LE CULTE DE L’ASCENSION SOCIALE …

Posté par 2ccr le 30 mars 2015

 meduseAvant la Seconde Guerre mondiale, accéder à la classe supérieure était du domaine du très rare. A l’issue du conflit, dans les années qui suivirent, ce fut une nouveauté historique, l’école républicaine a permis ce phénomène. La projection sur les enfants d’une ascension sociale était devenue un espoir couramment partagé, particulièrement parmi les classes moyennes. Les exemples d’ascension fulgurante étaient légions. Pour n’en prendre qu’un seul Pompidou : grand-père agriculteur, père instituteur, et lui-même président de la république.

Mais depuis la fin des années 70, la mobilité sociale de la société française a peu évolué. Les enfants du bas de la hiérarchie sociale ont énormément de mal à gravir les échelons. Les places sont de plus en plus chères et la lutte de plus en plus sévère. Beaucoup d’espérances sont déçues.

Mais qu’elle est la signification politique de cette fameuse ascension ? Quel rôle joue-t-elle dans les attentes de la population ? Quelle image véhicule t’elle et a quelle fins ? En fait, à toutes ces questions il faut comprendre que l’ascension sociale joue un rôle délétère. L’ascension sociale est un leurre qui n’a pour but que de donner de l’espoir à des gens qui n’ont aucune chance de participer au festin. Un peu comme la publicité des gagnants du loto envers les autres joueurs alléchés par des sommes astronomiques. Elle ne sert à rien d’autre que de valoriser « le self made man », avec comme récupération politique le fameux « quand on veut, on peut ». Ceci a comme but pernicieux de nous instiller que finalement nous sommes responsable de notre destin et que si on a réussi c’est qu’on le mérite. Pire cela sous-tend que le mérite du capitalisme est de favoriser la méritocratie.

Quelle est cette société qui nous fait miroiter que seul ceux qui ont du génie ont le droit de s’extraire de cette mélasse pégueuse que représente le prolétariat ? La société capitaliste nous fait inculque que cette ascension sociale n’est rien de moins que l’objectif d’une vie. Quelle est cette société qui nous fait nous mouvoir avec comme seul objectif celui de vouloir accéder à l’étage supérieur en enfonçant les autres et qui nous inocule le fantasme ultime de se trouver au sommet de la pyramide et de contempler les 40 décennies inégalitaires et odieuses du capitalisme.

Or cette pseudo avancée sociale réservé à une frange mineure nous fait nous détourner notre objectif majeur voir ultime : l’abrogation pure et simple des classes sociales. Il est évident que ce n’est pas pour demain car tout est fait pour que la sensibilité d’appartenance à une classe sociale soit effacée. D’ailleurs comme le disait Marx, une classe sociale ne peut exister que si elle a conscience d’être une classe. Actuellement, c’est difficile car les médias entretiennent la division en créant un fossé entre les jeunes/vieux, privé/public, immigré/français, religieux/athée. Il est d’autant plus important de supprimer les classes sociales que ce rapport de domination s’amplifie à travers les âges grâce à la transmission de la position sociale par héritage culturel et financier.

HUGAMBRULES

« Quand je suis arrivé au pouvoir, les multinationales recevaient 82% des revenus de nos matières premières et nous 18%. Aujourd’hui c’est l’inverse ! J’ai fait ce qu’il y avait à faire pour mon peuple.  J’attends maintenant qu’on m’assassine comme ils ont fait avec Chavez »…Evo Morales, Président de la Bolivie

Et … Parce qu’il faut bien rire un peu !

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LA RUCHE QUI DIT OUI : une fausse note dans la symphonie des abeilles

Posté par 2ccr le 28 mars 2015

abeille

Qui a échappé aux récentes publicités de certaines enseignes de grande distribution, orchestrant la promotion de légumes et fruits « moches », dont nous vantent à présent la qualité, ceux là mêmes qui durant des décennies ont dicté à l’agriculture leurs exigences pour que cette dernière fournissent au marché des légumes sélectionnés selon des critères esthétiques, tous calibrés à l’identique – et au besoin traités chimiquement et modifiés génétiquement pour ce faire-, des pommes de terres sans terre et javellisées, des tomates OGM parfaitement rondes mais sans saveur, de jolies pêches chargées de pesticides ? Marketing programmé ou simple revirement d’attitude, dû au fait que de plus en plus de consommateurs se détournent de ces aliments sans goût, pollués et trafiqués, et de ceux qui les vendent, pour chercher auprès de petits producteurs des denrées naturelles, saines et variées, peu importe. Il faudrait croire que ceux qui depuis 50 ans nous font manger de la merde vont désormais éduquer les gens à consommer autrement…

Les grandes surfaces de distribution se sont déjà attelées depuis quelques années à proposer des aliments dits de « commerce équitable », qui du reste n’en sont pas vraiment, des fruits dits « bio », ou des produits d’entretien dits « biodégradables », qui ne le sont pas plus. Les défenseurs du vrai commerce équitable qui fréquentaient déjà les boutiques Artisans Du Monde et les biocoops de quartier peuvent observer d’un œil amusé, mais tout de même méfiant, la soudaine conversion déontologique du mercantilisme capitaliste, qui se découvre subitement une conscience et un désir d’œuvrer au bien du client et du producteur, qu’il n’a fait jusqu’ici qu’exploiter : d’une part, sous prétexte de démocratisation du commerce équitable, qu’on prétend rendre accessible au plus grand nombre, on nivèle par le bas les normes mêmes de l’équitable, puisque la pression est mise sur les producteurs pour que les prix de leurs produits soient revus à la baisse et que leur respect des normes se limite au stricte minimum nécessaire à l’obtention du label ; d’autre part, en attirant les consommateurs, désireux de soutenir le commerce équitable, dans les supermarchés, on les détourne des structures associatives pionnières en la matière, mettant ainsi en péril l’existence du réseau qui a permis l’émergence et le fonctionnement d’un marché plus juste envers les petits producteurs et artisans, en particulier du Tiers Monde. Mais au fond, la disparition des modes alternatifs de consommation, qui intéressent de plus en plus de citoyens, n’est-elle pas précisément la finalité recherchée ?

C’est la question que pose également la récente création de l’entreprise « La Ruche qui dit oui », qui met en lien producteurs et consommateurs, par le biais d’une plateforme de vente en ligne et d’associations ou de petites sociétés, et que la complaisance de certains médias a fait un peu trop vite passer auprès du public pour un réseau de vente directe du paysan au consommateur, fondé sur des critères de consommation locale et de respect de la qualité des aliments, alors que cette entreprise ponctionne pour son rôle d’intermédiaire une marge de 20% TTC du chiffre d’affaire des ventes, destinée à rémunérer des responsables locaux, les quelques 45 salariés de l’entreprise mère Equanum à Paris, et ses actionnaires, Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), et Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmiton.org) ». Assurer au citoyen le droit de consommer des produits locaux, issus de l’agriculture biologique, et garantir aux agriculteurs travaillant dans le respect de l’environnement une rémunération juste et décente, c’est déjà la philosophie et la pratique auxquelles œuvrent les Amap (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) et autres associations de quartier, organisant des distributions de paniers, dans le cadre d’achat direct aux producteurs locaux. Mais il n’y est pas question que de consommer des produits sains. Il s’agit d’engagement et d’adhésion à des valeurs qui déterminent d’autres rapports humains et tissent d’autres liens sociaux : équité, altruisme, entre-aide et solidarité. Chaque membre donne un peu de son temps pour permettre au système d’être viable pour tous. Certes ces conditions, tout comme l’engagement des « Amapiens » pour des contrats de commande à moyen ou long terme (6 à 12 mois en général) peuvent être perçues comme des contraintes par le consommateur accoutumé à acheter ponctuellement, voire compulsivement, ce qu’il veut, quand il veut.

Certes… Donner de sa personne et de son temps pour le bon fonctionnement d’un bien commun, c’est une contrainte. Consommer des fruits et légumes de saison, c’est une contrainte –on entrave notre droit à manger des fraises pleines de pesticide en hiver et des brioches à l’huile de palme le dimanche-. Se soucier des autres, c’est une contrainte. Certes : la responsabilité est une contrainte, pour peu qu’on possède une définition bien enfantine de la liberté. Cependant en garantissant pour plusieurs mois des commandes aux paysans, ce système leur permet de ne pas exister au jour le jour, de pouvoir à leur tour s’engager et investir, et simplement vivre de leur activité et la planifier. Il est d’ailleurs amusant que la réflexion concernant l’aspect contraignant du système des Amap m’ait été faite par une personne salariée en CDI, et donc bien placée pour connaitre le bien-être que représente l’assurance de pouvoir vivre de son activité et prévoir un peu l’avenir. Pas sûr qu’elle soit d’accord, si demain on lui annonce qu’elle percevra son salaire pour un mois, sans savoir si le jour d’après elle pourra continuer à vivre de son travail, car c’est une contrainte pour son employeur de s’engager plus.

Pourtant c’est précisément sur ce type de réticences que s’appuie le discours de La Ruche Qui Dit Oui pour faire sa promotion : grâce à des commandes ponctuelles, elle se veut plus souple et moins contraignante pour le consommateur. Mais qu’en est-il de la situation du producteur ? Les plus petits sont condamnés à l’extinction, faute d’optique à longue terme, et de rémunération suffisante. Car en outre, contrairement aux Amap, le système de la Ruche octroie à son responsable local une marge de 8,35 (hors taxe, donc 10%TTC) du chiffre d’affaire des producteurs et à son siège parisien une autre marge du même montant. Une proportion au final pas si éloignée que cela de la marge prise par certaines grandes surfaces de distribution classique. Qui plus est, La Ruche ne se prive pas d’exercer des pressions sur les agriculteurs pour que les prix de leurs aliments ne soient « pas trop prohibitifs » (comprenez revus à la baisse).

En conséquence de cela, seuls les gros exploitants peuvent se permettre, pour écouler leurs marchandises, d’adhérer à ce système, qui de plus, n’exige pas que leurs produits soient issus de l’agriculture biologique, et étend la notion de localité des produits à un rayon de 250km. Le bio et la qualité à bas coût ne permettent qu’aux exploitations d’une certaine importance de survivre, tout comme l’équitable à bas coût, là où un commerce véritablement équitable non seulement fait vivre de petits artisans ou des micro-coopératives, mais contribue aussi à l’amélioration de la vie locale, au financement de l’installation d’un puits, de la fondation d’une école ou de la construction d’un dispensaire médical au village, par exemple. Ce que la Ruche entend par « souplesse », c’est qu’aucune implication personnelle n’est demandée aux adhérents, qui ne sont finalement rien d’autres que des clients, consommant de meilleurs produits certes, mais pas nécessairement dans le cadre d’une démarche éthique.

Après le libéralisme pas vraiment capitaliste, le bio avec de la vraie agrochimie dedans, l’équitable un peu inéquitable quand même, voilà donc la vente directe pas si directe que ça : en résumé, l’éthique sans trop d’éthique. Mais le plus grave ne réside pas dans une tromperie, qui ne vise à rien d’autre que récupérer des parts de marché qui commençaient à échapper à l’économie classique. Leurrer ainsi les gens sur la nature de l’offre a pour conséquence de mettre en danger l’existence même des systèmes commerciaux parallèles et véritablement éthiques. Certes on peut objecter que les alternatives au système consumériste classique ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer (on compte 1200 Amap en France fréquentées par 400 000 adhérents), et ne sont pas encore développées au point de lui faire de l’ombre –et encore moins de le concurrencer- . C’est oublier que les pouvoirs économiques et les idéologies politiques en place ont toujours craint la propagation des idées les remettant en question. Mieux vaut tuer l’idée dans l’œuf.

Miren

Lire également : CONSOMMATION : Le marché manipulé

« C’est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu’il en a reçu »… Albert Einstein

 

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CONSOMMATION : Le marché manipulé

Posté par 2ccr le 8 septembre 2014

 

L’idée de la souveraineté du consommateur repose sur l’idée absurde que les fabricants et autres attendent simplement que nous exprimions nos désirs pour ensuite se hâter de satisfaire nos demandes. Ces fonctions essentielles au fonctionnement des entreprises que sont le marketing et la publicité n’existent dans la théorie économique dominante que parce qu’ils nous informent sur l’éventail des choix possibles face auxquels nous pouvons satisfaire nos désirs autonomes.

Ainsi que l’écosocialiste Michael Löwy l’écrit : «Contrairement à ce que prétend l’idéologie du marché, ce n’est pas la demande qui commande l’offre, ce sont les entreprises capitalistes qui, très souvent, créent, par les différentes méthodes du marketing, par la manipulation publicitaire et par l’obsolescence programmée des produits, le marché pour leurs produits. La publicité joue un rôle essentiel dans la production consumériste de la demande, en inventant des faux «besoins» et en stimulant des habitudes de consommation compulsives

Il y a plus d’un demi-siècle, l’économiste libéral John Kenneth Galbraith a écrit  que la théorie de la souveraineté du consommateur ignore le fait que la «fonction centrale» de la publicité et du marketing est de «faire naître des besoins qui n’existaient pas auparavant.» Loin de simplement répondre aux désirs du consommateur, le marketing «créé les besoins qu’il cherche à satisfaire.» Prétendre que tout cet effort n’a aucun effet sur les acheteurs revient à dire, écrit Galbraith, que l’industrie gaspille des milliards de dollars sans aucun but. Cette idée est pour lui insensée.

Galbraith affirme que même lorsque la publicité ne parvient pas à convaincre quelques individus à acheter un produit spécifique, elle réalise une fonction plus générale au nom de l’ensemble du système : «L’action de conditionnement joue encore un autre rôle. Tout en assujettissant la demande à un contrôle serré, elle fait une propagande sans relâche en faveur des produits en général. Des premières heures de la matinée aux dernières heures de la soirée, les gens sont informés des services qu’ils peuvent attendre des produits, de tout ce qui les rend indispensables […] Moralement, nous admettons qu’abondance de biens n’est pas synonyme de réussite humaine ; dans la pratique, nous ne doutons pas qu’on la considère comme telle.»

Michael Dawson, dans son ouvrage The Consumer Trap [Le piège du consommateur], affirme que la publicité doit être comprise comme le fragment d’un ensemble plus large du processus de marketing destiné à changer les habitudes  consuméristes du commun des mortels : «Les grandes entreprises des Etats-Unis consacrent actuellement bien plus d’un billion de dollars par année pour le marketing. Cela représente le double des dépenses totales consacrées aux Etats-Unis à l’éducation – privée et publique – des jardins d’enfants aux universités. Cela revient à environ quatre mille dollars par année pour chaque homme, femme et enfant de ce pays.»

Il ne s’agit pas de laisser entendre que nous sommes seulement des victimes à la merci des monstres tout-puissants du marketing. Il est toujours possible pour certains individus de refuser d’être influencés par le processus du marketing ou même de se retirer complètement du système qu’il sert. De telles actions, ainsi que Galbraith l’affirme, n’ont que peu d’effet sur le système en tant que tel parce que le conditionnement de la demande a pour fonction d’influencer non des acheteurs individuels, mais la masse des gens, l’ensemble d’un marché potentiel.

Tout individu doué de volonté et de détermination peut se soustraire à son action. Cela étant, il ne saurait être question de définir une méthode particulière pour amener l’individu à acheter un produit quelconque. Ceux qui protesteront s’entendront tout naturellement rétorquer: «Libre à vous de ne pas marcher !» Mais, le risque est mince de voir les gens affirmer leur personnalité en nombre suffisant pour gêner le conditionnement du comportement de la masse.

Les acheteurs parviennent fréquemment à résister à la manipulation et il arrive que des campagnes publicitaires spécifiques échouent. En dépensant un billion de dollars chaque année en marketing, les entreprises ne se limitent toutefois pas à la promotion de certains types de produits : elles définissent les termes par lesquels le marché fonctionne, établissent l’étendue des choix admissibles et promeuvent l’expansion constante des besoins et des achats sur laquelle reposent leurs profits. Elles ne dépenseraient pas un tel volume d’argent si cela ne fonctionnait pas.

Le marché a rarement de rapport avec le choix ou la liberté, dans la mesure où ces derniers sont déterminés pour nous par avance, qu’il s’agisse de nouveaux modèles de voiture, de jouets ou de programmes de télévision: nous effectuons certes une sélection parmi eux, mais, quant à choisir vraiment, on peut difficilement considérer que nous avons voix au chapitre.

Source

« Un homme est riche en proportion des choses dont il sait se passer »…Henry THOREAU

 

 

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SERVICES PUBLICS, DERNIÈRE LIGNE DROITE AVANT LIQUIDATION…

Posté par 2ccr le 26 mars 2015

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Sous l’ère Sarkozy, le gouvernement a conduit un plan de casse sans précédent de la Fonction Publique et des services publics. Plus de 150 000 emplois supprimés en cinq ans dans la Fonction Publique de l’État, Révision Générale des Politiques Publiques, abandon de missions et privatisations, remise en cause du statut, allongement de la durée de la cotisation et de l’âge de départ à la retraite, gel des salaires et recul du pouvoir d’achat des fonctionnaires… les mauvais coups n’ont cessé de pleuvoir. Et, les « merdias » aux ordres de la propagande libérale ont largement contribué à véhiculer une image caricaturale du fonctionnaire.

En 2012, avec l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité élue pour mettre en œuvre le changement, l’espoir était permis, mais dans les faits, nous constatons le prolongement des politiques antérieures au nom de la résorption de la dette publique. Le but recherché n’est pas de rembourser la dette mais bien de privatiser, de plus en plus, de plus en vite, y compris ce qui ne l’a pas encore été, de contrôler ce que nous mangeons et cultivons, et pourquoi pas de taxer l’air que nous respirons, et qu’ils  nous laissent gratuitement pour le moment dans leur immense bonté. La dette n’est pas le but mais le prétexte.

En France, comme en Europe, la Fonction Publique constitue un cœur de cibles des politiques libérales. Il s’agit tout bonnement de faire payer aux populations la crise d’un système économique et financier qui profite à une minorité de privilégiés. Ces privilégiés qui envisagent d’en terminer avec les services publics. En ce moment même, des « experts » en libéralisme travaillent à Bercy pour élaborer des scénarios qui visent à démembrer l’essentiel d’entre eux et ne laisser au final dans les mains de l’État uniquement les services publics strictement régaliens, tels que l’armée, la sécurité et la justice, qui constituent l’essentiel de l’appareil répressif qu’ils entendent continuer à maîtriser.

Il est grand temps d’exiger de mettre en œuvre la satisfaction des besoins des populations. De replacer l’intérêt général au cœur des politiques publiques et d’agir à tous les niveaux institutionnels pour peser sur les grandes orientations économiques et sociales. Il est grand temps d’exiger une maitrise publique sur tous les  services et les entreprises qui dépendent de l’État, dont la gestion doit associer la  participation des salariés  et des usagers afin d’assurer la transparence de leur fonctionnement.

Le service public est notre richesse. Tel est le message que nous devrions tous faire passer à une époque où, selon l’idéologie libérale dominante, les services publics devraient s’effacer au profit du marché roi. Sous couvert de modernisation et de révision générale des politiques publiques, tout devrait disparaître. Il n’est pas difficile de comprendre comment l’empilement de quantité de lois et de réformes plus ou moins médiatisées conduit à terme à la liquidation des services publics. Ces politiques conduisent inexorablement à la privatisation accélérée de l’administration et aux plans sociaux dans la Fonction Publique.

A l’Université, à l’École, dans les hôpitaux et tous les services de soins et de travail social, dans la petite enfance, dans les milieux de l’information, de la recherche et de culture, tout doit être remis en cause au nom du profit. Au nom d’une idéologie de « l’homme économique », le Pouvoir défait et formate notre société aux lois « naturelles » du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue et  a toujours conduit à des crises et a des guerres !

Le but ultime des politiques néolibérales mises en œuvre est de faire passer ces choix de société par la lessiveuse commerciale. Le but est que ces choix de société ne remettent pas en cause le développement des échanges commerciaux. Donc forcément, tout est fait pour favoriser la rentabilité commerciale et les profits tirés des échanges, par rapport à la valeur qui est donnée  aux services publics, à la protection des consommateurs ou celle des salariés. Il y a un renversement de la hiérarchie des valeurs au profit du seul aspect commercial considéré sous l’œil unique du profit !

« Lorsque tout sera privatisé, on sera privé de tout » … C. POUR BIENTÔT

Voir aussi : SERVICES PUBLICS … ou en est-on ?

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LETTRE D’UN CHÔMEUR AU BANQUIER/MINISTRE MACRON

Publié le mars 29, 2015

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord », nous a sorti dernièrement Emmanuel Macron.

arbre

Il se dit déterminé à se « battre » sans prendre le risque de perdre son combat devant l’Assemblée. Craignant de voir son projet de loi retoqué par la représentation nationale, il est passé en force avec l’article 49-3. Petit bras !

Et lui, « l’immunisé du chômage » par son statut ultra privilégié d’énarque et d’Inspecteur des Finances, le voilà qui nous donne la leçon sur la posture à adopter face à la perte d’un emploi. Comme si Liliane Bettencourt prodiguait ses conseils aux smicards pour ne pas finir dans le rouge en fin de mois. Désopilant !

Eh bien, Monsieur Macron, je vais vous conter la vraie vie du vrai chômeur que vous ne serez jamais. D’un demandeur d’emploi du bas de l’échelle, accroché à son RSA comme une moule à son rocher.

Moi, Monsieur Macron, je n’attends rien des autres qui pourtant m’empoisonnent la vie avec leur contrôle social. Tout ça pour moins de 400 euros par mois d’allocations, de quoi ne pas crever de faim.

Tous les deux mois, je dois rendre des comptes sur mes recherches d’emploi auprès du centre d’insertion qui me suit à la demande du département qui subventionne ma misère.

Tous les trimestres, j’ai obligation de déclarer l’ensemble de mes ressources et de mes avoirs à la CAF (Caisse d’allocations familiales) qui, en fonction, fixe le montant de mon RSA.

Vous savez quoi Monsieur Macron ? Comme j’ai mis de côté 30 000 euros (en 33 ans de boulot) dans lesquels je pioche pour me tenir à flot, la CAF défalque de mon RSA annuel 3% de ce montant (c’est la règle), c’est-à-dire 900 euros par an ou encore 75 euros par mois, sous prétexte que je touche des intérêts de mes « juteux placements ».

En réalité, Monsieur Macron, mes 30 000 euros ne m’en rapportent pas la moitié. Mon RSA est donc amputé injustement de 500 euros par an que je n’ai jamais perçus.

Et quand ce n’est pas le centre d’insertion qui me convoque, c’est chez Pôle Emploi que je dois traîner ma carcasse.

Là encore, passage en revue de mes actes positifs de recherche, de mes candidatures spontanées, de mes investigations, de mes réponses…

Tous les mois, Monsieur Macron, je perds une demi-journée à me justifier, à expliquer encore et toujours que personne ne veut embaucher un vieux de 57 ans. C’est bien simple, je n’ai pas obtenu un seul entretien ces 5 dernières années. Mon CV est invariablement éliminé de la liste des postulants. Pas pour insuffisance de références professionnelles et savoir-faire probants, juste pour une question d’âge.

Monsieur Macron, cela fait 8 ans que je me bats au quotidien pour retrouver un emploi digne de ce nom, que je suis ouvertement discriminé des procédures d’embauche, que je n’en dors plus, que j’en suis malade tellement mes démarches infructueuses me minent le moral, me désespèrent. Et vous savez quoi Monsieur Macron ? Je suis condamné à double peine car ces années que je passe au RSA ne m’ouvrent aucun droit à la retraite.

J’ai été un travailleur au revenu modeste. Je suis un chômeur enraciné sous le seuil de pauvreté. Je serai un « retraité » miséreux. Je mourrai indigent. Voilà la perspective des 10, 20 ou 30 ans qu’il me reste à vivre.

Je n’en aurai certainement pas le courage Monsieur Macron. À force de se battre, on s’épuise, on se résigne peu à peu à l’inéluctable. La corde au cou, une balle dans la tête, une capsule de cyanure, un cocktail mortel de médicaments… J’ai passé en revue toutes les possibilités de me foutre en l’air pour en retenir une.

On me retrouvera probablement, un jour ou l’autre, pendu à la branche d’un chêne en forêt de Melun-Sénart. J’ai repéré l’endroit. L’arbre centenaire n’attend que moi.

Le seul infime espoir que je caresse encore, est qu’un jour on vire les comme vous à grands coups de pied où je pense. La France a su le faire parfois, se débarrasser des arrogants, des possédants, des donneurs de leçon profiteurs du système inégalitaire auquel ils nous soumettent. Je crains malheureusement qu’elle n’en ait plus la volonté, la capacité, tant les comme vous Monsieur Macron ont gagné la bataille.

En 2015, la lutte des classes est toujours d’actualité, sauf que ce sont les riches et les nantis qui l’ont remportée.

Plus que mon statut de pauvre, de chômeur, de Rsaste, cette cruelle défaite me désole. Le jour où je n’y croirai vraiment plus, je partirai me perdre en forêt de Melun-Sénart…

Gilles – 57 ans ; Chômeur depuis 8 ans qui survit avec quelques centaines d’euros par mois.

« N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur »… Albert Einstein

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LES MILLIARDAIRES VOUS REMERCIENT

Publié le août 1, 2014

Les 1.000 milliardaires recensés sur cette planète vous remercient pour votre formidable aptitude à les enrichir quotidiennement, en privilégiant leurs produits manufacturés, payés des clopinettes aux milliards d’esclaves des pays sous développés, et que vous achetez cent fois plus cher chez vos commerçants locaux.

Les 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit brut et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, sont ravis que vous vous précipitiez dans leurs grandes surfaces tueuses de petits commerces. Leurs banques peuvent aussi racheter avec les intérêts de vos emprunts les faillites de vos centre-ville, afin d’y installer leurs robots distributeurs inhumains mais bien plus rentables, puisque n’étant pas soumis aux cotisations sociales.

Les 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale se régalent à l’idée que vous achetiez leurs produits et apprécient la pub que vous faites pour leurs noms désormais célèbres. Elles se réjouissent que vous acceptiez de payer très cher leurs marques afin  de paraître plus riches que vous n’êtes. Et trouvent amusant que vous ayez la gentillesse de bien vouloir les porter en circulant en ville, afin que tout votre petit monde les voient, les envient, et ainsi les achètent à leur tour. Merci de favoriser leurs commerces et de suivre leurs modes très vite obsolètes, mais aussi rapidement renouvelées.

Les milliardaires du monde entier et leur cohorte des plus belles filles du monde qui font la une des magazines que vous achetez, remercient également vos armées de bien vouloir, aux frais de vos peuples et des contribuables, faire respecter l’ordre dans les couloirs que franchissent nos yachts en acajou pour pouvoir en paix rejoindre nos nombreux paradis fiscaux. Ceci nous encourage à continuer encore longtemps, puisque c’est à vous que nous devons de nous gaver quotidiennement de caviar, de champagne, de dormir dans des suites cinq étoiles et de rouler en somptueuses voitures de sport.

Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autres salauds comme Chavez. Pendant que l’on fait assassiner peinard les journalistes d’opposition au Honduras et les syndicalistes tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités, rien ne se sait et tout se poursuit. Merci également de nous laisser exploiter les dernières ressources planétaires tout en détruisant la nature avec une certaine désinvolture. Et ensuite c’est vous qui payerez au bout de la chaine de distribution, le supplément que représente l’horrible problème posé par les déchets qui débordent dans vos poubelles et infesteront vos vies et celles de vos générations futures.

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité) de vos derniers droits sociaux, et d’accepter une baisse constante de vos salaires.

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 7 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

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