans l’intérêt de tous.

Dans cette mise en commun on peut citer la solidarité commerciale d’un marché commun des marchandises, sans droits de douane et avec des normes unifiées (comme les certifications CEE), la solidarité bancaire avec quelques normes identiques pour assurer la solidité des banques et la fluidité des prêts interbancaires (ce qui a été à peine commencé avec l’Union bancaire), un socle social plus élevé (par exemple une durée maximale du travail qui ne soit plus celle de 48 heures), une solidarité environnementale (par exemple une fourchette maximale pour les émissions de CO2 et un calendrier de réduction), une solidarité sanitaire (avec l’interdiction des produits dangereux), une harmonisation fiscale (avec également des fourchettes et une orientation générale). Dans ces domaines c’est plus d’Europe qu’il faudrait, en particulier s’agissant des compétences sociales et fiscales, qui relèvent aujourd’hui largement des compétences nationales. Toutes choses qui demandent effectivement des négociations, mais qui ne sont réalisables qu’avec un changement des Traités et des institutions (je vais y revenir).

Mais une Europe de la coopération, une Europe gagnant/gagnant se doit d’abandonner la monnaie unique, qui n’est qu’un carcan imposé aux pays de la zone euro. Car proposer seulement une réforme de la BCE (prêts directs aux Etats etc.) ne paraît pas suffisant pour compenser les déséquilibres entre pays et risque d’entraîner des conflits à n’en plus finir sur l’application de cette réforme (quel montant de prêts directs seront autorisés, selon quels critères, etc. ?).

C’est pourquoi je mettrais au centre de la négociation du plan A la transformation de cette monnaie unique en une monnaie commune. Car la monnaie commune, ce serait la preuve même d’une Europe coopérative, qui ne mette en commun que ce qui doit l’être pour éviter tant un dictat des pays les plus puissants qu’une guerre des monnaies. La coordination se ferait à travers l’ajustement des parités selon des critères objectifs, qui sont les différentiels d’inflation, de coûts du travail, de fiscalité et de balances courantes. Les monnaies nationales seraient échangeables auprès de la BCE, qui fonctionnerait comme organisme de change, et seraient dévaluées ou réévaluées en fonction de ces critères. Expliquons rapidement.

Chaque pays est libre de sa politique monétaire et de sa politique budgétaire. Un pays pourrait par exemple effectuer une relance par l’investissement public, s’il choisissait d’adopter une politique de type keynésien, sans se trouver pénalisé, puisque l’inflation résultante serait prise en compte dans le calcul des parités. Il pourrait de même parer aux conséquences sur la balance courante de cette relance, s’il pouvait dévaluer de façon à maintenir l’équilibre en favorisant ses exportations. Il pourrait également décider de sa politique salariale s’il pouvait dévaluer (ou réévaluer) en fonction de la différence de ses coûts du travail avec les autres, et il en irait de même pour la politique fiscale. Bref il serait entièrement libre de ses décisions s’il pouvait ajuster sa monnaie. Voilà qui serait extrêmement dommageable pour l’Allemagne et quelques pays du Nord qui ne pourraient plus profiter à sens unique des avantages de la monnaie unique. Mais c’est là qu’il leur faudra choisir : domination ou coopération. Opter pour la coopération, qui en réalité est finalement profitable à tous (car les pays en mal de croissance se porteront mieux et la demande globale en sera améliorée), c’est la seule façon de se montrer véritablement européen. Tout cela est assez facile à démontrer, et signifie que ce moins d’Europe monétaire est un plus pour l’Europe. Outre l’ajustement des taux de change, l’autre avantage de cette autonomie retrouvée est que les pays de la zone euro pourraient avoir la politique de crédit de leur choix (volume et affectation des crédits, taux d’intérêt), et que ceux qui auraient la politique de crédit la plus efficace pourraient faire école, au lieu de se faire dicter cette politique par une BCE qui est à l’écoute des marchés financiers internationaux et passe son temps soit à leur racheter des titres publics, soit à prêter aux banques des centaines de milliards d’euros qui ne vont guère à l’économie réelle et financent la spéculation. Bien entendu l’utilisation du taux de change et la maîtrise du crédit ne garantissent pas que la politique économique sera optimale, mais du moins ne sera-t-elle plus faussée par la monnaie unique.

L’idée d’un serpent monétaire amélioré est, elle, beaucoup moins coopérative et plus difficile à mettre en œuvre, car elle suppose un strict contrôle des mouvements importants de capitaux destiné à enrayer la spéculation, ou du moins une taxation de ces transactions financières (on sait que le projet d’une telle taxation, dans les pays européens volontaires, est toujours en panne actuellement).

Le nécessaire changement des institutions

Quel que soit le contenu de la négociation concernant la monnaie (monnaie unique, monnaie commune, serpent monétaire amélioré), il implique des modifications concernant les statuts et fonctions de la BCE et même sa disparition dans le troisième cas. Mais la négociation sur tous les autres aspects des Traités ne peut laisser intactes toutes les autres institutions : Conseil, Conseils des ministres (spécialement celui des Finances), Parlement. Quantité de compétences seraient retirées à l’Union. Par exemple la Commission resterait gardienne des nouveaux Traités, mais ne pourrait plus exercer de la même façon sa compétence (exclusive, rappelons-le) en matière de concurrence, et ne pourrait plus notamment jouer le rôle qu’elle joue dans la libéralisation des services publics et dans le rejet des aides d’Etat, ni envoyer des injonctions aux Etats en matière de déficit public. Le Conseil ne pourrait plus avaliser nombre de directives (qui, rappelons-le sont, en principe, de la seule initiative de la Commission) sur la libre circulation des capitaux et des travailleurs, ou sur la régulation financière et les réformes bancaires, dans la mesure où elles seraient contraires à la législation nationale qui viendrait d’être adoptée et qui aurait servi de base à la négociation. Ou alors il ne pourrait le faire qu’en prenant son parti d’un grand nombre de clauses d’opting out concédées à la France, et probablement réclamées aussi par d’autres pays. Même limitation des pouvoirs du Parlement (dans tous les domaines de la co-décision). Il reste enfin la montagne des directives et règlements concernant les produits et les services, qui sont à l’initiative d’une Commission étroitement liée aux grands intérêts commerciaux et financiers. Comme un grand nombre de ces directives serait contraire aux impératifs écologiques et sanitaires attachés à des politiques nationales en rupture avec le consumérisme et la dégradation de la santé, il faudrait dresser une nouvelle liste d’exemptions. Ce serait une belle pagaille.

Il est possible que l’on ne puisse mieux que de lister et négocier toutes ces clauses d’opting out, car il sera difficile de mettre d’accord 27 pays sur tous les aspects d’un nouveau Traité. Cela peut certes faire bouger les choses, mais ne donnerait aucun souffle nouveau à la construction européenne. Aussi paraît-il nécessaire de mettre la barre plus haut, et de proposer un changement complet des institutions. Car, on le sait bien, celles-ci sont profondément anti-démocratiques : une Commission pratiquement irresponsable politiquement (à l’exception de cet oral de passage devant le Parlement que doivent passer son Président et ses commissaires proposés par les chefs d’Etat et de gouvernement) ; un Conseil dont les membres ne consultent généralement pas leurs Parlements et qui fonctionne de manière opaque, des Ministres qui font de même et ne répondent que devant leurs chefs d’Etat ou de gouvernement ; un Parlement qui fonctionne quasiment sans lien avec les Parlements nationaux3 et où le travail se fait trop vite et essentiellement en commissions. C’est tout cela que les opinions ne supportent plus et qui nourrit soit l’euro-scepticisme, soit l’europhobie. Aussi serait-il hautement symbolique de proposer une refonte complète de ces institutions à la fois pour leur redonner un crédit démocratique et pour restituer aux Parlements nationaux non seulement des domaines entiers de compétence, mais encore un droit de contrôle, et même, le cas échéant, de veto. Il y aurait ici plusieurs architectures possibles4.

Conclusion

Une sortie de la France de l’Union européenne – et pas seulement des Traités – ne serait pas la catastrophe annoncée par les économistes patentés. La plupart de leurs arguments, qui couvrent des pages entières des principaux médias, sont faux ou biaisés (je n’ai pas la place pour les discuter ici). Mais ce serait bien la catastrophe pour une Union européenne, dont elle signerait la fin, dans un chaos total, vu le fait que les économies des pays européens sont étroitement interconnectées (la moitié du commerce international se fait entre eux). Le Brexit n’en donne qu’un avant-goût. Par conséquent la stratégie plan A/plan B est certainement, quels que soit les problèmes qu’elle pose, la bonne stratégie, celle qui devrait finir par s’imposer. Et la France est bien mieux placée que tout autre pays pour la mettre en œuvre, car elle peut disposer du rapport de force nécessaire. Car, n’en doutons pas, seul un rapport de force peut ébranler l’immense nomenklatura qui s’est installée dans tous les postes de commande de l’Union et s’est incrustée jusqu’au cœur des élites nationales (par exemple chez nous dans ces forteresses de l’appareil d’Etat que sont l’ENA, le Ministère de l’économie et la Banque de France).

Il est significatif que la question européenne soit largement évacuée dans le contexte de l’actuelle campagne présidentielle par la plupart des candidats et mise sous le tapis dans les grandes messes télévisuelles, laissant toute la place à Marine Le Pen et à d’autres petits candidats farouchement souverainistes pour en parler. Pourtant c’est bien elle qui structure en profondeur les mouvements de la plaque tectonique politique en France et aussi dans d’autres pays. C’est en bonne partie de par son adhésion à l’euro-libéralisme que la social-démocratie s’est déportée vers le social-libéralisme et condamnée au déclin ou à l’explosion. C’est le fédéralisme sournois européen qui, en servant de répulsif, a fait progresser partout la droite identitaire, au détriment de la droite classique. C’est la soumission européenne au capitalisme financiarisé qui a ouvert un espace à la gauche dite radicale, et plus largement à la contestation du mode de production, d’échange et de consommation qui est lié à ce capitalisme. En France, il faut le reconnaître, c’est la France insoumise qui a entrepris de prendre à bras le corps la question européenne, contre l’européisme ambiant (y compris au sein du PCF et de EELV), en la simplifiant parfois à l’excès5. C’est à tous les intellectuels critiques d’y consacrer plus d’analyses et d’engagement.

1 Cf Jacques Généreux, Les bonnes raisons de voter Mélenchon, Les liens qui libèrent, février 2017.

2 Voici en effet les arguments des défenseurs de l’union budgétaire. Un budget de la zone euro servirait d’abord à gérer les dettes issues du passé en en mutualisant une partie, ce qui rassurerait les créanciers. Il s’agit ensuite, dans la continuité du mécanisme européen de stabilité (le MES), en créant une sorte de FMI européen, de prêter aux Etats en échange de programmes d’ajustement structurel (on sait ce que cela veut dire avec l’exemple de la Grèce). Pour cela on emprunterait aux investisseurs et aux banques internationaux à meilleur coût, parce qu’on les assurerait que les dettes publiques leur seront remboursées cash. Il s’agirait enfin de se servir du budget de la zone euro, assis sur un impôt adéquat, pour stabiliser par des investissements opportuns la croissance de la zone, et encore une fois, donner confiance aux investisseurs. A aucun moment il n’est envisagé que les Etats puissent se financer autrement (par la BCE, par les investisseurs nationaux (ménages, banques et compagnies d’assurance), ni que le budget de la zone euro ne fasse appel qu’aux investisseurs de la zone. D’une manière générale il faudrait servir aux marchés financiers une bonne rente, et le meilleur moyen à cet effet est de peser sur les salaires.

A noter aussi qu’un budget de la zone euro impliquerait un Ministre des finances, comme il y a un Directeur du FMI. On frémit l’idée qu’il puisse être le Dr Schauble.

3 Il existe bien dans le Traité de Lisbonne une disposition qui prévoit une information des Parlements nationaux sur tout projet de directive et un droit pour ceux-ci d’émettre un avis motivé, mais ce dernier est soumis à de telles restrictions qu’il reste pratiquement lettre morte.

4 J’en ai proposé une dans Crise européenne.Posologie du fédéralisme, Note de la Fondation Gabriel Péri, 2013, téléchargeable, où je m’explique aussi sur l’emploi du terme de Nomenklatura européenne.

5 Dans le discours de Jean-Luc Mélenchon est surtout mis en avant le dépassement de la concurrence sociale et fiscale, sujet certes essentiel et parlant au plus grand nombre, mais qui n’est qu’une partie du problème et semble être encore dans la continuité de la thématique ressassée depuis trente ans d’une « Europe sociale », laquelle fut l’arlésienne de la gauche française. Certes Mélenchon y ajoute les risques sérieux de guerre liés à une Europe de la défense et la nécessaire sortie de l’OTAN, ce qui est aussi un thème fort. Mais la question est de savoir s’il ne fallait pas aller plus loin. Sauf à juger que l’opinion n’est pas encore suffisamment mûre.

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Quels sont les enjeux décisifs de l’heure ?

Pourquoi voter Mélenchon ?

Par Alain Chicouard • 2017: Libre discussion • Lundi 17/04/2017 • 0 commentaires  • Lu 168 fois • Version imprimable

Bien au-delà des bavardages électoraux, les questions majeures de la situation sociale et politique sont clairement établies dans les déclarations dépourvues de toute ambiguïté , des Fillon, Macron, Gattaz, Kessler (cf annexe 1). En finir avec le Code du Travail et les conventions collectives, en finir avec la Sécu fondée sur les cotisations sociales, tels sont, entre autres, les objectifs affichés….

C’est, avant tout, par rapport à ces enjeux décisifs qu’un débat sur la position à prendre le 23 avril au premier tour des Présidentielles s’impose.

Certes, ce n’est certainement pas sur le terrain de ces élections que se régleront les questions sociales en jeu. Pour autant, ce serait une position purement doctrinaire et idéologique que de se contenter à répéter ce fait et de se mettre sur l’Aventin en se limitant à la réaffirmation de la nature bonapartiste de telles élections pour justifier aujourd’hui une position abstentionniste.

Jusqu’au début avril, je demeurais convaincu, vu l’impasse politique, qu’en fin de compte, l’abstention était la seule position acceptable. Les développements de ces dernières semaines et de ces derniers jours m’ont amené à reprendre l’analyse de la situation et à changer d’angle.

La déclaration largement médiatisée de L. Berger, secrétaire général de la CFDT, du 8 avril, qui a joué un rôle pivot dans l’adoption des contre-réformes de Hollande, au premier chef de la loi El Khomri, appelant à combattre la candidature Mélenchon, qualifiée de « menace totalitaire » est, entre autres éléments, un facteur éclairant.

Il existe aujourd’hui une donnée incontournable : bien au-delà de sa personnalité et de son programme, Mélenchon est, pour les partisans de la loi El Khomri et de la remise en cause des acquis sociaux, l’homme à abattre. Pourquoi ?

Il n’y a aucune illusion à avoir sur Mélenchon : même s’il est très positif qu’il se prononce notamment pour l’abrogation de la loi El Khomri et pour l’élection d’une Assemblée Consituante, il demeure, sur le fond, un « mitterrandiste » convaincu (cf annexe 2). Et on peut estimer que l’abandon du drapeau rouge et de l’Internationale au bénéfice du drapeau tricolore et de la Marseillaise est beaucoup plus qu’un choix symbolique…

En fait, ce qui inquiète le MEDEF et les milieux financiers, ainsi que leurs porte-parole politiques, ce n’est pas le tonitruant tribun Mélenchon, c’est le mouvement qui s’est enclenché autour de sa candidature. L’inquiétude, c’est qu’ indépendamment de ses fortes limites, ce mouvement rassemble et mobilise une force cherchant à faire échec aux mesures et aux projets anti-sociaux, une force qui menace l’opération  »Union républicaine » autour de Macron, une force qui annonce que – quelle que soit d’ailleurs l’issue de ces Présidentielles – la résistance ouvrière et populaire sera farouche.

A cette inquiétude s’en rattache une autre, celle exprimée très directement dans cette interrogation du journaliste du Figaro en direction de D. Kessler (cf annexe 1) prônant « un traitement de choc »:« Les Français accepteront-ils des réformes aussi profondes, ou tout cela ne finira-t-il pas dans la rue ? »

Bref, décider de voter et d’appeler à voter Mélenchon le 23 avril ne relève pas d’un choix tactique électoral. Il s’agit d’un choix politique concret refusant le confort « idéologique » d’une position apparemment plus radicale (telle que l’abstention ou encore le vote Arthaud ou Poutou) pour s’inscrire (sans illusion, mais avec détermination!) dans un mouvement qui, dans l’immédiat sur le terrain miné des Présidentielles et surtout demain dans les luttes sociales inévitables, peut contribuer au rassemblement de tous ceux qui veulent défendre et reconquérir tous les acquis sociaux et démocratiques.

Le 16 avril 2017.

Al. Ch.

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Votons Mélenchon!

Un article de Robert Duguet

Par Robert Duguet • 2017: Libre discussion • Dimanche 16/04/2017 • 0 commentaires  • Lu 308 fois • Version imprimable

J’écrivais dans mes notes à la date du 5 avril à propos de la campagne présidentielle cette conclusion :

« Je ne sais pas si je voterai dans cette élection d’où rien de bon ne sortira. J’observe que de nombreux citoyens vont s’abstenir, que même des groupes sociaux s’organisent pour agir en faveur de l’abstention. C’est un mouvement que je comprends. Par ailleurs une fraction importante de l’électorat de gauche, effet politiquement différé du mouvement social contre la loi  ElKhomri, se regroupe derrière Mélenchon, bien que ce dernier ait fait tout ce qui était en son pouvoir de faire, pour que son mouvement « France Insoumise », suite à la destruction du Parti de Gauche, échappe au contrôle de ceux et celles qui soutiennent sa candidature. Si je vote Mélenchon au premier tour ce sera sur une motivation très précise : tout ce qui concourt à la destruction du Parti d’Epinay est un bien pour les salariés et la jeunesse. Malgré lui, car n’oublions pas que la référence au mitterandisme chez lui n’a rien de sentimental, Mélenchon ne peut réaliser son ambition qu’en marchant sur les os du parti d’Epinay. Que le PS ne soit plus le parti en capacité d’assurer la survie des institutions de la Vème république intéresse tous ceux et celles qui veulent renverser ce régime pourri. On peut donc faire l’effort de voter Mélenchon. »

Le caractère très mouvant de la situation politique, la percée de Mélenchon qui rallie aujourd’hui des secteurs importants de la classe ouvrière et de la jeunesse, le mouvement de ceux et celles qui jusqu’à ce jour envisageaient l’abstention ou le vote blanc et qui sont conduits à voter pour le candidat de « France insoumise », sans le plus souvent partager ses positions, doit nous conduire à modifier notre propre appréciation. Ainsi la position des amis de Gérard Filoche exprimée dans « Démocratie et Socialisme », qui se sont battus avec acharnement pour l’unité Hamon-Mélenchon, fondée d’ailleurs sur le retrait de Mélenchon, est hautement significative. Aujourd’hui ils écrivent : «Jean-Luc Mélenchon est devenu le vote utile à gauche. » Mais laissons un instant de côté le théâtre d’ombre de l’électoralisme dans la Vème république et revenons à la méthode que nous donne le marxisme pour apprécier la situation présente. La survie de la Vème république a été assurée par l’alternance et la capacité du parti de Mitterand d’en assurer la continuité. S’il n’y a plus demain de parti du président, ni à droite, ni à gauche, le mouvement social qui monte en puissance depuis la bataille contre la loi El Khomeri, s’engouffrera dans la brèche. Nous sommes à un moment où la crise du régime va libérer une situation de nature pré-révolutionnaire : même avec les pauvres outils que laisse au peuple les institutions de la Vème république pour exprimer ses aspirations, la percée de la candidature Mélenchon est aujourd’hui significative de ce mouvement profond. Malgré la forêt de drapeau bleu-blanc-rouge, malgré la Marseillaise, malgré le caractère bonapartiste de sa candidature, malgré sa politique à l’international, malgré tout ce qui peut aujourd’hui nous opposer idéologiquement à lui, il est porté par un mouvement qui dépasse de très loin sa propre personne, et sa volonté de devenir un président-bonaparte de la fin de la Vème république.

Apprécions que tout ce qui peut permettre d’hâter la crise finale de la Vème république est bon à prendre, et celle non moins appréciable de la fin du parti d’Epinay, qui a assumé toutes les turpitudes et toutes les trahisons des intérêts vitaux de la classe laborieuse depuis 1983.

Alors votons Mélenchon !

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