« Sarkozy, c’est le règne de la terreur »

Georges-Marc Benamou : mes leçons de vie avec Nicolas Sarkozy.

Georges-Marc Benamou est l’auteur de « Comédie française » (Grasset ; octobre 2014 ; 326 pages), grande fresque décrivant de l’intérieur la haute sphère du pouvoir élyséen, ce qu’il appelle la « Cité interdite » où il a été appelé à « conseiller le Prince », Nicolas Sarkozy, au début de son mandat présidentiel. Celui qui a été co-fondateur de l’ancien magazine Globe s’exprime pour la Revue Civique, sans langue de bois et avec grande vivacité, sur les leçons de son expérience « douloureuse » au sommet de l’État. Et sur ce qu’il tire comme enseignements quant à la personnalité de Nicolas Sarkozy et sa conception de la vie publique, marquée dit-il par de la « violence » et une « vision policière du monde et de la politique »

Très instructif et je suis de cet avis Sarko se prend pour Dieu.

La REVUE CIVIQUE : Votre passage en « Sarkozie » a été votre épisode de vie « le plus douloureux », avez-vous dit. Pourquoi une telle douleur ?
Georges-Marc BENAMOU : Cela a été une époque douloureuse, oui. Non pas la période de la conquête (de la présidence de la République), avant mai 2007, qui était une période caractérisée par une dynamique, une euphorie, une forme d’espérance aussi. Mais c’est vrai, très douloureuse fut l’entrée dans ce que j’appelle « la Cité interdite », l’Elysée, moi qui arrivais avec une envie d’agir, de réformer, avec une formation d’ancien avocat, une agilité de journaliste : j’ai découvert une ambiance délétère, un théâtre d’ombres, d’impuissance, de conflits, qui ressemblait à ce que Philippe Sollers a appelé « la France moisie ».

Au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l’heure où aurait du s’imposer la modernité, l’urgence de la réforme, j’ai assisté au spectacle pitoyable de la grandiloquente haute administration française, née sous Louis XIV et qui n’a cessé de décliner. J’en ai découvert les fantômes.

Votre livre est un témoignage vivant, très bien raconté, de la perception des acteurs de la société civile par la plus haute administration : à l’Élysée, vous le journaliste, écrivain, producteur de films, vous êtes perçu un martien qu’il faut vite écarter des grandes décisions, et même rejeter…
Oui. Il y avait eu pourtant, au début de son mandat, l’engagement de Nicolas Sarkozy de revivifier les cabinets ministériels et le cabinet de la présidence de la République, en prévoyant la nomination d’environ 50% de conseillers issus de la société civile, l’autre moitié provenant de l’ENA ou d’autres grandes écoles. Evidemment, cette promesse n’a pas été tenue : les énarques sont revenus au grand galop, notamment ceux de l’inspection des finances et de la préfectorale. Et je me suis vite rendu compte, physiquement, que toute personne non venue d’un grand corps est perçue comme totalement exogène, illégitime et rejetée comme un greffon. J’ai bien vu que les hommes politiques étaient des paravents et que l’armature de l’Etat est tenue, dirigée au quotidien, par ces grands corps qui sont propriétaires de l’Etat, propriétaires des futurs postes à pourvoir, puisqu’ils occupent tous les postes d’observation. J’ai pu constater qu’au Ministère de la Culture toutes les directions d’institutions ou presque étaient détenues par des énarques : on se demande pourquoi ! Il y a une emprise sur l’Etat, qui devrait d’ailleurs faire l’objet d’études et d’investigations beaucoup plus poussées.

Résultat, les politiques n’ont pas de pouvoir, les grands corps tendent à le monopoliser : je constate que rien n’est vraiment possible, sorti du cimetière du Prince ! Comme le Prince a d’autres choses à faire, rien n’est possible : j’ai assisté à la cogestion entre un Monarque agressif, réformateur, matamore, et une administration immobiliste, qui veut toujours dépenser et accroître son emprise.

« Tout cela conduit à
une dépossession du citoyen »

Avec pour résultat, sous Sarkozy, une sorte de conservatisme d’État ?
Totalement. Avec cette logique hallucinante : dépenser moins, pour la haute administration, c’est avoir moins de pouvoir. On le voit aussi actuellement avec la réforme des collectivités locales : on l’a présentée comme permettant de faire des économies mais on découvre qu’il n’en sera rien, et que la nouvelle carte territoriale pourrait même coûter plus cher. De compromis en arbitrages, l’administration, en France, finit par gagner la bataille du pouvoir…

Dans cette « Cité interdite » que je décris dans mon livre, il y a aussi des règles pipées, il y a ce côté « circulez, y a rien à voir », ou « arrêtez de déranger ce petit monde !» Tout cela conduit, en fait, à une dépossession du citoyen.

"Comédie française" Georges-Marc Benamou

Sur le plan humain, vous faites aussi découvrir à vos lecteurs la brutalité du jugement porté par Nicolas Sarkozy sur des personnalités de sa propre famille politique. Par exemple, Jean-Pierre Raffarin, un moment comparé à « une hyène » !
Oui, il y a la violence verbale, c’est vrai. Il y a cette conception brutale, une violence autour de Nicolas Sarkozy pour lequel il n’y a pas de « famille politique », il y a simplement le règne de la terreur et l’idée que c’est la force qui prime. Pendant la campagne 2006-2007, il y a un parti politique hybride, avec un grand corps provincial de notables et une tête bonapartiste. Il n’y a plus de « grande famille », les gens se haïssent, des clans se sont constitués. Du temps de Chirac, il y avait encore cet esprit gaulliste du compagnonnage, cela n’empêchait pas les compétitions et les rivalités, rudes parfois, mais un esprit commun persistait. Cela n’est plus le cas, depuis le surgissement de Sarkozy au pouvoir. Avec lui c’est la violence, la violence, et encore la violence, rien que du rapport de force.

Vous racontez notamment qu’au sommet de l’État, pas moyen pour le Premier ministre François Fillon, contrairement aux règles élémentaires du pouvoir sous la Vème République, d’avoir des réunions régulières en tête-à-tête avec le Président de la République : Nicolas Sarkozy évite tout entretien, seul, avec François Fillon, écrivez-vous
Derrière l’affiche du tandem au pouvoir, il y a cette confidence, qui m’arrive fin novembre 2007 : le Premier ministre n’avait pas réussi à voir le Président de la République en tête à tête depuis six mois ! Tous les rendez-vous prévus normalement avant les Conseils des Ministres avaient été annulés. Parce que Nicolas Sarkozy ne le supportait plus.

Il ne consentait à voir François Fillon qu’en présence d’un homme clé, voire lige, Claude Guéant…
Oui. Claude Guéant, cet étrange Richelieu du XXIème siècle, qui parcourt mon livre. Un personnage, à en croire les gazettes et ses évolutions actuelles, qui est un personnage de roman.

« Guéant est encore
le maillon faible et le pivot »

Personnage par lequel tout le système Sarkozy s’est construit ?
Oui. Sachant qu’entre Sarkozy et Guéant, cela n’a pas été tout le temps rose : j’ai assisté à des scènes d’humiliation très fortes, Sarkozy s’est même montré menaçant à l’égard de Guéant. Ce dernier s’en était plaint, notamment auprès de moi. Le jour où il m’a exécuté, il m’a confié que ce n’était pas facile tous les jours pour lui… Mais ils formaient un vrai couple politiquement : une confiance absolue, une information constante, ils s’appelaient quinze fois par heure, une relation père-fils, maître-esclave. Claude Guéant est d’ailleurs encore, selon moi, à la fois le maillon faible et le pivot par lequel tient la Sarkozie.

On a l’impression aussi que le système Sarkozy repose sur des policiers…
Ce qui est étonnant, effectivement, c’est qu’il a placé comme directeur de campagne, pour prendre la présidence de l’UMP, un ancien patron de la police nationale (de juin 2007 à mai 2012), Frédéric Péchenard. Et comme directeur de cabinet, rue de Miromesnil, l’ancien Préfet de police de Paris, le préfet Gaudin. C’est étrange. Je ne suis pas sûr que Clémenceau, au Ministère de l’Intérieur, ait été entouré d’autant de flics.

Cela correspond peut-être à une vision policière du monde, un peu à la Alexandre Dumas, avec des corridors, des stratagèmes, des affaires, des assassinats… hypothèse romanesque, bien sûr, qu’il y a peut-être dans la tête de Sarkozy. Il y a aussi une méfiance de tout. Et une vision vraiment policière de la politique. Chercher à être informé sur tout.

Mais il y a aussi dans cet entourage policier un manque évident de flair politique. C’était le cas avec Guéant hier, et aujourd’hui, dans l’entourage immédiat de Sarkozy : un manque de sens politique. Une déconnexion de la société, un assèchement politique par son entourage.

Autre homme clé de la Sarkozy : Patrick Buisson, ancien directeur du magazine d’extrême droite Minute, qui s’est mué en expert des sondages, que vous qualifiez de « dealer de haine ». Comment ce personnage s’est-il installé au sommet du pouvoir auprès de Sarkozy, au point que ce dernier l’intronise comme son « hémisphère droit » ?
L’influence de Buisson a été totale et continue quasiment pendant tout le règne de Sarkozy. Elle provient du moment, pendant la campagne présidentielle de 2007, que j’ai appelé « la peur bleue » de Sarkozy : la montée de François Bayrou qui a, un moment, semblé pouvoir arriver second au premier tour (devant Ségolène Royal) et battre Sarkozy au second. Dans cette période, les contacts s’intensifient avec Buisson, qu’il connaissait depuis longtemps. Sarkozy cherche une idée, comme le cycliste fourbu cherche la bonne dope. Il tombe sur l’idée du Ministère de l’identité nationale ! Devant la réussite sondagière de cette idée, pragmatique, Sarkozy, à partir de ce moment, choisit presque aveuglément de suivre les conseils de Buisson.

Sur les réformes économiques et sociales, Sarkozy joue la prudence : il y a, dés 2007, un grand décalage de ce point de vue là avec Fillon, même si cette prudence, Sarkozy la masquera derrière la comédie de la réforme. Il joue la carte du régalien, sur des thèmes qui flirte avec l’extrême droite : l’ordre, l’ostracisme des étrangers, des Roms, la xénophobie, tout cela, c’est pour lui faire de la politique et « ça coûte pas cher »…

Comment cette emprise Buisson s’est-elle mise en place à l’Élysée ?
La mise en place s’accélère à partir de fin 2007. Un cercle prend ses habitudes auprès de Sarkozy, il est composé de Buisson, Goudard et Giacometti. Et dans ce tout premier cercle, le plus dominant, le plus actif et le plus influent sur Sarkozy, va indiscutablement être l’ex-lepéniste Buisson.

« Aujourd’hui, ça flotte en Sarkozie,
c’est du bric-à-brac »

On a dit qu’il y avait psychologiquement du « gourou » chez Buisson, c’est vrai ?
Il y a du pathétique, à la fois shakespearien et moliéresque. Le pathétique, c’est le Roi perdu qui cherche un axe et une colonne vertébrale. Le moliéresque, c’est le bourgeois gentilhomme époustouflé par la culture de Buisson.

Est-ce que l’objectif, plus ou moins explicite de Buisson, n’était pas, sous couvert d’études d’opinion, de rapprocher les ultras de la droite de l’UMP et l’extrême droite FN ?
Idéologiquement, il est en effet sur la ligne « pas d’ennemi à droite », assumant totalement ce qu’il appelle un populisme chrétien. L’outil était le Prince. Tout cela n’a pas tenu.

Mais cela a duré longtemps, tout le temps du quinquennat. Comment Sarkozy a-t-il pu suivre à ce point cet homme, et l’instrumentalisation des sondages ?
C’était le summum du marketing sondagier : celui qui marque des points (dans l’opinion, d’après les sondages sur commandes) a raison ! Peu importe les moyens, si les sondages sont bons ! Plus on fait du gros rouge, plus on fait du Buisson, plus ça semble marcher, alors pourquoi se priver ?!

Plus ça tache, plus ça marche…vision sur le court-terme, non ?
Oui, c’est cela qui a fasciné Sarkozy mais fait aussi son extrême fragilité, éthique. Sa faiblesse, car Sarkozy a besoin d’un cadre. Cela a été Cécilia. Cela a été Buisson. Demain, on ne sait pas. On voit qu’il n’y a personne, ça flotte donc en Sarkozie, on ne sait pas trop où la barque va aller. C’est un bric à brac.

Ce marketing semble en effet à l’œuvre, on l’a vu lors du meeting face à une salle qui l’intimait d’annoncer « l’abrogation » de la loi sur le mariage pour tous…
Cette séquence est en effet le résumé, en 15 secondes, de mon livre. Ces images, il paraît qu’Alain Juppé les a d’ailleurs repassé plusieurs fois, c’est la quintessence du marketing à très courte vue, qui « ne coûte pas cher », et de la comédie française que je décris et dénonce dans mon livre. Où l’on voit un matamore qui cède devant des gueulards : celui qu’on avait pris pour un grand réformateur est en fait un grand démagogue.

La dureté de Sarkozy ne cache-t-elle pas en réalité une faiblesse, politique et psychologique, qui a été révélée par exemple au moment de sa séparation avec Cécilia où, à peine élu Président de la République, il a fait n’importe quoi, par exemple en allant sur le  yacht de Bolloré pour tenter d’épater celle qui le quittait…
Oui, fausse dureté, vraie fragilité. Dépendance à la mère, dépendance à la femme, celle qui est dans son lit a toujours raison. Vraie faiblesse, en fait. La placidité du Président « normal » Hollande est finalement plus solide, psychologiquement, quoi qu’on pense par ailleurs de sa politique. Sarkozy est plus fébrile, complexé, versatile. Pendant presque un an, au début de son mandat, l’obsession Cécilia va occulter tout le reste. Plus rien n’a d’importance… ce qui montre une conception, finalement assez pathétique, du pouvoir et de la politique.

Les dix raisons qui ont conduit la classe politique française à la faillite

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l’information économique sur TF1 et LCI jusqu’en 2010 puis sur i>TÉLÉ

Aujourd’hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il est l’auteur de Tout va bien ! (ou presque), la preuve en 25 leçons aux éditions Fayard

Pour les milieux d’affaires européens, la classe politique française est désormais complétement démonétisée, ruinée, incapable de redresser leur réputation et de retrouver un semblant de pouvoir. Les responsables anglais et allemands ne décolèrent pas de voir autant de gâchis et d’incompétence. Pour beaucoup, la France politique est plus gravement atteinte  que ne l’était la classe politique italienne, il y a dix ans. « Au moins en Italie, explique-t-on dans la presse allemande, on savait que les responsables politiques étaient mal formés aux affaires, corrompus, et voyous, mais la solution était simple. Il fallait secouer les vieilles structures, éliminer, et nettoyer, ce qui a été fait. En France, les responsables politiques sont, pour la plupart des gens intelligents, éduqués mais moins que la génération précédente et surtout incapables de gouverner un pays moderne. L’élite de l’élite française a fui la politique pour aller dans l’entreprise et ça se ressent.

Si on trouve encore des ministres qui tiennent la route, les personnels de cabinets sont beaucoup moins intéressants qu’il y a vingt ans. L’ENA s’est vidée de ses meilleurs éléments et a perdu de son intelligence avec l’Etat qui a perdu de son influence sans être capable de se donner d’autres missions.

Les chefs d’entreprise ont un jugement encore plus sévères, « les ministres eux-mêmes sont nuls, ils ne tiendraient pas deux heures dans un conseil d’administration. Ils sont incapables de faire un plan stratégique, de le respecter et de le vendre à leurs actionnaires qui sont en l’occurrence les contribuables ou les électeurs. »

Et c’est vrai que les détails de la vie quotidienne publique cette semaine nous ont offert le spectacle « désopilant » de gens qui théoriquement ont un immense pouvoir mais aucune compétence pour l’exercer avec responsabilité.

Depuis quinze jours, c’est un festival. Quand Arnaud Montebourg se vante de retourner à l’école pour apprendre l’entreprise on hallucine. Ce type a été ministre. Quand il annonce sa décision de créer une entreprise on plaint les actionnaires et les salariés. Enfin, chacun ses risques !!!

Le numéro de claquettes du président de la République lors d’un show télévisé était censé relancer sa carrière à mi-mandat. Très bien, sauf qu’il n’avait pas de nouvelle chanson, que son numéro intimiste du genre « moi Président j’ai un cœur et je souffre comme n’importe qui ». Honnêtement, tout le monde s’en tape… Et pour finir, il n’a rien annonce, rien recadré, il a simplement apporté la preuve qu’il pourrait tenir correctement une agence de pôle emploi et jurer qu’il n’y aurait plus de hausse d’impôts . Là comme souvent au cirque, l’artiste a pris des risques.

Pour un capitaine d’un bateau qui doit nous faire traverser le triangle des Bermudes ce n’est pas rassurant. Les Français ne sont pas sortis rassurés du tout. Ils avaient raison, trois jours plus tard le ministre des impôts laisse entendre qu’il y aura des hausses d’impôts. Pour ne pas contredire son chef, il a dû démentir ce qu’il avait dit lui-même. Quel désordre. Ne parlons pas de la confusion budgétaire et de l’impossibilité de s’entendre avec les copropriétaires de Bruxelles sur un niveau de dépenses acceptables ! Ne parlons pas de Pierre Moscovici qui, une fois installé à la Commission aurait dû là jouer profil bas, mais qui, au contraire passe déjà pour « le plus arrogant des commissaires européens » dixit les Anglais, les Allemands et les journalistes correspondants qui en ont pourtant vu des héros d’un jour. Pour Pierre Moscovici, se créer une aussi mauvaise image en si peu de temps, c’est un exploit. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est simplement un manque d’éducation !

En dix jours, ce gouvernement a prouvé qu’ il ne savait pas compter, qu’ il avait besoin d’une formation en droits public, qu’ il avait besoin de training intensif en communication et qu’ en plus il lui faudrait un bon DRH…

A droite ce n’est pas mieux, entre l’affaire Fillon-Jouyet qui est incompréhensible mais finalement aussi glauque que l’affaire Nabilla, et la découverte que les députés de droite aussi, avaient les mêmes adresses que Jérôme Cahuzac… On n’en sort pas. Pendant ce temps-là, Alain Juppé fait la Une des Inrocks et il en est très content, Nicolas Sarkozy slalome entre les affaires et enchaîne les meetings populaires au fin fond de l’hexagone avec les conférences internationales a 100 000 euros aux quatre coins de la planète. Faut bien vivre !

Pour les observateurs internationaux, les résultats catastrophiques des sondages ne sont pas surprenants. La classe politique est un champ de ruines. Pourquoi, comment, il est évident que les explications données par Éric Zemmour sont un peu courtes. On pourrait retenir dix raisons qui expliquent cette faillite.

1ère raison, les hommes politiques de droite comme de gauche sont obsédé par leur image à court terme. En réalité, ils ont ruiné leur réputation… Plutôt que de traiter avec courage des vrais problèmes que sont le chômage, la perte de compétitivité, les meilleurs, les plus intelligents gaspillent leur energie dans des querelles d’ego complètement veines, des batailles dérisoires internes à leur famille souvent… Pour le plus grand plaisir des journalistes politiques qui pensent qu’organiser un débat violent est plus intéressant qu’une pédagogie.

2e raison, les hommes politiques ne connaissent pas les vrais problèmes de la modernité. Ils sortent pour la plupart de la fonction publique et même des institutions parlementaires. Ils sont tous ou presque anciens attachés parlementaires. Ils ont été élevés dans le jeu politique alors qu’il aurait fallu qu’ils travaillent dans l’entreprise ou à l’étranger. Sortis du Parlement, la vie n’existe pas pour eux.

3e raison, ils n’ont pas voyagé. Ils ne connaissent pas la géographie socioéconomique. Ils pensent pouvoir changer le monde alors que c’est l’inverse. François hollande a attendu d’être président de la république pour mettre les pieds en Chine. On rêve !

4e raison, ils ne connaissent pas l’entreprise. Huit parlementaires sur dix seraient incapables d’expliquer le phénomène de création de richesses. Or, créer de la richesse c’est le cœur du réacteur. Si on sait comment créer de la richesse on prépare l’écosystème qui favorisera ce processus. Savent-ils seulement qu’avant de distribuer ou redistribuer de la richesse, il faut la produire ? On peut en douter quant au plus haut niveau de l’Etat, le Président expliquait à la télévision que les mesures qu’il proposait ne coûteraient rien puisque « c’est l’Etat qui payera. » Puisque c’est l’Etat qui paie, on n’a rien à payer… mais bon sang mais c’est bien sûr ! L’homme politique est convaincu que les choses finissent par s’arranger et que l’Etat ne pourra pas faire faillite. Ils ne savent pas expliquer pourquoi mais ils le disent. Rien n’est plus faux.

5e raison, ils n’ont pas compris qu’avec la mondialisation l’Etat ne pouvait plus jouer le même rôle de réassureur des opinions publiques. Avec la mondialisation l’Etat doit changer de rôle. Il n’est plus acteur direct du système économique, il est régulateur d’accords internationaux et il doit surtout se concentrer sur les fonctions régaliennes (police, justice, fiscalité etc.).

6e raison, les hommes politiques ne veulent pas comprendre que dans un univers mondialisé Keynes est inopérant. Il est mort. Distribuer de l’argent pour solvabiliser une demande ne sert strictement à rien sauf à solvabiliser une demande étrangère à laquelle on ne peut pas répondre faute de compétitivité.

Le nerf de la guerre c’est l’innovation. Le propre d’une administration ce n’est pas d’innover mais de conserver des rentes pour le plus grand nombre.

7e raison, les hommes politiques ont toujours parlé d’Europe mais ne l’ont jamais aimée, sauf à lui faire endosser les décisions les plus désagréables. L’Europe a toujours été utilisée pour assumer des décisions que  la lâcheté nationale ne voulait pas prendre à son compte. Or l’Europe pour le monde réel des affaires c’est l’avenir du système pour survivre au niveau mondial. Ce n’est donc pas rien.

8e raison, l’elite politique française a toujours pensé que le peuple était bête, incapable de comprendre les bienfaits de la mondialisation ou du progrès technologique ou de l’économie de marché. Par conséquent l’élite évitera de dire la vérité. L’élite politique rêve d’une économie qui serait gérée comme le ministre Colbert au 17e siècle gérait St Gobain à la création. Une entreprise d’Etat.

9e raison, les responsables politiques nationaux sont incapables de gérer le court et le long terme. Le temps politique s’arrête à la durée d’un mandat. Les maires sont plus lucides ou plus courageux. la première année, ils décident des grands travaux, la deuxième année ils essuient les critiques de leurs administrés qui sont dérangés dans leur vie quotidienne par ces travaux… La troisième année, les travaux s’achèvent. La quatrième année du mandat, l’inauguration du tramway (ou de tout autre équipement) est un triomphe, le maire sera réélu. Une fois réélu il pourra augmenter les impôts. Eh oui, il faut payer.

10e raison, la démocratie politique fonctionne mal en période de crise et de grande mutation. Le candidat ne peut plus acheter des voix.  N’ayant ni croissance, ni crédit, ni argent à distribuer, la démocratie en période de crise amène les candidats politiques à mentir et à faire des promesses qu’ils ne pourront pas délivrer. C’est bien ce qui se passe actuellement. François Hollande ne peut pas respecter ses promesses. Ce à quoi ses amis répondent que s’il n’avait pas fait cette campagne, il n’aurait sans doute pas été élu… Of course !

Mais viendra bien un jour, où l’électeur dans un éclair de lucidité s’arrêtera à la vérité des faits, et des chiffres.

L’homme politique est exactement comme le chef d’entreprise. Il doit raconter une histoire, dire un projet, une ambition. Mais  il n’a pas le droit de raconter des histoires. On peut mentir une fois à quelques-uns, mais mentir beaucoup à tout le monde ça ne passe pas. Ça se termine très mal

Crèmes chocolat façon danette (sans œuf)

Image

Ingrédients:

1 litre de lait

20 cl de crème liquide

50 gr de cacao amer

50 gr de cacao à petit déjeuner (type nesqui)

 

130 gr de sucre en poudre

65 gr de maïzena

 

Mettre tous les ingrédients sauf  la crème, dans le bol et mixer 10  secondes vitesse 6 Programmer 90° ,18 minutes, vitesse 2/3. A la sonnerie ajouter la crème et mixer 8 a 10 secondes vitesse 5

Verser dans des pots (une dizaine de pots la laitière) et mettre au frais une fois que les crèmes sont refroidies.

Pâte à tartiner façon « Nutella »

nutela

 

 

 

 

ingrédients

  • 120 g de Pralinoise
  • 50 g de chocolat noir

« 130 g de lait concentré sucré

  • 35 g de lait demi-écrémé
  • 70 g de beurre

Préparation

  1.  Mettre tous les ingrédients dans le bol et programmer 6 min / 60° C / vitesse 2
  2.  Verser dans un bocal hermétique et laisser refroidir.

Variantes et/ou astuces

Vous pouvez ajouter 8 gouttes d’arôme de praliné et mélanger 4 sec / vitesse 4 Se conserve 1 mois au réfrigérateur.

Pourquoi il faut boycotter les élections européennes de mai 2014

Par la-sociale • Actualités • Samedi 04/01/2014 •

Les partis politiques, du FN au PG, fourbissent leurs armes pour participer aux élections du 25 mai 2014 qui devront désigner les députés français au Parlement français. Députés français ? J’exagère. Il s’agira des députés des grandes régions (un découpage de circonstance) qui préfigurent peut-être le dépeçage de la nation dans une Europe des régions où l’on voit un peu partout se fissurer ce qui reste de la carcasse des vieilles nations (en Catalogne, en Flandre belge, en Écosse, etc.). Mais passons. Tous les partis institutionnels (encore une fois du PG au FN ou inversement) participent à la mascarade qui consiste à faire croire qu’élection signifie démocratie. Il n’en est rien. Ce qui est demandé le 25 mai prochain, c’est de voter pour la construction européenne modèle UE Rome-Maastricht-Lisbonne (pour ne rappeler ici que les traités les plus importants). Que vous votiez PG, PCF, PS, UMP ou FN, vous voterez de fait pour l’UE ; vous appuierez de fait les diktats de la commission de Bruxelles à qui le pseudo-parlement européen donne un semblant de légitimité démocratique. En allant voter, vous permettrez que la troïka, qui a privé un tiers des Grecs de couverture sociale et fait régresser ce pays dans des proportions inouïes, agisse en votre nom.

Car le prétendu parlement européen n’est pas un parlement pour simple raison qu’il ne représente aucun peuple et ne dispose d’aucun des pouvoirs qui définissent un parlement.

Il n’y a pas de peuple européen. C’est une évidence. Pour qu’il y eût un peuple européen encore eût-il fallu que par un acte historique le peuple se fît peuple ! Il y a des peuples qui se sont faits par en haut (c’est le cas le plus fréquent) : des princes ont consolidé leurs états desquels sont nés une conscience nationale – c’est le cas de la France. D’autres se sont constitués par le soulèvement par en bas : c’est le cas de toutes les nations issues des luttes pour l’indépendance. Le plus souvent ce sont des combinaisons des deux mouvements : la France s’est en quelque sorte refondée elle-même par la levée en masse de 1792 ; l’Italie s’est faite nation à la fois par la puissance du mouvement national populaire et l’action de la monarchie de Piémont-Sardaigne. L’Allemagne a été unifiée par Bismarck mais cette unification correspondait (en gros) au sentiment de la masse des Allemands. En 1989, c’est encore le sentiment national allemand qui a produit l’effondrement du mur de Berlin. Les peuples ou les nations sont des réalités historiques – une « communauté de vie et de destin » disait Otto Bauer et non des artifices diplomatiques ou institutionnels. Les Allemands ne sont pas des Français qui parlent allemand ! Les peuples sont des réalités linguistiques, culturelles, politiques avec dans la mémoire de chacun une histoire. Du reste, derrière le paravent des traités européens, chaque nation continue de défendre ses intérêts. Il suffit de voir que l’attribut essentiel d’un espace politique, à savoir la politique étrangère, manque à l’Union Européenne pour comprendre que ce « machin » n’est ni une fédération, ni une confédération de nations. Pendant la guerre en ex-Yougoslavie, les Allemands selon leur tropisme ont soutenu les Croates alors que les Français se sentaient naturellement proches des Serbes. À tort ou à raison, la France pense que ses intérêts africains sont importants alors que l’Allemagne s’en moque comme de sa première chemise.

Qu’existent entre toutes ces nations un traité de paix perpétuelle et des accords de libre-échange, c’est sûrement une bonne chose. Mais la construction de l’UE, c’est autre chose. C’est une machine à liquider les souverainetés nationales en tant qu’elles restent plus ou moins sous le contrôle des peuples, afin de mettre en œuvre des politiques qui ne relèvent que des intérêts du capital, qu’il soit financier ou industriel d’ailleurs.

Le Parlement européen n’est pas un Parlement. Il ne décide rien – officiellement il dispose en certains domaines d’un pouvoir de codécision avec le Conseil. Il élit quelques personnages aux titres pompeux mais totalement inconsistants politiquement ou privés de pouvoir, comme on peut le remarquer par leur absence dès qu’un problème sérieux se pose. C’est un pur fantoche, baptisé « parlement » précisément pour faire croire que l’UE est démocratique et que les peuples peuvent mettre leur grain de sel dans la politique européenne.

Le Parlement européen n’est même pas une tribune que l’on pourrait utiliser pour combattre la politique commune droite/sociaux démocrates. Tout le monde se contrefiche de ce qui se dit à Strasbourg et à Bruxelles (puisque ce Parlement a deux sièges) et d’ailleurs les plus anti-européistes n’y siègent presque jamais – ce qui ne les empêche pas de solliciter les suffrages de leurs concitoyens. Un peu comme le CES, le Parlement européen est un moyen de reclasser les amis en difficultés, anciens syndicalistes (deux anciens porte-parole de la Confédération paysanne y siègent …) ou politiciens étrillés sur la scène nationale (le PS se prépare à exfiltrer Peillon en le présentant comme tête de liste pour le grand Sud-Ouest).

Toutes ces raisons plaident pour le boycott actif des élections européennes de mai prochain. Les composantes du Front de gauche nous diront que c’est laisser le champ libre au FN. La belle affaire ! Si le FN obtient 25 % de 30 % de votants, cela ne fera jamais que 7,5 % du corps électoral ! En vérité le FDG veut simplement sauver ses sinécures et surtout maintenir le fil de l’européisme qui le rattache à la « gauche », c’est-à-dire au PS.

Il est temps, grand temps, de rompre avec l’UE pour construire demain une véritable union des peuples libres. Les Grecs victimes de la troïka sont nos frères, pas les membres de la troïka et ces ministres qui les commanditent. Les Allemands frappés par une misère croissante (dont ne parlent pas les thuriféraires du modèle allemand) sont nos frères, pas les ministres français qui se mettent au garde-à-vous devant Mme Merkel. Comme nous, les peuples italiens, portugais, espagnols, sont confrontés à la destruction de leur protection sociale : ils sont nos frères. L’Europe à laquelle nous croyons, c’est celle du printemps des peuples de 1848 qui se sont soulevés contre les monarchies et les empires. C’est celle des mouvements sociaux arrachant la classe ouvrière à la misère et à l’esclavage. En ne votant pas, c’est à cette Europe-là que nous resterons fidèles.

D’une prétendue révolution fiscale

Par Denis Collin • Actualités • Dimanche 29/12/2013 •

« Révolution fiscale », voilà l’objectif politique central que Mélenchon et le PG avaient fixé il y a peu de temps. La « gauche » du Parti Socialiste vient de présenter son programme pour une réforme radicale de la fiscalité. Jean-Marc Ayrault, pour se sortir de la crise née de l’application de l’écotaxe, a promis une remise à plat de tout le système des impôts et taxes dans notre pays. Voilà donc la vieille Union de la Gauche en voie de reconstitution ! Essayons de voir un peu plus clair dans ces proclamations guerrières qui prétendent donner une réponse à la revendication de la droite et du MEDEF dénonçant les impôts « confiscatoires » qui plomberaient le dynamisme économique de notre pays.

Comme toujours, le mieux est de partir des questions de principes. Tout se passe comme si, aujourd’hui, il y avait seulement deux camps : les partisans de l’impôt (la « gauche ») et les adversaires de l’impôt (la droite). Chez les partisans du PS, toute revendication contre l’impôt est assimilée à du « libéralisme » voire à du « poujadisme ». Quand Plenel se plaint qu’on veuille saigner les sites en ligne, et au premier chef Mediapart. parce qu’on leur appliquera le taux maximum de TVA (19,6 %) au lieu des 2,6 % en moyenne appliqués à la presse écrite, le voilà renvoyé dans les cordes et assimilé aux « libéraux ». Disons-le franchement : tout cela s’inscrit dans des manœuvres d’intoxication qui visent à éviter que ne soient posées les questions qui fâchent, c’est-à-dire la question des rapports de production. En effet, quel que soit le gouvernement, il prélève des impôts pour que l’État soit en mesure d’accomplir ses fonctions, dont certaines incomberaient à tout État – de l’entretien de routes à l’instruction publique – et dont d’autres correspondent strictement aux fonctions de l’État bourgeois (défense de l’ordre impérialiste, par exemple). De ce point de vue, l’État minimal rêvé par les libertariens et les plus radicaux des libéraux est une rêverie. La dépense publique et donc les impôts sont le carburant indispensable de la machine capitaliste et depuis plus d’un siècle. L’impôt en soi n’est donc pas plus de gauche que de droite.

Mais, objectera-t-on ; la gauche est pour un impôt juste. Soit. La justice a une définition constitutionnelle : chacun doit contribuer au financement de la dépense publique en fonction de ses moyens. La gauche a toujours défendu l’impôt progressif sur le revenu, alors que la droite s’y est longtemps opposée et n’a eu de cesse d’en atténuer la progressivité. Il serait évidemment plus juste que tous les impôts sans exception soient progressifs et, au fond, qu’il n’y ait qu’un seul impôt, l’IRPP. Mais c’est très loin d’être le cas. l’IRPP représente entre 15 et 20 % des recettes de l’État, alors que la TVA produit 50% des recettes fiscales. Quand à gauche, on proclame qu’il faut élargir l’assiette de l’IRPP, on oublie tout simplement ce fait : si de très nombreux foyers dont les revenus sont très faibles sont exonérés de l’IRPP, tout le monde paie des impôts et proportionnellement les foyers à bas revenus – ceux qui peinent à boucler le mois – paient plus que les hauts revenus. Voilà pourquoi la gauche est toujours venue au pouvoir avec des foules de projets en vue de faire progresser la « justice fiscale » d’où devrait sortir la « justice sociale » fondée sur la redistribution.

Malheureusement, il y a un point aveugle dans toutes ces belles théories : les inégalités sociales ne sont pas d’abord des inégalités de revenus mais reposent sur la structure sociale elle-même, c’est-à-dire sur l’existence des rapports sociaux capitalistes. Et là il ne s’agit plus d’inégalités qui pourraient être corrigées en prenant à Pierre pour redonner à Paul. Il s’agit du processus d’extraction de la plus-value : le capital ne peut survivre, tel le Moloch, qu’en suçant le sang du travail vivant – et ceci d’ailleurs n’a pas de rapport direct avec les revenus que tel ou tel possesseur de capital pourra dépenser improductivement. Un capitaliste ascète, se contenant de 5 ou 10 fois le revenu moyen de « ses » employés ne diffère que de peu du capitaliste adepte de la consommation ostentatoire. La théorie « socialiste » de la redistribution est un simple cosmétique appliqué sur le mode de production capitaliste. Elle ressemble d’ailleurs beaucoup plus qu’on ne le croit à la théorie du « ruisselement » selon laquelle tout revenu accumulé en haut de la pyramide sociale finira par être dépensé et finalement retournera dans les poches des travailleurs, y compris les plus pauvres.

Il est un point des projets de réforme fiscale qui mérite cependant qu’on s’y arrête, c’est celui qui concerne la réforme de l’IRPP. Les projets de réforme qui trainent dans les cartons depuis plusieurs décennies ont été défendus en 2007 par Mme Royal. Ils sont repris par divers courants du PS et soutenus par des « théoriciens » comme l’inénarrable Picketty, spécialiste des « inégalités » et surtout besogneux compilateur de statistiques qui ignore tout de ce qu’est le capital. En l’état actuel, ces projets se développent sur trois axes : 1° la fusion de l’IRPP et de la CSG ; 2° la suppression du quotient familial et du quotient conjugal et donc l’individualisation de l’impôt ; 3° le prélèvement à la source.

La fusion de l’IRPP et de la CSG permettrait nous dit-on de rendre la CSG progessive alors qu’aujourd’hui elle frappe proportionnellement tous les revenus. Petit problème : pour l’heure, le produit de la CSG tombe dans les caisses de la sécurité sociale. Si on fusionne CSG et IRPP, le financement de la sécurité sociale dépendra au budget de l’État. Si la sécurité sociale a été conçue par le programme du CNR sur le mode de la mutualisation du salaire différé, avec la fusion CSG/IRPP le procès d’intégration de la sécu à l’État ferait un grand pas en avant et ses ressources deviendraient des variables d’ajustement des politiques gouvernementales. Le modèle CNR 1943 serait remplacé par le modèle de la protection sociale à la Bismarck.

C’est aussi pour lutter contre l’injustice qu’on propose la suppression du quotient familial et son remplacement par un crédit d’impôt forfaitaire en fonction du nombre d’enfants à charge. Évidemment, le système du quotient familial permet à un foyer à revenus moyens ou élevés de déduire beaucoup plus d’impôts qu’à un foyer exonéré d’impôts ! Mais on oublie tout simplement que cette injustice est depuis longtemps compensée par toutes les prestations sociales soumises à conditions de ressources, des allocations logement au bourses scolaires. Le problème encore une fois n’est pas que le portefeuille des quelques-uns soit mieux garni que celui des autres. Le problème, c’est l’extension de la pauvreté due au chômage, aux coûts du logement, au bas salaires et à la précarité. En fait cette mesure de suppression du quotient familial – qui est déjà plafonné – aurait comme seul « avantage » non pas de « faire payer les riches » mais de ponctionner un peu plus les salariés moyens et les cadres.

Mais les « socialistes » vont plus loin : ils proposent d’individualiser l’impôt, et donc de supprimer la notion de « foyer fiscal ». Aujourd’hui les couples mariés ou PACSés ont l’obligation de faire une seule déclaration de revenus. Pour un couple dont les deux membres ont des revenus équivalents, l’opération est neutre. Par contre, pour un couple dont l’un a un revenu plus élevé que l’autre, la déclaration commune permet, en raison de la progressivité de l’IRPP, une économie d’impôts par rapport à ce que chacun devrait payer séparément. Pour les socialistes, cette situation est injuste parce que les couples mariés ou pacsés paient moins que les célibataires ou ceux qui vivent en union libre. Encore une fois, on remarquera combien nos « socialistes » sont sensibles aux petites inégalités, mais parfaitement insensibles aux grandes. Mais au-delà des questions de technique fiscale, il y a quelque chose de plus sérieux. Dans un couple, sauf chez les riches, il y a communauté des biens. Les revenus sont mis dans un pot commun (de chacun selon ses capacités) et les dépenses du ménage visent à répondre aux besoins de chacun. Si l’impôt est individualisé, il faudra que chacun s’occupe de payer « ses » impôts et tout naturellement chacun gérera ses propres dépenses – il faudra établir une comptabilité dans le couple. Autrement dit, le couple n’existera tout simplement plus ; il se réduira à un contrat d’échange des services sexuels – pour rependre une formule de Kant qui s’y connaissait en matière de sexe, lui qui est mort puceau. Après nous avoir cassé les oreilles avec le mariage pour tous, en fait, les socialistes se préparent à la pure et simple suppression du mariage et du PACS. Là où l’échange marchand était encore tenu en bride, les socialistes proposent l’introduction massive de la comptabilité et le règne sans partage de l’équivalent général.

Dernier point : le prélèvement à la source. Ça se fait dans d’autres pays, nous dit-on. La belle raison ! Le prélèvement à la source ferait de l’employeur le collecteur des impôts de ses employés – on voit d’ailleurs pourquoi l’individualisation de l’IRPP faciliterait le travail des comptables. L’employeur devrait connaître la situation fiscale de ses employés – y compris les revenus qui ne proviennent pas du travail ou proviennent d’un emploi secondaire. Cela donnerait tout simplement un nouveau pouvoir de contrôle sur les salariés absolument exorbitant. Pendant qu’on y est, autant lui confier la gestion de l’argent du ménage et on peut parier qu’il trouvera facilement que ses salariés pourraient vivre en gagnant moins.

On voit par les projets de réforme des socialistes (de toutes obédiences) qu’il s’agit derrière le paravent de la « révolution fiscale » de poursuivre par les moyens propres aux socialistes (contrôle étatique et patronal, pseudo-égalitarisme exarcebant les ressentiments) l’adaptation de notre société aux besoins du « capitalisme absolu ». Les subtilités technocratiques, masquées derrière des impératifs techniques, ne font qu’exprimer une conception ultra-libérale, ultra-capitaliste, des rapports entre les humains.

Denis COLLIN – le 30 décembre 2013

Marché de Noël

Marché de Noël: préférez l’original à la copie !

Le marché de Noël de Strasbourg date de 1570

Le marché de Noël de Strasbourg date de 1570 / SAUTIER PHILIPPE/SIPA

 
Jeu, 19/12/2013 – 12:28

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Noël c’est la féérie et une fête commerciale. En témoigne les marchés de Noël. Ils font rêver les plus petits et dépenser les plus grands. Focus sur cette tradition séculaire dans les différents pays d’Europe, avec les vrais marchés traditionnels et les pâles copies.

Dès la fin décembre, la magie de Noël se fait sentir. Les rues s’illuminent, l’air semble plus léger, plus féérique. Un moment propice pour les marchands du temple réunis sur les marchés de Noël ou de l’Avant.

Née en Allemagne au XIVème siècle, la tradition du marché de Noël, permet de découvrir de multiples produits estampillés Noël. Dans toutes les villes, les mini-chalets tous identiques parés de guirlandes lumineuses se dressent sur les places de villes et villages. On y propose des douceurs traditionnelles, des produits régionaux et artisanaux et même l’inévitable barbe à papa Noël.

Ce sont pourtant souvent de bien pâles copies des grands marchés qui, depuis des siècles, sont aussi l’occasion de spectacles de rue, patinoires éphémères ou grande roue. Ils ont certainement perdu leur dimension religieuse, mais gardent un charme acquis au fil du temps.

Les marchés les plus connus et réputés demeurent ceux d’Allemagne, d’Alsace, de Danemark ou de Finlande. Tous ces marchés proposent sensiblement les mêmes choses et ce qui les différencie vraiment sont les produits régionaux et artisanaux propres à chaque pays ou région.

Une tradition venue du nord

  • Bruxelles tire son épingle du jeu, avec le plus grand marché de Noël en Europe, bien que cette tradition soit relativement récente dans ce pays. Plus de 220 chalets se répartissent sur la Grand Place et La place du marché aux Poissons. Ce marché a, de plus, été élu en 2003 « marché de Noël le plus original d’Europe » par les tours-operateurs britanniques. De nombreuses expositions culturelles y sont également proposées.
  • Celui de Valkenburg, aux Pays-Bas, aurait cependant bien mieux mérité cette palme de l’originalité: il est souterrain et les différents stands se trouvent dans les recoins et les galeries d’une grotte naturelle.
  • Le fameux Christkindelsmärik, « marché de l’Enfant-Jésus », est le plus ancien et le plus connu des marchés de Noël en France. Il se tient tous les ans à Strasbourg depuis 1570. Le cadre est magnifique et le concept de marché de noël se décline en marchés thématiques : village du foie gras fermier d’Alsace, village des bredele (des petits biscuits typiques de l’est), et des vignerons, des village des enfants …
  • Le marché de Nuremberg en Allemagne est également l’un des plus connus à travers le monde. Créé en 1628, il est devenu un marché international, avec des échoppes de produits provenant des nombreuses villes jumelées à Nuremberg, comme Nice, Venise, Shenzhen, Atlanta. Une partie du marché est dédiée aux enfants avec de multiples attractions pour les plus petits.
  • Copenhague accueille, pour sa part, un marché de Noël unique en Europe: c’est le seul à être installé dans un parc, les célèbres jardins de Tivoli. Des stands d’artisanat et de spécialités locales se tiennent dans un décor féérique aux milliers d’illuminations. Il est à noter que l’entrée est payante pour les plus de 7 ans (13 euros).
  • A Londres, chaque quartier de la ville ou presque a son marché de Noël : Portobello, HydePark, Camden… Le plus important (et le plus commercial) est le marché de Winter Winterland dans Hyde Park

Le sud de l’Europe n’est cependant pas en reste, puisque les villes de Madrid, Barcelone ainsi que Rome et Florence en Italie organisent également chaque année plusieurs marchés de Noël. Ils sont plus modestes, mais là encore de nombreux produits régionaux et traditionnels sont proposés.

  • En Italie se trouve ainsi l’un des marchés les plus connus des Alpes: celui de Trento, non loin du Lac de Garde, dans le Haut Adige. Soixante-dix maisonnettes sur la Piazza Fiera, style chalet autrichien, comme il se doit dans cette région, y proposent des décorations de Noël, des spécialités gastronomiques et des cadeaux.
  • A Barcelone, dans le quartier gothique au pied de la cathédrale, s’élève le marché de Noël appelé « Fira de Santa Luccia ». Sa première célébration a eu lieu en 1786, ce qui en fait l’un des plus anciens marchés de Noël en Europe. Le 13 décembre, on y célèbre la Sainte Lucie et même si le marché ne dure que jusqu’au 25 décembre, les festivités elles se prolongent jusqu’au 5 janvier et l’Epiphanie. En effet, en Espagne, ce sont les rois mages qui apportent les cadeaux aux enfants. Pour les plus petits, Noël dure ainsi jusqu’au 6 janvier!

Ferveur religieuse à l’Est

Dans les pays de l’Est comme la Pologne ou la République Tchèque, l’aspect commercial semble éclipsé au profit d’une ferveur plus religieuse. Ainsi, à Cracovie, ville natale de Jean-Paul II, le catholicisme est très présent et l’ambiance de Noël est empreinte de religiosité.

On retrouve cette même ferveur religieuse à Prague, en République Tchèque, où les crèches et les chants de Noël tiennent une place importante. On peut néanmoins y déplorer les chalets qui vendent plus de produits chinois que traditionnels.