L’ECOSOCIALISME, un concept révolutionnaire et ouvert.

Posté par 2ccr le 24 juin 2015

 escaladePour les écosocialistes, ce qu’on appelle « crise écologique » n’est pas une crise de l’écologie. Ce n’est pas la nature qui est en crise mais la société, et cette crise de la société entraîne une crise des relations entre l’humanité et le reste de la nature. Selon nous, cette crise n’est pas due à l’espèce humaine en tant que telle. Elle n’est pas due en particulier au fait que notre espèce produit socialement son existence par le travail, ce qui lui permet de se développer et donne de la substance à la notion de progrès. Elle est due au mode capitaliste de développement, au mode capitaliste de production (qui inclut un mode capitaliste de consommation) et à l’idéologie du « toujours plus » productiviste et consumériste qui en découle.

Le capitalisme ne produit pas des valeurs d’usage pour la satisfaction des besoins humains mais des valeurs d’échange pour la maximisation du profit. Ce profit est accaparé par une fraction minoritaire de la population : les propriétaires des moyens de production. Ils exploitent la force de travail de la majorité sociale en échange d’un salaire, inférieur à la valeur du travail fourni.

Ces propriétaires des moyens de production se livrent une guerre de concurrence sans merci qui contraint chacun d’eux à chercher en permanence le moyen d’augmenter la productivité du travail en recourant à des machines de plus en plus perfectionnées. Le « productivisme » (produire pour produire, qui implique de consommer pour consommer) est donc une caractéristique congénitale du capitalisme. Le capitalisme implique l’accumulation. L’économiste bourgeois Joseph Schumpeter l’a dit très simplement : « Un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les termes »

Le capitalisme est un système d’exploitation très performant. Il améliore continuellement la productivité du travail et l’efficience dans l’utilisation des (autres) ressources naturelles. Mais cette amélioration est évidemment au service de l’accumulation : les économies relatives en force de travail et en matières sont plus que compensées par l’augmentation absolue du volume de la production de sorte que, au final, il y a augmentation des ressources consommées dans le process. C’est pourquoi, inévitablement, l’accumulation capitaliste entraîne simultanément l’exploitation accrue du travail humain et le pillage accru des ressources naturelles.

Quelles sont les limites de la tendance capitaliste à la croissance ? A cette question, Marx a répondu que « La seule limite du capital, c’est le capital lui-même ». La formule est basée sur la définition du capital, non pas comme une chose (une masse d’argent), mais comme un rapport social : le rapport d’exploitation par lequel une masse d’argent se transforme en plus d’argent grâce à l’extorsion d’une plus-value correspondant au travail non payé. Dire que « la seule limite du capital est le capital lui-même » signifie donc tout simplement ceci : tant qu’il y a de la force de travail à exploiter et des ressources naturelles à prélever, le capital peut continuer à s’accumuler en appauvrissant, en détruisant ce que Marx appelait « les deux seules sources de toute richesse : la Terre et le travailleur ».

D’une manière générale, la seule alternative concevable au capitalisme est un système qui ne produit pas des valeurs d’échange pour la maximisation du profit des capitalistes mais des valeurs d’usage pour la satisfaction des besoins humains réels (c’est-à-dire non corrompus par la marchandisation), démocratiquement déterminés. Un système dans lequel la collaboration remplace la concurrence, la solidarité remplace l’individualisme et l’émancipation élimine l’aliénation. Or, un tel système – plus qu’un système : une nouvelle civilisation- correspond à la définition théorique d’une société socialiste. Je le répète : en termes généraux, il n’y a pas d’autre alternative concevable.

Les écosocialistes tentent de répondre en proposant des revendications qui répondent à la fois aux besoins sociaux du monde du travail et aux besoins écologiques (notamment la réduction drastique et rapide des émissions de gaz à effet de serre qui est indispensable pour stabiliser le système climatique). En simplifiant, nous nous démarquons donc à la fois des écologistes qui pensent que les impacts sociaux des mesures environnementales à prendre sont un problème secondaire et des syndicalistes qui estiment que la priorité est sociale, que l’environnement est un problème de riche, dont on s’occupera plus tard. Ces deux stratégies nous semblent condamnées d’avance.

La lutte contre le chômage est la principale angoisse du monde du travail (et elle conditionne le niveau des salaires, l’organisation du travail, la défense des systèmes de protection sociale…).

Les écosocialistes mettent en avant une réponse générale qui s’articule sur trois niveaux :

–          L’extension de l’emploi public non-délocalisable (notamment par des plans publics de rénovation énergétique des bâtiments, de transformation du système énergétique et de remplacement du tout-automobile par des sociétés publiques de transport en commun), en insistant sur la décentralisation et sur le contrôle démocratique par les usagers et les travailleurs ;

–          La reconversion collective, sous contrôle ouvrier, des travailleurs et travailleuses des industries inutiles ou nuisibles (en premier lieu l’industrie de l’armement et l’industrie nucléaire, mais aussi l’automobile, la pétrochimie, etc.) vers d’autres secteurs d’activité ;

–          La réduction radicale du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et réduction des rythmes de travail, afin de travailler tous, de vivre mieux et de gaspiller moins.

Face au chômage, seul un programme de ce genre est capable de répondre au double défi social et environnemental, climatique en particulier. Sa mise en œuvre nécessite une orientation anticapitaliste et appelle d’autres revendications que je ne détaillerai pas ici : l’expropriation des secteurs de l’énergie et de la finance -une condition sine qua non de la transition – d’une part, et une politique de long terme en faveur du développement de l’emploi rural local – dans l’agriculture organique et l’entretien des écosystèmes – d’autre part.

Ce programme ne peut gagner en influence dans le mouvement ouvrier que s’il s’articule sur le combat de la gauche combative contre les appareils dominés par le social-libéralisme ou par d’autres courants bureaucratiques. En effet, la perspective des appareils consiste généralement à accompagner la transition énergétique telle qu’elle est conçue par le capitalisme (une transition qui ne répond absolument pas à l’objectif de la soutenabilité, car elle est trop lente et recourt massivement au nucléaire, aux agro-carburants et à la capture-séquestration du carbone) en demandant seulement que cette transition soit « juste ». C’est pourquoi les écosocialistes incitent les mouvements paysans, les peuples indigènes et les communautés à nouer des liens et à chercher des convergences avec la gauche au sein des syndicats.

L’écosocialisme peut se résumer comme une volonté de faire converger les luttes sociales et environnementales à partir de la compréhension que l’austérité et la destruction écologique sont les deux faces d’une même médaille : le capitalisme productiviste. Défini de la sorte, il s’agit d’un concept ouvert, susceptible de déclinaisons stratégiques et programmatiques différentes. De fait, il y a aujourd’hui plusieurs variétés d’écosocialismes. La variété que je vous ai présentée pourrait être définie comme marxiste, révolutionnaire, féministe et internationaliste. Il y en a d’autres et nous ne prétendons pas au monopole, seulement au débat le plus large.

Source

« Il est temps d’instaurer la religion de l’amour »… Louis Aragon

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A propos lucien57

Jeune homme d'un certain age mes hobby sont l'Informatique le jardinage,La cuisine.J'aime tout ce qui est nature ,les grands espace, la faune , la flore , la mer enfin la mère nature qui !elle a toujours le dessus.Je m’intéresse a tout,politique ,société et tout ce qui va avec.
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