METTRE LA GRÉCE A GENOUX POUR L’EXEMPLE

Posté par 2ccr le 2 septembre 2015

grece 37012,5 millions d’Allemands vivent sous le seuil de pauvreté. Malgré ce bilan pitoyable, Angela Merkel prétend imposer le «modèle allemand» au monde entier. L’attitude de l’Allemagne correspond à une réalité anthropologique. Emmanuel Todd fait remarquer que le système familial dominant outre-Rhin est le système autoritaire inégalitaire. Voici quelques réalités sur nos voisins d’outre Rhin :

  • Succès économique et commercial depuis la Libération : les sociétés autoritaires inégalitaires sont les sociétés les plus efficaces industriellement. Elles reposent sur des entreprises exportatrices qui vendent à l’étranger par manque de débouchés sur le marché domestique (modération salariale qui favorise la compétitivité mais qui limite la demande intérieure). L’ouvrier allemand n’a aucune revendication vis-à-vis de son patron (système autoritaire), il accepte sans broncher sa condition pour permettre de plus gros profits à son entreprise (système inégalitaire). L’ouvrier allemand se satisfait d’un Etat léger (donc d’une fiscalité faible) (système inégalitaire). S’il y a des inégalités sociales c’est la vie, l’Etat n’a pas à y remédier. En fait l’ouvrier allemand se sent fondamentalement inférieur à son patron mais il l’accepte, et il peut se remonter le moral en se sentant supérieur à l’ouvrier méditerranéen.
  • Refus des étrangers : Déjà que beaucoup d’Allemand ne supportent pas de voir des étrangers dans leurs rues, ils ne vont donc pas accepter en plus de réaliser des transferts d’argent vers des pays étrangers pour garantir la cohésion de la zone euro.
  • Faible natalité : l’Allemagne est un pays de vieux et de rentiers. Donc d’un point de vue rentier, la monnaie est un outil d’épargne (elle doit donc être forte pour permettre un fort pouvoir d’achat) et non pas un outil pour créer de l’activité économique. L’Allemagne a également besoin d’engranger beaucoup d’argent pour financer les retraites d’une démographie déclinante.

En vérité, le modèle allemand ne fonctionne pas. Et c’est logique : si vous baissez les salaires, si vous multipliez les jobs hyper-précaires (on a même vu des gens payés un euro de l’heure !), bref si vous gonflez les bénéfices des multinationales en ruinant les travailleurs, avec quoi vont-ils acheter ? A qui ces mêmes multinationales peuvent-elles vendre s’il n’y a plus de pouvoir d’achat ? Les seuls à profiter du modèle allemand, ce sont les actionnaires des multinationales exportatrices : Siemens, Thyssen, Mercedes, BASF…  Les 1%.

Malgré cette faillite, Merkel et les multinationales allemandes exercent à présent des chantages odieux pour faire baisser davantage encore le niveau de vie des travailleurs grecs. Pourtant, ceux-ci ont déjà perdu énormément : salaires -37%, retraites -48%, consommation -33%. Et tous les experts un peu réfléchis le disent : cette «thérapie de choc» made in Berlin aggravera la crise économique grecque et diminuera la capacité du pays à s’en sortir.

Tout cela pour, nous dit-on, «aider les Grecs à rembourser leur dette». Faux, pour au moins quatre raisons :

  • La dette est illégitime, a montré Eric Toussaint, expert international de la dette. Contractée par le 1% des Grecs qui sont complices des banques allemandes et internationales, elle n’a en rien profité aux 99 autres pour-cent.
  • La dette grecque n’est pas pire que celle des Etats-Unis que tout le monde courtise.
  • Ceux qui devraient rembourser sont : la banque américaine Goldman Sachs qui a truqué sciemment les chiffres de la dette grecque, Merkel et Sarkozy qui ont vendu des armes inutiles à la Grèce en pleine crise financière, les banques allemandes qui ont imposé des taux de voleurs, Barroso qui passait ses vacances avec le richissime armateur grec Latsis et auquel sa Commission a octroyé 10 millions d’euros de subsides, et la liste des vrais profiteurs est encore très longue…
  • 64 personnes sont amenées à comparaître devant la justice grecque. Les personnes visées sont des cadres (ou anciens cadres) des sociétés suivantes : Siemens, Daimler, Rheinmetall et Ferrostaal. Ils sont accusés d’avoir versé des pots-de-vin afin d’avoir accès à des marchés publics ainsi que de blanchiment d’argent. Mais le plus beau dans l’histoire, c’est que l’Allemagne refuse d’extrader le principal accusé, Michalis Christoforakos, qui était dirigeant de Siemens en Grèce.

Le véritable but de cette thérapie de choc n’est pas d’aider les Grecs, mais de les mettre à genoux. Avec trois objectifs cachés :

  • Privatiser pour voler leurs entreprises publiques, leurs ports, leurs îles touristiques. Pour tenter de résoudre leur crise, les sociétés allemandes font main basse sur des sociétés étrangères.
  • Transformer la Grèce en une nouvelle Roumanie : désert économique, et donc réservoir de main d’œuvre quasi-gratuite pour les multinationales européennes.
  • Faire un exemple pour effrayer les autres peuples européens qui se révoltent contre cette politique injuste (j’étais en Catalogne, il y a un mois, j’ai pu mesurer la profondeur et la radicalité des luttes sociales, particulièrement contre les banques d’ailleurs). Il s’agit de tuer l’espoir.

La France, par exemple, est le négatif anthropologique de l’Allemagne. Donc si on écoutait davantage les anthropologues, on aurait compris dès le début que l’UE ne peut pas fonctionner car une union économique et politique nécessite un niveau d’harmonisation entre les pays qui heurte forcément les fonds anthropologiques nationaux. Une union de ce type ne peut fonctionner qu’à marche forcée en tordant le bras aux pays récalcitrants (ou bien exploser). Donc le diktat allemand sur la Grèce était tout à fait logique et prévisible. Ce n’est pas une coïncidence de l’Histoire si tous les Empires se sont construits à la force de l’épée et non par l’association volontaire des peuples. Après les Grecs, notre tour viendra. Il est temps de déclencher une protestation des citoyens européens, à la base, pour soutenir les Grecs.

Enfin, juste pour la petite histoire,  ce que les « créanciers occidentaux » dont le FMI ont refusé à la Grèce : effacement d’une partie de la dette et prolongation des échéances du prêt, et  bien tout cela a été accordé à … l’Ukraine. Deux poids, deux mesures …

D’après un article et des commentaires publiés sur « Les crises.fr »

« J’ai vécu la Libération comme un événement extérieur. J’ai été un passager de l’histoire. Je n’ai pas été du tout le conducteur.  J’ai été très long à m’apercevoir qu’il fallait  que je choisisse mon camp.  J’étais dans le camp des salauds : ceux qui laissent faire et finalement attendent que toutes les choses s’arrangent. »… Albert Jacquard

Publicités

A propos lucien57

Jeune homme d'un certain age mes hobby sont l'Informatique le jardinage,La cuisine.J'aime tout ce qui est nature ,les grands espace, la faune , la flore , la mer enfin la mère nature qui !elle a toujours le dessus.Je m’intéresse a tout,politique ,société et tout ce qui va avec.
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s